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vendredi 6 août 2010

Avoir la fibre capillaire

Le cheveu est sans doute l'un des tissus qui nous parle le plus de notre équilibre profond.
Tout d'abord parce qu'il est lié à la santé de l'un des tissus les plus longs à renouveler: les os. En Ayurveda, l'on considère que les cheveux, de même que les ongles, sont un produit à partir de la formation de ce tissu osseux. C'est-à-dire que la croissance, ou le renouvèlement des os, est en lien avec la pousse des cheveux. De ce fait, nous réalisons que prendre soin de notre chevelure, c'est prendre soin de notre structure profonde, cette magnifique charpente qui fera que nous ferons ou non, de vieux os sur terre. La densité, comme le lustre du cheveu parle - ainsi que nous l'a enseigné l'histoire de Samson - au delà de notre santé apparente, de nos forces, de notre résistance face aux chocs de l'existence. Et ce que nous apprend ce passage célèbre, c'est que cette perte reste temporaire, car nous tissus sont en perpétuel renouvèlement. Cela pour dire que ces problèmes capillaires, qui peuvent prendre parfois une tournure difficile, peuvent trouver des solutions simples, naturelles, et surtout, durables.


Nourrir à la racine

Prendre soin du cheveu, c'est comme s'occuper d'un arbre: il faut prendre soin du terrain où vont puiser les racines, à partir duquel va s'élever et se consolider le tronc, notre squelette. Le feuillage va se développer à partir des mêmes nutriments, que sont essentiellement le calcium, le magnésium, et le zinc (les autres vitamines et minéraux intervenant dans la synthèse de ceux-ci). Si les cheveux donnent des signes de faiblesse, c'est que l'apport - ou l'absorption - de ces minéraux sont insuffisants. Il n'est pas toujours facile de savoir lequel de ces minéraux fait défaut: il nous faut alors observer les ongles, qui sont faits de la même matière que le cheveux, mais qui par leur aspect, nous révèlent la nature des carences. Les déficits en calcium et en zinc se traduisent par des tâches blanches, ceux en magnésium par des stries. L'aspect irrégulier, de dédoublement, la fragilité (ongles cassants), proviennent en général de leur déficit conjoint, associé à d'autres substances comme la cystine, ou encore la silice. Le manque de fer, qui se traduit par l'anémie, peut également générer des chutes importantes. Sa carence est très souvent associée aux carences en d'autres vitamines, notamment celles du groupe B (B9 et B12).

Comment modifier en conséquence notre alimentation?

De façon générale, les aliments pourvoyeurs des minéraux et vitamines citées, ou, selon l' Ayurveda, où la composition chimique des aliments est toute entière contenue et révélée par leur saveur, des aliments aux saveurs principalement douce (la plus nutritive et équilibrante pour l'organisme) et astringente (parce qu'elle agit sur les parois du colon, le tonifie, et améliore l'absorption des minéraux formant les os). Ces aliments sont les laitages, les noix (dont le sésame), certains fruits (figues pour le calcium, dattes et raisins pour le fer notamment), les légumineuses, certains légumes verts (pour le fer) et ceux appartenant aux crucifères.
En revanche, il est important d'éviter ou de réduire sa consommation d'aliments acides, piquante, et salée. L'excès d'acidité, tout comme l'excès de chaleur dans l'organisme (augmenté par le piquant ou le salé), étant nuisible à la bonne formation de ces tissus profonds qu'ils "consument", ou "assèchent". Par conséquent, tout ce qui va permettre de corriger l'acidité, de faciliter l'absorption, est bénéfique à l'élaboration d'un tissu équilibré et solide. Voici quelques idées pour y contribuer:

