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lundi 5 avril 2010

Si le grain ne meurt

Si le grain ne meurt lorsqu'il tombe en terre, il reste seul. Cette belle phrase de l'Evangile selon Saint Jean nous livre le secret de ce qui est vivant. Et ce qui est vivant, bien plus vivant que le grain, c'est le trésor de vie qu'il recèle, que fera éclore en quelques jours l'apport conjoint de l'eau et de la lumière: le germe.
Avec l'arrivée du printemps, l'éclosion des premiers bourgeons, et tout ce potentiel de vie qui fait craquer la terre, nos besoins alimentaires suivent cette impulsion. Nous avons envie de vert, nous avons envie de fraîcheur, de légèreté, et nous n'avons plus d'appétit que pour ce qui est gorgé de vie. Les graines germées, obtenues par la germination de divers catégories de graines (pousses, légumineuses, céréales), nous offrent bien au delà de nos besoins nutritionnels car elles optimisent et décuplent les vertus des graines souches.

Les graines germées appartiennent, en nutrition, à la catégorie dite des "super aliments", ou plus simplement, à une catégorie d'aliment aux propriétés et vertus multiples, à la fois régénérantes, et détoxifiantes, combinés à une digestibilité et potentiel d'assimilation plus important. Elles sont plus concentrées en nutriments que d'autres aliments, ainsi que des graines dont elles sont issues: en réalité, elles en démultiplient les propriétés et vertus. Elles sont particulièrement recommandées afin de suppléer à nos déficits en minéraux, vitamines, oligo éléments, ainsi qu'en chlorophylle compte tenu de leur processus de photosynthèse lors de la germination, notamment lorsqu'elles se dotent de petites feuilles vert tendre (graines de tournesol) ou vert foncé (fenugrec). En réalité, la germination est une pré transformation de l'aliment, ou encore "une prédigestion": les amidons y sont transformés en sucres assimilables, les protéines en acides aminés, les lipides en acides gras, les minéraux en molécules plus facilement assimilables.



Les différents graines germées

1. Les céréales: blé, épeautre, petit épeautre, sarasin, orge, avoine, millet (trempage de 12 à 15h)

2. Les légumineuses: mungbeans ou soja vert, azuchis, pois chiches, lentilles (12 à 24h)

3. Les oléagnieux: tournesol, graines de courge, de lin, sésame (4 à 6h)

4. Les plantes ou pousses: cresson, fenugrec, amaranthe, quinoa, moutarde, radis, luzerne ou alfalfa pour les plus courantes (presque autant que de végétaux!)
durée de germination variable


La germination mode d'emploi

Si vous n'êtes pas équipé: vous pouvez laisser tremper vos graines dans de l'eau pendant plusieurs heures, puis les égoutter dans une passoire, que vous placerez dans un lieu lumineux, et que vous arroserez toutes les deux heures.
Le plus pratique: se doter d'un germoir à plusieurs étages, de moyen ou grand format, qui prévoit avec ses interstices, des espaces permettant la croissance des végétaux.
Le plus astucieux pour les pressés, les bougeons, les voyageurs: le germoir bocal, qui vous conservera où que vous alliez, votre ration "vitale"
Une fois germées, o,n procède à un délicat rinçage, puis l'on peut consommer, si les germes sont courts, ceux-ci avec la graine. S'ils sont longs (de 3 à 5 cm), les séparer de préférence de la graine.


Les graines germées peuvent se consommer à tous les repas, et même au petit déjeuner, notamment les graines de tournesol (excellentes pour favoriser le fonctionnement de la vésicule biliaire), ou encore de fenugrec (extrêmement reminéralisantes). Elles s'associent particulièrement bien aux crudités, aux salades, mais aussi aux légumes cuits, aux fruits, comme à certaines protéines animales, notamment les poissons. Elle peuvent s'utiliser telles quelles, ou encore passées légèrement à la vapeur.


Graine d'idée

Pour le printemps, utilisez au maximum les graines de pousses liées à la saison comme le cresson, le radis, le fenugrec, la luzerne. Pour les céréales, favorisez les pousses d'orge, céréale légère, très riche en mucilages (que vous pouvez compléter par l'utilisation du jus d'orge vert, comme boisson détoxifiante et reconstituante).


