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jeudi 2 avril 2009

Nasya, de l'importance de prendre soin de son nez

Le NASYA désigne une pratique très répandue en Inde, et aujourd'hui à travers le monde, du fait du développement de la pratique du Yoga, qui consiste en un nettoyage du nez: soit avec de l'eau tiède et un peu de sel, soit avec d'autres substances comme du ghee (beurre clarifié), de l'huile, ou des décoctions de plantes...


Pourquoi se nettoyer le nez?


Le nez est l'organe des sens correspondant à l'odorat. Son rôle va bien au delà de cette fonction sensorielle qui est de sentir, car c'est avant tout par le nez que nous respirons. Et ce, de manière continu, jour et nuit, sans interruption. Le nez ne se repose donc jamais: il hume, il inspire, filtre les particules présentes dans l'air, et rejette l'air usager de l'organisme. Or nous pensons peu à le nettoyer, contrairement à la bouche ou aux oreilles! Ou bien nous le faisons lorsqu'un rhume nous y contraint: soit à l'aide de sérum physiologique, soit par une inhalation.

Depuis toujours, les Indiens ont adopté ce geste quotidien, qui est de se nettoyer le nez. habitude à vrai dire indispensable dans l'environnement pollué des grandes villes, ou poussiéreuse des campagnes.


Le nez, seuil du Prana


En Ayurveda, on dit que le nez est la porte du PRANA, de l'énergie vitale, mais aussi le premier seuil des maladies. Irriguer le nez permet dans un premier temps d'évacuer les mucosités dans la partie haute du corps, en activant le mouvement d'absorption qui correspond à l'inspiration et qui va de l'extérieur vers l'intérieur (oxygène, nourriture, impressions). Ce premier mouvement est le support de tous les autres mouvements dans le corps: d'une respiration harmonieuse, comme de l'ensemble de la circulation.

En Ayurveda, le Nasya est une thérapie spécifique, que l'on ne pratique pas avec de l'eau salée (semblable à notre sérum), mais avec des substances seules ou combinées.
Il peut s'agir:
- de l'introduction de substances liquides dans le nez (lait* ou huiles)
- du jus extrait d'herbes fraîches
- de poudres (un peu à la manière dont on "prisait" le tabac jadis)
- par inhalation de décoctions de plantes

* Les Indiens utilisent bcp le lait pour ses propriétés nutritives, et curatives

En tant que thérapie, le Nasya a plusieurs fonctions ou usages: nettoyant,équilibrant, nourrissant, notamment lorsqu'on y adjoint des substances huileuses comme le ghee, qui apaisent le mental et soutiennent le système nerveux. I

Les personnes pratiquant la méditation utilisent régulièrement du ghee à base de Brahmi (Bacopa Moniera), plante poussant sur les contreforts de l'Himalaya, favorisant la concentration, la mémoire et la clarté mentale.

Comme pour toute chose, il existe des contre indications, notamment: grossesse, durant les règles, en cas de fatigue physique importante, de saignements, de souffle court. De même, on le déconseille en cas d'accès de colère, ou de malformation.

Voici une illustration de cette technique en images...


Comment procéder?

Pour pratiquer le nettoyage du nez, ilfait tout d'abord se procurer un récipient spécial, que l'on appelle le Neti Jala,ou pot Neti, qui ressemble à une petite théière.
Il existe une technique particulière, enseignée par les Yogis (ceux qui pratiquent le Yoga) et que vous pourrez retrouver en ligne.

Si cette hygiène quotidienne a changé le quotidien de bon nombre de ceux qui l'ont découvert, et qui n'ont jamais aussi bien respiré, il importe de respecter, comme toujours, et plus encore avec notre nez, son propre ressenti!

Un conseil

Pour ceux qui ne connaissent pas cette technique,ou qu'elle rebute: commencer par utiliser un stérimar avec des oligoéléments. Au démarrage, utiliser de l'eau (tiède) avec du sel gemme, qui est de nature plus "sèche" que le sel marin.

mercredi 1 avril 2009

Vivre au rythme des saisons

Les cycles saisonniers

De la même façon que le jour et la nuit constituent des cycles qui se complètent et se répètent du fait de la rotation de la terre sur son axe, le parcours que notre planète décrit (cette fois sur son "orbite"), autour du soleil, donne lieu à des cycles plus longs, de 365 jour 1/4.