- le "remède" de base en Ayurveda appelé Triphala (littéralement "3 fruits" dont le précieux Amalaki) qui contribue à la santé du système digestif, notamment au bon fonctionnement du foie et du colon, dont dépendent l'absorption du fer et du calcium, à prendre au coucher, ou chaque matin tôt à raison d'1 cc avec un peu d'eau chaude.
- le suc d'ortie, drainant (chasse l'acide urique), reminéralisant et connu pour remédier à bien des problèmes capillaires: chutes, cuir chevelu irrité associé aux pellicules, cheveux gras (voir post)
- le fenugrec, grand pourvoyeur des minéraux indispensables à la croissance osseuse (voir post)
- le romarin, lorsque les problèmes capillaires sont liés à un déséquilibre hépatique
- la réglisse ou l'hibiscus, qui agissent quant à eux davantage sur les systèmes d'élimination (reins et vessie), et qui intensifie la pousse de façon parfois assez spectaculaire

Si l'on voulait aller plus loin sur ce sujet, il nous faudrait en réalité pousser l'étude au cas par cas afin de déterminer la cause profonde et de pouvoir trouver la marche à suivre : hérédité (notamment chez les hommes), âge,traumatisme récent, problèmes liés au métabolisme affectant le fonctionnement du foie et de la rate (essentiel à la distribution du sang, et de l'énergie, qui vont soutenir la formation des autres tissus), carences liées à une mauvaise alimentation, ou absorption... Une fois celle-Néanmoins, les conseils qui suivent restent valables pour tout un chacun.


Garder la tête froide

L'un des principaux facteurs altérant la santé du cheveu est le stress, et tout ce qui l'accompagne, notamment les chocs, physiques ou émotionnels. Le cheveu le traduit en perdant de sa densité, en tombant, voire en blanchissant. Pour parer à ces problèmes, il importe de "garder la tête froide"! Tout d'abord en évitant le contact direct avec une source de chaleur, qu'il s'agisse du soleil, du sèche cheveux, ou encore de l'eau chaude qui accompagne nos shampoings.
Puis, en prenant soin, aussi souvent que possible, et notamment en été, d'appliquer sur le cuir chevelu des huiles "rafraîchissantes" comme l'huile de coco, de neem, de santal. Le massage qui l'accompagne, appelé en Inde Shiro Shampi , qui consiste à donner un massage à tout le cuir chevelu en stimulant des points spécifiques activant la circulation du fluide cérébro spinal, comme on le fait lors d'un bon shampoing (Shiro désignant la tête, et Shampi, nous rappelant le terme que les anglais ont transformé en "Shampoo").


Retrouver une chevelure de rêve...

Vous l'avez sans doute remarqué, la chevelure se modifie avec le temps: les cheveux doux et fins de l'enfance gagnent affirment leur tendance au moment de l'adolescence, et ont tendance à perdre de leur densité ou de leur éclat avec l'âge. D'autre part, les femmes y sont particulièrement attentives et sensibles car leurs cheveux tombent davantage à certaines périodes du cycle, ou de leur vie (après les règles, les grossesses) et se modifient avec les bouleversements hormonaux de la puberté, de la ménopause, ou liés à la prise de pilule. Enfin, à certaines saisons de transition, comme au printemps, et plus encore à l'automne, les cheveux se renouvèlent, et tombent parfois en abondance.

Comment garder des cheveux sains et vigoureux? Voici, parmi ce que j'ai pu "naturellement" tester, ce qui a retenu ma préférence:

- éviter un lavage trop fréquent (l'idéal étant moins d'une fois par semaine)

- de 2 à 12h avant le shampoing, appliquer une huile naturelle et traitante, suivant votre type de cheveux. Les huiles ayurvédiques conviennent bien aux cheveux bruns, ou de nature similaire aux cheveux des Indiennes, ou des femmes du Maghreb. Mais vous pouvez aussi utiliser celle de coco, de jojoba, de même que le beurre de mangue. L'huile de ricin fait des merveilles pour dompter les fourches sans alourdir...

- utiliser le plus possible des shampoings ne comprenant aucun additif chimique (les marques les plus fiables se trouvant en magasins bio)

- utiliser autant qu'on le peut, en masque, voire même pour le lavage, des poudres de plantes.
En Inde, on continue d'en trouver: ces poudres se substituent parfaitement au shampoing car elles contiennent des plantes saponifaires, qui "moussent" aussi bien que votre shampoing ordinaire.