Enfin, l'arrivée dans les rayons d'une gamme de pains "Essene", c'est-à-dire fabriqués selon la tradition du peuple Essénien, dont le procédé consiste à utiliser les céréales germées pour en faire des pains qui ne seront pas cuits au four, mais au soleil, afin d'en préserver toute la vitalité. Pour ceux qui ne les ont pas encore découvert, ils seront surpris par la saveur exquise de ces pains dont certains associent céréales, fruits, voire légumineuses, afin de vous proposer un "aliment-repas" aussi délicieux qu'énergétique, digeste et sain.




vendredi 19 février 2010

Le jeûne, une pratique de santé?


Tandis que nous entrons dans la période qui précède l'équinoxe de printemps -période d'intense renouveau!-, et, traditionnellement, dans ce que l'on appelle "le Carême", le moment semble choisi pour aborder une pratique qui existe dans toutes les civilisations, qui est recommandée de préférence aux inter-saisons, et qui s'avérerait souverain là où bien des remèdes échouent...


Qu'est-ce que le jeûne?

C'est tout simplement la privation courte, ou prolongée de nourriture. Sachez-le, nous jeûnons quotidiennement, entre deux repas, et notamment la nuit. C'est la raison pour laquelle, le matin, nous sommes à jeûn, et que nous "petit-dé-jeûnons" (en anglais, breakfast veut dire littéralement "casser le jeûne"), c'est-à-dire que nous rompons la privation de nourriture en apportant au corps une quantité (modérée) d'aliments. Ainsi, le fait de jeûner est souvent synonyme de mettre l'organisme au repos. C'est le cas lorsque nous sommes malades, où, dans certains cas, notamment d'indigestion, ou de maladies fébriles, nous ressentons le besoin inhabituel de "ne pas manger". Or, ce réflexe organique présent dans certaines affections nous donne à réfléchir quant aux vertus du jeûne dans le rétablissement de notre équilibre...


Ascétisme et renouveau

Les philosophies orientales prônent l'usage régulier du jeûne, considéré comme l'une des voies royales pour parvenir à clarté mentale. Bon nombre d'entre nous s'interrogent, car nous sommes constamment obsédés par la nourriture, et plus encore par l'idée d'en manquer. Or, c'est bien le manque qui crée ici la possibilité d'une plénitude: car le manque recrée un espace, dont l'esprit a besoin pour trouver son équilibre et pour croître.
En Inde, plus qu'ailleurs, l'absorption ou la privation d'une certaine catégorie de nourriture (la viande, par exemple), est fonction des coutumes religieuses. Il existe dans le calendrier hindou un très grand nombre de jours de jeûnes, dont le jeudi de chaque semaine: la plupart sont liés à des fêtes religieuses. Il consiste soit dans une privation totale de nourriture, soit dans une absorption exclusive de certains aliments (fruits, par exemple), ou une restriction d'autres.
Le jeûne a dans ce cas souvent une fonction de purification, et de protection face aux adversités de la vie, comme de la maladie. S'agit-il simplement d'une affaire de croyance?
Notre tradition judéo-chrétienne nous apporte ici quelques lumières. Dans le Judaïsme, la plupart des jours de jeûne sont associés à des deuils, et donc à l'idée de se dépouiller de ce qui est "ancien". Dans le christianisme, il est associé à la période de quarante jours où Jésus resta au désert, et qui coïncidèrent avec le début de sa vie "publique". Soit à un moment de préparation, d'acquisition des forces nécessaires au passage vers la maturité, ainsi que d'une capacité de résistance face "aux tentations".
Nous envisageons alors un aspect essentiel du jeûne: celui de l'équilibre subtil entre le corps et l'esprit. A savoir que notre résistance physique ne se repose pas uniquement sur les apports extérieurs... Mais alors, comment le jeûne contribue-t-il à notre santé?


Le jeûne en questions

1. Comment le jeûne peut-il contribuer à notre équilibre?

Prenons un exemple précis: lorsque nous avons une fièvre élevée, bien souvent, nous perdons l'appétit, et nous jeûnons, partiellement ou totalement, pendant 24 à 48h. Or la nourriture, par les calories, comme la digestion, par son action sur la circulation, augmente la chaleur de l'organisme. En ne mangeant pas, ou des aliments très légers, et diurétiques, la fièvre tombe parfois d'elle-même... Il en est de même pour de nombreuses conditions d'excès de l'organisme.