Comme au cours de la journée, les trois DOSHAS Vata, Pitta, Kapha, vont s'accumuler, être aggravés, pour diminuer à nouveau, les saisons correspondent à cette même alternance des éléments et de leurs attributs. L'Occident a découpé l'année en 4 saisons. De nombreuses civilisations, notamment celles de l'Asie, en ont dénommé 5 (c'est le cas de la Chine), jusqu'à 6 pour l'Inde, qui connaît ce phénomène exceptionnel de la mousson. Ces 6 saisons permettent de tenir compte des variations intermédiaires notamment à la fin de l’hiver et de l’été.


Selon latradition ayurvédique, on compte 6 saisons de deux mois, lesquelles sont :

VASANT (printemps) : du 15 février au 15 avril
GRISHMA (automne ou été indien) : du 15 avril au15 juin
VARSHA (été chaud et humide, mousson) : du 15 juin au 15 août
SHARAD (été chaud et sec) : du 15 août au 15 octobre
HEMANT (hiver, humide et froid) : du 15 octobre au 15 decembre
SHSHIRA (hiver, gelées hivernales,picde froid) : du15 décembre au 15 février


A partir des textes et de leurs observations, voici ce que l'on peut dire des différentes saisons et de leur influence sur l'organisme.

• Le printemps est une saison douce, fraîche, humide, changeante (giboulées) : elle est dominée par Kapha qui est alors en excès et aggravé. Pitta s’accumule durant cette saison sous forme de chaleur qui donnera son plein au moment de l’été.

• L’été est une saison où la chaleur est à son maximum. Il connaît des moments d’intense sécheresse, comme des épisodes d’humidité avec ses orages et ses ciels bas. C’est une saison où Pitta domine, et où les attributs secs de Vata commencent à s’accumuler.

• L’automne est une saison fraîche, plutôt sèche et venteuse, où les attributs de l’air et du dosha Vata dominent.

• L’hiver est une saison froide, humide et venteuse, où les attributs de l’air comme de l’eau dominent.


Ayurvedic way of life:for or not for me?


L'hygiène de vie, c'est-à-dire la gestion de notre énergie est le second pilier de la santé selon l'Ayurveda. L'hygiène de vie, en lien avec le respect des rythmes biologiques, fruit de l'observation de la nature, est appelée "DINACHARYA". Elle revêt une importance essentielle: recaler nos cycles sur les rythmes naturels constitue la première mesure thérapeutique, que l'on doit envisager avant de faire intervenir des éléments extérieurs comme l'alimentation, le recours aux compléments ou aux plantes.


Qu'est-ce que les cycles naturels?

La vie est semblable à une fleur recroquevillée à l’aube, qui s’épanouit avec la lumière du jour pour se refermer au crépuscule. Cette succession des différentes phases est perceptible à l’échelle d’une journée, d’une année, d’une vie comme à l’échelle des époques, des ères, et bien plus encore.
Ce mouvement perpétuel et cyclique est le fruit de la rotation de la terre autour du soleil, qui décrit une ronde, un mouvement continu qui revient sans cesse à son point d’origine.
Pour cette raison, on parlera de cycle. Ce qui compose ces cycles n’est autre que l’alternance immuable entre les opposés: l’alternance de la lumière et de l’obscurité qui possèdent respectivement des attributs. La clarté et la chaleur pour la lumière. L’opacité et la fraîcheur pour la nuit. L’alternance de ces facteurs a une influence sur notre organisme et sur ses principaux composants :les DOSHAS.


Quel est l'impact des cycles sur notre équilibre?

La répartition de l’énergie suit la course du soleil. L’aube, avec ses températures fraîches précède le lever du soleil, dont la lumière amène clarté et douceur. Puis la course montante amène le soleil à un pic, qui est aussi celui de la chaleur et de l’activité diurne. La fin de l’après midi marque le déclin, avant que l’obscurité ne se fasse et qu’avec elle la terre ne s’engourdisse dans un nouveau sommeil.

Le matin, tandis que nous avons été plongés dans le sommeil, l’obscurité et la fraîcheur de la nuit, notre corps s’est refroidi, immobilisé. L’eau et les attributs du Dosha Kapha dominent, et le corps a besoin de chaleur et de mouvement.
A midi, alors que le soleil est à son Zenith, c’est l’élément feu qui atteint son maximum, et qui met l’eau, le deuxième attribut de Pitta en ébullition, sous forme de gargouillis indiquant qu’il est l’heure de donner au corps la substance dont il a besoin.
Enfin, lorsque le jour décline, que nous avons accompli nos tâches quotidiennes, nous sommes allégés des charges que nous avons accompli, mais souvent plus fatigués (physiquement) qu'au début de la journée. C’est un moment de transition, d’amenuisement des forces, où l’anxiété peut survenir avec la venue de l’obscurité et du fraichissement nocturne: le froid, le foncé, l’instabilité, la légèreté sont des attributs qui caractérisent Vata.