Les poudres de plantes qui ont le plus retenu mon adhésion dans les plantes ayurvédiques sont le Shikakai (poudre de racine d'acacia qui assainit le cuir chevelu, tonifie la racine, empêche la chute, et gaine le cheveu) et le Bringaraj, qui a une action spécifique sur la tige capillaire, notamment sur la partie fragilisée qui la relie au cuir chevelu. On peut les utiliser sous forme de pâte, qu'on laisse poser 1 à 2 h, comme on applique un Henné. Enfin, la poudre d'Amalaki qui reminéralise le cheveu. Il existe des formules ayurvédiques associant ces plantes à d'autres, qui renforcent les reflets bruns (désolée pour celles qui ont les cheveux clairs): on les trouve dans les magasins indiens, ou sur internet, sous la marque Hesh (le mélange Kalpi Tone est celui qui est le plus complet, plus de 20 plantes).
De même les produits utilisés par les femmes du Maghreb, comme le Henné (à choisir suivant votre nuance), l'Indigo, ou encore le Rassoul, qui reminéralise et gaine idéalement les cheveux naturellement bouclés. Ou encore, plus proche de nous: l'utilisation de l'huile d'olive, associé à l'oeuf, qui donnait un lustre incomparable aux torsades des Grecques et des Romaines.
Si vous trouvez cela trop fastidieux, au choix, les marques Logona, Lavera (notamment la ligne à la rose), Nature et Progrès, sont parmi mes favoris (sous réserve qu'ils conviennent à vos cheveux).

- ne pas oublier l'eau de rinçage, pour renforcer la teinte ou la brillance du cheveu. Pour les brunes, l'hibiscus, le romarin, ou les feuilles de noyer sont idéales. Pour les cheveux châtains ou blonds, la camomille, le houblon si ils sont fins.


L'essentiel pour garder la fibre

Règle n° 1: éviter stress, le surmenage, prévenir ou se protéger des grands chocs.
Règle n°2: renforcer son niveau d'absorption, meilleur moyen de prévenir les carences.
Règle n°3: appliquer régulièrement des huiles de soin, ou des masques 100% naturels
Règle n°4: vous offrir de temps à autre une "coupe énergétique", technique permettant de stimuler la pousse, ralentir ou arrêter la chute lorsqu'elle est présente, tonifier et densifier le cheveu

Règle n°5: refuser les extensions de cheveux humains, ils encouragent un commerce honteux, à en perdre la tête!

Credit photo flickr D!p!, mixmegranola, streetcomer







lundi 8 février 2010

Un article qui nous fait les yeux doux...

C'est en relevant les pics de Courrier International que j'ai trouvé aujourd'hui ce petit article, sous forme de controverse sur les usages médicinaux du plomb. Car malgré une réputation un peu "plombée" par les ravages du saturnisme, contracté le plus souvent au contact de vieilles canalisations, le plomb aurait, semble-t-il, des vertus démontrées par l'usage du plus ancien fard du monde... le Khôl.
Le Khôl nous est connu, à nous, femmes occidentales pressées, sous la forme de crayons à maquillage sombre, un peu plus gras que les autres, que l'on utilise afin de border l'oeil, et de se faire un regard de braise. Cependant, à l'origine, le Khôl, semble avoir plutôt servi à "appaiser" les maux des yeux, plutôt qu'à attiser leur flamme!


Comme nous le précise cet article:

L’art médical, dans l’Egypte ancienne, faisait déjà l’objet d’une codification poussée. En témoigne ce papyrus trouvé en 1862 à Louxor. Il rassemble, en 877 paragraphes, la connaissance déjà accumulée entre les XVIIe et XIVe siècles avant l’ère chrétienne. Ainsi sur l’ophtalmologie : “Autre [remède] pour chasser l’exsudat-khent qui est dans les yeux : galène : 1/32 ; suc de baumir : 1/16 ; calamine : 1/16 ; ocre rouge [tjerou] : 1/64 ; minéral-sia du Sud : 1/64. [Cela] sera broyé finement, préparé en masse homogène et placé dans les yeux jusqu’à ce qu’ils guérissent parfaitement.” Toute la difficulté, pour les chercheurs qui souhaitent vérifier l’efficacité de ces remèdes et s’en inspirer – comme dans l’ethnopharmacologie – est de déterminer la nature exacte des ingrédients cités dans les manuscrits. (...)
La revue Analytical Chemistry conclut que le plomb qui entrait dans la composition du khôl, loin de menacer la santé des Egyptiens comme le laisserait supposer la toxicologie moderne, leur assurait une protection contre les infections oculaires. “Nous sommes partis des flacons”, explique Philippe Walter (Centre de recherche et de restauration des musées de France, CNRS), qui, avec ses collègues analyse les résidus trouvés dans des dizaines de “trousses à maquillage” des collections égyptiennes du Louvre. Ils montrent que quatre composés à base de plomb entraient dans la composition du khôl : la galène, qui assure les tons noirs et le brillant, ainsi que trois matières blanches, la cérussite, la phosgénite et la laurionite. La présence de ces deux derniers composés est une surprise, car ils n’existent pas à l’état naturel. Des auteurs comme le Romain Pline l’Ancien (23-79 après J.-C.) ou le Grec Dioscoride (40-90 après J.-C.) qu’ils étaient synthétisés intentionnellement pour leur propriété médicale. “Certains écrasent une livre de sel avec une quantité égale d’écume d’argent (oxyde de plomb ou litharge), sous le soleil, avec de l’eau décantée jusqu’à ce qu’elle devienne blanche”, précise même ce dernier dans son De Materia medica. Durée des opérations : quarante jours…


De l'Afrique du Nord aux confins de l'Asie, chaque pays possède "sa" recette du Khôl. En Inde, le Khajal, cousin du Khôl, par plusieurs siècles de vie commune avec le raffinement de la culture musulmane et moghole, connaît une variante intéressante, propre à l'influence prégnante de l'hindouisme et de la culture brahmanique. Dont l'ingrédient de base, culinaire, médicinal, mais aussi sacré, est le ghee, ou beurre clarifié.
Le Kajal, en Inde, est fabriqué à partir de ghee comburé. Le plus souvent, les femmes utilisait le reste de la mèche des lampes à huile (dont le carburant est le ghee) pour fabriquer leur Kajal. L'on s'en servait aussi bien pour les hommes, pour les femmes, que pour les enfants, dont les yeux, souvent sujets à l'humeur, pouvaient attirer les insectes, et devenir le point de départ d'affections plus graves. Les plus fortunées le conservait dans des petites boîtes en argent, et l'appliquaient avec une petite tige en or fin...
L'industrie pharmaceutique ou cosmétique, inspirée par la tradition ayurvédique, propose des petites palettes de Kajal à base de ghee, et de plantes médicinales. Economique (pas plus de 10 roupies le petit pot), le mélange se conserve très longtemps, et assure une protection très efficace dans les lieux pollués... Gardons l'oeil!

Pour fabriquer vous même votre Kajal

Enduire un morceau de ficelle, ou, de préférence, un morceau de coton, ou encore du fil DMC, de beurre clarifié. Dans un petit récipient d'une contenance maximum de 5 ml, fabriquer comme une petite lampe, où l'on verse l'équivalent de 2 cc de beurre clarifié liquiéfié, et où l'on laisse la mèche prendre appui sur l'un des rebords, et faire lentement sa combustion.On peut l'associer à un peu de poudre de rose, ou de santal.
Appliquer ensuite le Kajal à l'aide d'une estompe, d'un coton tige très fin, ou même du doigt. Vous noterez un petit effet inhabituel en l'appliquant, car le ghee, rafraîchissant par nature, fortifie les yeux, et détend le regard...

Normalement, le ghee peut se conserver des mois et des mois. Mais nos normes d'hygiène nous feront préférer une conservation courte: d'une semaine à 15 jours après sa fabrication.