2. Le jeûne est-il fait pour tout le monde?

Non. Privez un nourrisson de nourriture pendant plus d'une journée, et il se retrouve en très grand danger de succomber. De même, dans certaines affections, comme le diabète, de maladies débilitantes (où l'organisme est très affaibli) et chroniques. D'autre part, le jeûne mobilisant nos réserves, les individus de complexion mince, ou présentant des déficiences tissulaires, pourront se sentir beaucoup plus affaiblies que des personnes bien portantes, et voir notamment leur immunité chuter, leur nervosité augmenter, et certaines fonctions hormonales ou endocriniennes affectées. Enfin, le jeûne a une incidence notoire sur le rythme cardiaque.

3. Que penser du développement des cures de jeûne?

Depuis quelques années, l'on assiste au développement de cures de jeûnes organisées pour des groupes de personnes de conditions, d'âge, et d'horizons diverses. Une remarque de bon sens: nous sommes chacun unique, et contrairement à ce qui est répandu, il n'y a pas d'alimentation standard. Notre âge, notre morphologie, le fait que nous soyons homme ou femme, notre activité physique, intellectuelle, le climat sous lequel nous vivons, sont autant de facteurs qui modifient notre rapport à l'alimentation. Il n'y a pas, par conséquent, pas de jeûne standard, mais plus sûrement une écoute attentive de nos besoins, dans les apports, comme dans la restriction.


Une alternative: diète et monodiète

En dehors des motivations religieuses, ou encore politiques ("grève de la faim"), qui veut améliorer sa santé, retrouver un esprit sain dans un corps sain, comme le disait un humaniste célèbre, doit juste mesure garder en toute chose. Ainsi, la modération, ou "continence" est souvent préférable à la privation.
En Inde, les jours de jeûne sont en réalité bien souvent des jours de monodiète, où l'on consomme exclusivement des fruits. Sur ce sujet, Gandhi a écrit sur sa propre pratique du jeûne des chapitres entiers, et nous permet, à travers cet exemple contemporain, d'en comprendre les bienfaits, comme les écueils.

Si nous sommes un tant soit peu à l'écoute de notre organisme, nous prenons conscience que notre appétit, ou notre envie de consommer tel ou tel type d'aliments varie suivant les moments de la journée, ou de l'année. C'est tout particulièrement vrai aux saisons de transition que sont l'automne, et plus encore, le printemps. La période du Carême, dans nos calendriers, nous indique le moment privilégié où il nous faut cesser d'accumuler des réserves pour combattre le froid, et de commencer à modifier nos habitudes alimentaires, à changer autant que nous le pouvons ce qui est "lourd", "gras", en "léger", et "sec".
Une restriction partielle de certains aliments, peut s'avérer bénéfique, notamment si nous en ressentons spontanément le besoin. On parlera alors de "diète", plutôt que de jeûne. Qui est une alternative adaptable à chacun selon sa condition, et ses besoins spécifiques. Car nous ne sommes pas égaux devant notre capacité à restreindre notre alimentation, ou à nous en priver: pour certains d'entre nous, cela peut s'avérer dangereux, ou encore causer des dommages irréversibles. De façon générale, l'un des soucis majeurs pour l'équilibre concerne l'équilibre acido basique: la libération d'acidité (lié à l'acide chloridrique, ou bile, qui remplit la vésicule entre deux repas, et est liée à la sensation de faim) étant dans tous les cas dommageable à l'équilibre des fonctions de l'organisme, comme à celui des tissus.