Au niveau des doshas, voici ce que nous observons :

Jour
De 6h à 10 h: Kapha.
De 10h à 14h: Pitta.
De 14h à 18 h: Vata.

Nuit
De 18h à 22h: Kapha.
De 22h à 02h: Pitta.
De 2 h à 6h : Vata.


Afin d'être en phase avec la succession des éléments, nous pouvons, par quelques mesures simples au quotidien, maintenir notre équilibre.

Le matin, en apportant au corps ce dont il a besoin après le repos nocturne: mouvement et chaleur:
- prendre à jeûn une boisson chaude qui ne soit pas un excitant
- pratiquer quelques assouplissements ou Asanas (postures de Yoga)
- avoir une bonne hygiène corporelle en nettoyant les différents orifices de la tête liés aux 5 sens: bouche, nez, oreilles, yeux
- prendre un petit déjeuner comprenant de préférence des aliments "chauds" ou cuits, plutôt légers ou digestes, en évitant les jus de fruits acides sortant du frigidaire.

A midi, au pic de la journée en donnant au corps ce que son appétit réclame: un repas complet comprenant l'ensemble des saveurs et des catégories d'aliments.

Avec l'arrivée de la nuit, le ralentissement progressif des activités, notamment les plus stressantes, en favorisant la détente, le confort, ce qui rassure, et qui favorisera un bon sommeil nocturne.


Est-ce compatible avec le mode de vie actuel?

L'attention portée à soi, au respect de ses besoins fondamentaux est ce qui nous permet de rester en vie. Les Indiens considèrent que réprimer ses besoin vitaux est la première cause de maladies physiques et mentales.

Le mode de vie moderne nous tient assez éloigné de la nature, et c'est sans doute ce dont nous souffrons le plus. Cependant, que nous vivions en ville ou à la campagne, le même soleil point derrière nos fenêtres, la même lune sourit aux étoiles la nuit venue. Au fil de la journée ou des saisons, nous sommes rappelés à cet ordre des choses. Prendre conscience qu'il existe, est un premier pas. Le respecter, un très grand pas pour notre équilibre.
Commencer par observer une chose, et s'y tenir quotidiennement: que ce soit l'heure du réveil (avec le soleil), ou le fait de faire une vraie pause à midi pour déjeuner, c'est déjà quelque chose!








Les 3 piliers de la santé

L'Ayurveda considère que notre santé repose sur 3 piliers que sont l'alimentation, le sommeil, la gestion de notre énergie.




L'alimentation repose sur la connaissance des aliments et de leurs propriétés, liées à leurs saveurs, et à leur usage en respectant moment de la journée, climat, saisons, âge, constitution, condition du moment. On l'appelle "AHARA".

Le sommeil est absolument nécessaire à l'organisme pour reconstituer son énergie. Car si l'énergie a besoin de mouvement, de lumière, de chaleur, il a tout autant besoin, pour maintenir son équilibre: d'immobilité ou de repos, d'obscurité (notamment de fermer les yeux) et de la fraîcheur qui en découle. Lorsque le sommeil est perturbé, les doshas sont déséquilibrés. L'air augmente dans le corps, sous forme de gazs, de douleurs ou raideurs, ou encore d'agitation nerveuse. Le feu et l'eau sont déséquilibrés, ce qui cause acidité (brûlures d'estomac), irritabilité.
Le sommeil permet,entre autres, de respirer profondément, chose que nous faisons généralement peu ou pas, ou mal dans la journée.
Le sommeil est appelé "NIDRA".

La gestion de notre énergie correspond à l'observance de nos besoins physiologiques, dont le repos et l'alimentation. Mais elle concerne plus directement ce que l'on appelle "l'énergie vitale".
La baisse d'énergie, les "coups de pompe", ou tout autre signe de baisse de la vitalité sont souvent liés à une mauvaise gestion de cette énergie vitale, qui constitue notre énergie la plus profonde, la plus puissante, liée à la pulsion de vie comme à la sexualité et à la fécondité.
En Ayurveda, ce concept est appelé BRAHMACHARYA, désignant en réalité le "célibat". Ce terme ne signifie pas qu'une personne doit être abstinente pour être en bonne santé! Cela implique en revanche une attention portée à cet aspect essentiel de notre vie.