Vous pouvez également trouver du Kajal dans certains magasins indiens (pour les parisiennes), ou encore dans certains magasins biologiques, avec la marque Lakshmi (plus onéreux, mais de belle qualité). Ces produits, normalement sans conservateurs, ni adjuvants chimiques, sont de bonnes alternatives pour les yeux sensibles, et pour toutes celles qui souffrent d'allergies diverses se manifestant par des irritations des yeux.




Source Courrier International 8 février 2010
Crédit Photo, flick r MK Graham

jeudi 23 juillet 2009

Le remède homemade de l'été: un vinaigre aux deux roses


Ce post pour vous faire part, à cette occasion, du coup de coeur de longue date pour le blog de la Princesse au Petit Pois, qui distille jour après jour découvertes botaniques, astuces gastronomiques saines, recettes cosmétiques, entre deux albums photos de ses voyages aux quatres coins du monde...

Voici donc pour vous un lien vers la recette d'un vinaigre faisant pâlir de peur les bestioles les plus virulentes, et pour cause, il est à base de roses:
- la Centifolia, très utilisée en cosmétique et parfumerie
- Damascena, ou rose de Damas, connue pour ses vertus apaisantes et calmantes).

Or la rose, selon la tradition ayurvédique (et bien d'autres, notamment celles du Moyen Orient qui utilisent la Rose depuis la Haute Antiquité), est l'une des fleurs les plus rafraîchissantes qui soit pour le sang. Douce et astringente, elle apaise en même temps qu'elle guérit:l a saveur astringente est l'une des plus curatives, car elle est constrictive, nettoyante et réparatrice. Elle a une action extrêmement bénéfique sur les deux premiers tissus: le plasma, et le sang, premiers concernés par l'intrusion dans l'épiderme du "venin" des moustiques. En cas de piqûre, c'est principalement le Dosha Pitta qui est aggravé, donnant lieu à une irritation et une récation rouge. Or, la rose est l'une des meilleures plantes (ou fleur) pour traiter Pitta, notamment chez les femmes. Enfin, l'utilisation du vinaigre de cidre complète idéalement cette action car la pomme, à partir de laquelle le cidre est fabriqué, est de nature, elle aussi, rafraîchissante, anti acide, et donc très bénéfique pour tous les troubles de nature "Pitta".

Retrouver la recette du Vinaigre aux Roses

Merci Princesse!

Credit photo Venezia

jeudi 11 juin 2009

Protégeons notre peau

L’arrivée de l’été correspond naturellement à un moment où l’on prend davantage soin de son « enveloppe corporelle ». Or notre enveloppe, c’est notre peau. La peau, recouvrant la quasi totalité de notre corps, est aussi son organe le plus vaste, doté d’une sensibilité extraordinaire, assurant notre protection face aux éléments, la régulation de la température corporelle et l’évacuation de certaines toxines par la transpiration.

De façon générale, on conseille de ne jamais s’exposer de manière directe à la chaleur et aux rayons du soleil aux heures les plus chaudes (entre 11 et 16h en plein été). L’idéal est de couvrir au maximum les parties du corps, en portant des vêtements amples, aux nuances claires (au soleil), dans des matières naturelles, comme le coton ou la soie, permettant à la peau de respirer : les couleurs sombres absorbent luminosité et chaleur, les matières synthétiques ou les vêtements serrés compriment, créent une surchauffe ainsi que des problèmes de circulation (auxquels les femmes sont davantage sensibles).


Protéger notre barrière cutanée


La peau requiert en été une attention toute particulière : plus exposée aux éléments, notamment à la chaleur et à la luminosité du soleil, elle ne réagit pas de la même façon suivant sa carnation. Le maintien d’une bonne température corporelle, comme du niveau d’hydratation sont essentiels. En été, l’élément feu domine, et le Dosha Pitta, auquel il correspond, a tendance à être aggravé. Or l'une des fonctions de Pitta, que l'on appelle Brajaka Pitta, gouverne l'équilibre de la peau: à la fois sa pigmentation, mais aussi l'ensemble de ses réactions.