Quoiqu'il en soit, et quelle que soit notre disposition personnelle avec l'arrivée du printemps, veillons simplement à sentir intuitivement quelle serait la meilleure façon pour nous de préparer au renouveau de la nature. Et changer nos habitudes un tant soit peu, c'est aussi cela "jeûner"!

lundi 14 décembre 2009

Le sel, la saveur de la mer donnée à la terre


Quel aliment possède une valeur aussi forte et universelle que le sel ? Il est depuis des milliers d’années un ingrédient indispensable de l’alimentation de l’ensemble des populations de la Terre. Le sel est ce qui donne et préserve la saveur de la vie. Depuis des temps immémoriaux, on en exploite la valeur : en témoignent les longues caravanes qui continuent de sillonner le Sahara, où les touaregs parcourent des milliers de km pour échanger mil et bétail contre de lourds blocs de sel au Mali. Seule denrée permettant la conservation des aliments, notamment des viandes ou du poisson, le sel revêt un caractère sacré, lié à la purification. Or, avec développement des maladies liées à l’hypertension, le sel souffre d’une réputation mitigée. Qu’en est-il réellement ? Afin que l’addition ne soit pas trop salée, l’âge avançant, voici quelques réflexions autour de cet ingrédient essentiel.

Le sel n’est ni un aliment, ni un aromate mais un minéral, composé tout simplement de Chlore et de Sodium, deux molécules indispensables au fonctionnement des cellules de notre organisme. Responsable de la rétention des liquides (hydratation) et des minéraux, il est absolument nécessaire à notre survie !

Il n’existe pas une mais deux variétés de sel, qui diffèrent dans leurs propriétés : ce sont le sel marin, et le sel gemme. Tous deux sont issus des résidus laissés par les mers, ou les Océans, à la différence que le sel gemme, que l’on trouve dans les rocs montagneux, ou les déserts, est de nature plus « sèche », tandis que le sel issu des marées salants est plus chargé en eau.

Le sel exalte le goût des aliments, favorise la sécrétion des sucs digestifs, augmente la salivation (et donc l’appétit), et en cela, participe à la bonne digestion. Mais attention, excès, il a l’effet contraire ! C’est pourquoi on évitera de saler les aliments lourds ou gras, comme le fromage.

Le sel gemme est de nature plus sèche, et fut longtemps utilisé pour ses vertus thérapeutiques, notamment en Inde, où on en trouve différentes variétés aux nuances grise, rose, ou encore noire. Sa forte teneur en souffre le rendrait particulièrement bénéfique pour alléger la digestion et favoriser l’absorption.

Mais le sel devient nuisible, lorsque l’on en abuse, car il provoque, au fil des ans, un durcissement des parois artérielles, responsable de l’hypertension


Quelques recommandations de base

La dose moyenne de sel par jour ne devrait pas excéder deux grammes. La plupart des aliments industriels, conditionnés, ou encore la charcuterie (ou salaison), les poissons fumés, le pain ordinaire, ainsi que tous les « snacks » (chips, crackers, cacahuètes…) contiennent généralement beaucoup de sel. Noter que la plupart des légumes contiennent naturellement des sels minéraux.

Pour les personnes sujets à la rétention d’eau, l’on conseille de remplacer le sel marin autant que possible par le sel gemme, de nature plus « sèche ».

Quelques remèdes

Pour prévenir les maux de gorge, faire régulièrement un gargarisme avec une pincée de gros sel, le jus d’un quart de citron et un peu d’eau chaude.

Pour augmenter l’appétit, ou en cas de lourdeur : avant les repas, mélanger 1 pincée de sel gemme avec le jus d’un quart de citron, une pincée (1g) de gingembre râpé, et ½ cc de miel.

Pour stabiliser ou renouveler son énergie, prendre un bain tiède avec des sels marins. L’idéal restant de prendre ce bain dans la mer… !


credit photo flick r markb120

lundi 19 octobre 2009

Couleurs et saveurs d'automne


D
ans les régions tempérées, ou froides du globe, l'automne est la saison où la nature change de couleur et s'empourpre.
Et tandis que l'hémisphère nord s'éloigne de plus en plus du soleil sur l'orbite terrestre, l'hiver se prépare, l'air, bien que léger, le ciel, bien qu'encore lumineux, l'atmosphère, bien que douce et agréable, se rafraîchissent, et avec lui, se modifient les besoins de notre organisme.


Avec l'équinoxe d'automne, l'on entre dans une partie de l'année appelée "Dakshinayana", qui durera jusqu'à l'équinoxe de printemps, où l'énergie "lunaire", liée au froid et à l'humidité, est plus présente, et plus puissante. C'est une période particulièrement propice pour renforcer les forces physiques de l'organisme par une nourriture et un exercice appropriés.