Certains soins corporels, et notamment des applications d’huiles sont bénéfiques car elles permettent de maintenir cet équilibre fragile en mobilisant la barrière cutanée.
Les huiles bénéfiques pour Pitta possèdent des propriétés rafraîchissantes, ce sont : l’huile de noix de coco, de santal, de tournesol, ainsi que les huiles fabriquées à base de plantes comme le Shatavari (Asparagus Racemonus), le Brahmi (Bacopa Moniera), le Neem (Azadarichta Indica), ou encore l’Amalaki (Embellica officinalis).
Sous nos latitudes, les huiles à base de fleurs comme la rose musquée, le lys, ou encore l’amande douce (quoiqu’un peu lourde en été) peuvent être utilisées, notamment pour les parties sensibles ou exposées comme le visage ou les mains. L’huile d’olive est également bonne, car elle tonifie le tissu cutané, tout en renorçant la carnation (notamment les peaux mates).


Snehana


« Snehana » désigne le fait d’appliquer de l’huile. On peut le faire en donnant un massage du corps complet –cela s’appelle alors « Abhyanga » - ou en privilégiant certaines parties du corps.
On peut soit le recevoir, soit pratiquer un automassage, aussi souvent que l’on en ressent le besoin. En été, on préférera les premières heures du jour: juste avant la douche.

Un peu avant de prendre votre douche,
préparer environ 25 cl d’huile (la quantité peut varier suivant votre morphologie, et surtout, le niveau de sécheresse cutané !) à faire tiédir au bain marie.
Appliquer sur l'ensemble du corps en començant par les pieds.

Comme base, on peut mélanger moitié tournesol, moitié noix de coco (peaux claires) ou huile d’olive (pour les carnations brunes).



Pour les extrémités : pieds, nuque, épaules, utiliser des baumes frais camphrés ou mentholés.

Pour les pieds, vous pouvez également utiliser du beurre clarifié.

Pour la tête, utiliser une huile spécifique comme l’huile de noix de coco, de Brahmi, ou encore une huile traitante pour les cheveux à base de santal, neem, amalaki.



Udvartana, recette de gommage maison

En Inde, les populations ont longtemps gardé l’habitude de se laver à l’extérieur, des habitations: dans les cours, dans les lacs, ou les rivières. Dans certaines parties de l'Inde, notamment au Kerala et Tamil Nadu, on continue d’utiliser des poudres de plantes pour se laver (le savon a au contraire tendance à boucher les pores). Il existe un soin, en Ayurveda, appelé Udvartana, et qui se pratique soit à sec (lorsque la peau est grasse), ou après une application d'huile. Ce soin est en réalité un gommage qui va libérer les pores et permettre à la peau de respirer. On peut utiliser pour cela de la farine de pois chiche, ou des poudres de plantes. Voici une suggestion "maison" pour un gommage équilibrant "Pitta".

Dans une soucoupe, mélanger:

10 g de farine de pois chiche ou de riz
5 g de poudre de: rose, neem ou de pensée sauvage
1 g de curcuma
3 gouttes d’huile d’amande douce
10 à 15 cl de lait ou d’eau de rose

Appliquer sur tout le corps et pratiquer un gommage doux. Rincer à l’eau tiède.


Quelques suggestions de produits

Pour les huiles

- les huiles vierges premières pressions à froid désdorisées et bio sont idéales
- pour les huiles non "alimentaires": la marque
Melvita propose une gamme quasi exhaustive des huiles (dont celles citées) dont certaines sont disponibles en bio
- l'huile de noix de coco vierge est la moins facile à trouver: les qualités disponibles dans les épiceries sont assez médiocres. La marque
Pukka Herbs (voir lien) propose une bonne qualité d'huile bio.
- les huiles "médicinales", ou à base de plantes sont plus difficiles à se procurer:
Pukka Herbs propose une gamme comprenant une huile pour Pitta (à base de plantes rafraîchissantes), ou encore une huile à base de Brahmi
La marque
Herbamix a sorti une gamme d'huiles ayurvédiques traditionnelles et naturelles, ainsi qu'un baume ayurvédique qui correspond à ce que l'on peut trouver en Inde


Il existe aujourd'hui beaucoup d'huiles "ayurvédiques" à base d'huiles essentielles. Il faut savoir que l'Ayurveda ne les utilise traditionnelement pas. La plupart des huiles essentielles sont photosensibilisantes: il vaut mieux s'abstenir de toute application en été, notamment dans les heures qui précèdent une exposition au soleil.

Pour les poudres de plantes

- en herboristerie
- dans les magasins Indiens, porte de La Chapelle ou Passage Brady (10ème), où vous trouverez des poudres de la marque Hesh (Rose, Manjhista, Neem, Tonique de peau,) qui peuvent être utilisés pour la toilette


Prenez soin de vous!








credit photo flickr cc: grace, meredithfarmer's, grace, carollmitchell, nuagedenuit.





mercredi 8 avril 2009

Faire peau neuve

La peau est le premier émonctoire du corps par sa surface.
Cela veut dire qu'elle participe directement du processus d'élimination naturel, grâce aux pores qui recouvrent la quasi intégralité du corps humain. Ce processus s'active davantage avec le retour de la chaleur, et les pores avoir tendance à se dilater. C'est à cette période de l'année qu'il est bon de pratiquer sudation légère (bain chaud ou bain de vapeur) et gommage.

L'élément dominant de la saison : l'eau, influe sur la nature de notre peau, qu'elle soit de type Vata (fine et sèche), Pitta (mixte et/ou réactive), Kapha (épaisse et plutôt grasse). Elle a tendance à être un peu plus grasse ou réactive que d'habitude. Afin de limiter ce phénomène, on choisit des substances plutôt sèches (poudres), de nature astringente, et légèrement stimulante (microcirculation).

Voici quelques conseils à essayer chez soi pour un soin printanier, budget minimum garanti:

Soin du visage

Commencer par nettoyer la peau avec une lotion florale légèrement astringente comme la Rose avec quelques gouttez de citron. Faîtes une fumication avec une décoction de Tulsi (Basilic Saint), d'eucalyptus ou de romarin. Puis pratiquer un léger gommage avec une poudre composée de 1 cc de farine de pois chiches, 1/2 cc de poudre d'amandes (ou 5 gouttes d'huile d'amandes douces pour les peaux sèches) + 10 cl de lait frais. Laisser poser 1 à 2 minutes et exfoliez.

Posez ensuite le masque:
- pour les peaux normales à sèches:
1/4 cc de poudre de rose (astringente et hydratante) et de curcuma (antioxydant) mélangées à du yahourt, 5 gouttes d'huiles d'amande douce et 1 cc de miel ou de pollen frais. Les peaux matures peuvent y ajouter de la poudre de bois de santal (vendue en pastille dans les magasins indiens).

- pour les peaux mixtes à grasses:
1/4 cc de poudre de curcuma, rose, argile rose ou verte, mélangés à du yahourt de chèvre + 5 gouttes d'huile de Nigelle (purifiante). Les peaux à imperfections peuvent y ajouter de la poudre de Neem (antibactérien naturel).

Laissez poser 5 à 10 minutes et rincez. Brumatisez une lotion apaisante: hamamélis, rose ou camomille. Puis hydratez la peau avec une huile végétale: jojoba pour les plus sèches, noyaux d'abricots pour les peaux mixtes un peu ternes, de carotte pour les plus grasses, de germe de blé ou d'onagre pour les peaux matures les plus fragiles, de calendula ou rosier muscat pour les plus sensibles.

Une peau qui a tendance à graisser est aussi fragile qu'une peau sèche: on a souvent tendance à vouloir les décaper ou les assècher, alors que la plupart manquent d'hydratation. Il faut donc trouver les produits adaptés. Pour les personnes et les peaux de type Pitta, les cosmétiques chimiques ou contenant des parfums aggravent bien souvent les choses. Elles apprécieront les lignes naturelles et bio qui sont de plus en plus nombreuses, et dont les composants (heureuse surprise!) reprennent de plus en plus souvent les principes de l'Ayurveda en combinant des aromates comme le poivre, le curcuma, la cannelle, le cumin noir, le basilic... Certaines marques comme Lakshmi,ou Haushka, reprennent les ingrédients spécifiques de l'Inde comme l'huile de neem, d'amalaki, de lotus, de nard.


Soins du corps

Pour les soins du corps, on peut utiliser les mêmes ingrédients (notamment la poudre de pois chiche & de rose) en faisant précéder le gommage d'une application d'huile de sésame tiède (pour Vata et Kapha), et de sésame/tournesol (pour Pitta).
Se laver le corps avec des poudres de plantes est un geste ancestral qui permettait de nettoyer la peau sans l'agresser ni boucher ses pores (ce qu'a tendance à faire le savon): on en trouve une version assez traditionnelle chez la marque Hesh, disponible dans les boutiques indiennes, alliant santal, rose, et autres fragrances florales, mais l'on peut aussi imaginer faire préparer sa propre poudre en hérboristerie, en utilisant les plantes et somités qui nous sont les plus bénéfiques, et agréables...

mardi 7 avril 2009

La beauté, ce singulier rapport à soi


La beauté est à la fois liée à un équilibre et à l’impression de plénitude qu’elle permet de rendre évidente. La beauté est en lien avec la vie lorsque celle-ci est à son apogée, lorsqu’elle est harmonieuse, équilibrée, généreuse. En Ayurveda, la beauté est intimement liée à l'équilibre de la santé, reposant sur l'équilibre des Doshas, des fonctions d'élimination, comme à l'état optimum de l'ensemble des tissus.

Lakshmi, la déesse représentant la beauté
dans la plénitude de ses attributs



S'il existe en Inde des critères, ou des canons de beauté, on reconnait qu'il n'existe pas une, mais DES beautés différentes... Et que chaque femme peut et doit prendre soin d'elle-même selon sa constitution, c'est-à-dire la dominance de tel ou tel dosha dans sa physiologie.

On distingue trois grands types:


La beauté VATA serait

Mince, a la peau sombre. Ses traits sont fins.
Déséquilibres possibles : peau sèche, cheveux secs, mauvaise dentition, vieillisement par dessèchement, perte tissulaire
Les produits de base recommandés sont l'huile de sésame, le ghee, les amandes, le lait.


La beauté PITTA serait

De corpulence moyenne. Sa peau claire ou rosée, chaude, normale à tendance mixte avec des grains de beauté. Ses cheveux fins, plutôt clairs, avec des reflets cuivrés. Elle possèderait un regard intelligent et perçant.Une femme passionnée qui éveille la flamme du désir...
Déséquilibres possibles : éruptions cutanées, tâches sur la peau, excès de sébum, points noirs, alopécie (plutôt chez les hommes), conjonctivites, dents un peu jaunes, teint jaunâtre ou olivâtre
Produits recommandés: huile de coco, eau de rose, poudre de santal, neem, lait


La beauté KAPHA serait

De corpulence plutôt ronde, ou forte, avec des formes généreuses. Sa peau est laiteuse, fraîche, épaisse et souple, sans rides. Elle est recouverte d'un duvet naturel plus prononcé que les autres femmes. Sa chevelure est épaisse, lustrée, ondulée. Son corps inspire la sécurité et la tendresse.
Déséquilibre : peau grasse, épaisse, cellulite
Les produits recommandés: farine de pois chiches, curcuma, pâte de gingembre, poudres sèches de plantes


Les constitutions doubles doivent tenir compte des deux doshas en présence.

Enfin, les différentes saisons modifient certaines caractéristiques, notamment celles de la peau, qui est généralement:
- plus sèche en automne et en hiver
- plus grasse au printemps et en été
- plus réactive aux intersaisons: à l'automne et au printemps

Bien sûr, la beauté, ce n'est pas un type "fixe", mais une singularité, un métissage, une alchimie... ou tout simplement, une façon d'être soi, et d'assumer pleinement ce que la nature nous a donné. Dans cet esprit, je vous propose de retrouver, saison par saison, quelques conseils pour chacune (et chacun!)