A l'automne, le corps accumule ce qu'il peut encore mettre en réserve de chaleur. Ainsi, l'automne est l'une des saisons où Pitta, la bile, est le plus aggravé. Pour cette raison, les aliments qui équilibrent ou pacifient Pitta sont particulièrement indiqués.
Les saveurs qui équilibrent ce dosha sont le doux, l'amer et l'astringent. L'automne est, comme l'autre inter-saison, le printemps, une saison de "purification", où l'on recherchera les aliments plutôt légers, secs, et de nature rafraîchissante.

Parmi les catégories d'aliments, privilégier:

1. Les légumineuses qui vont soutenir l'énergie de fonds grâce à leur teneur en minéraux et en protéines, notamment les lentilles corail, les pois cassés, l'ensemble des haricots dont le soja, les azuchis, ainsi que les lentilles noires (en Inde, la variété appelée Urad Dhal).

2. Les légumes verts, feuillus, comme les plus charnus, riches en fer, notamment les aubergines, ainsi que l'ensemble des cucurbitacées: courges, courgettes, potirons, potimarrons, légumes d'automne par excellence, choux, choux fleurs, nourrissants, et riches en calcium.

3. Les céréales légères et digestes comme l'orge, le riz, sèches et chaudes comme le mais, le sarasin, plus nourrissantes comme le froment.

4. Les fruits, dont ceux qui mûrissent à la toute fin de l'été comme les raisins (excellents pour nettoyer, tonifier le sang et reconstituer le tissu nourricier, ou plasma), les grenades (extrêmement riches et fer et utilisées en Ayurveda pour équilibrer l'ensemble des troubles liés à Pitta), les figues (fraîches ou sèches), les dattes (idem), les pommes et les coings, qui utilisés ensemble sous forme de compote ont d'excellentes vertus sur le système digestif pour ceux qui souffrent d'indigestion et/ ou de malabsorption.

5. Les produits laitiers, en quantité modérée, notamment les plus légers et astringents, comme ceux à base de chèvre, de brebis, ou encore le babeurre, qui vont avoir un effet tonique sur l'organisme, soutenir ses tissus sans alourdir la digestion, et renforcer son immunité. On modère sa consommation de yahourts (acides). Le ghee remplacera aussi souvent que possible les huiles végétales (voir ci dessous).

6. Limiter ou modérer la consommation de noix, amandes, noisettes. Les graines de tournesol sont en revanche conseillées, car elles sont excellentes pour drainer la vésicule biliaire. Les huiles les plus lourdes, comme l'arachide, noix, sésame, sont à éviter: on les utilisera plus volontiers avec l'arrivée du froid hivernal. Le ghee, ainsi que les huiles de tournesol ou d'olive sont connues pour équilibrer Pitta, et sont donc recommandées.

7. Les viandes constituent une catégorie à part, puisque suivant les régions, les besoins en protéines animales varient. La Charaka, à son chapitre sur l'alimentation en automne, recommande: le mouton, l'agneau, le lapin, ainsi que le pigeon. On évite en revanche le poisson, ou toute créature vivant dans l'eau, les étangs ou à proximité des zones marécageuses...

La base de l'alimentation sera constitué par l'association entre légumineuses et légumes, sous forme de "dhal" (purée de haricots ou lentilles), associés aux légumes, et accompagnés de galettes sans levure (pain plats ou chapatis). Les fruits seront de préférence consommés cuits. Sauf les raisins, qui seront excellents à consommer avant les repas, ou entre, avec une petite pointe de gingembre frais râpé. Les fruits secs seront de préférence consommés le matin, ou en collation. Les épices douces comme la cardamome, la cannelle, le clou de girofle, le gingembre frais ou sec, le cumin, le carvi, l'anis, ainsi que les aromates comme le basilic ou le laurier entreront dans la préparation des plats. A mesure que l'on entre dans l'hiver, on privilégiera une alimentation cuite, chaude, et un peu plus consistante.


mercredi 1 juillet 2009

Bouquet de fraîcheur

Les herbes fraîchement coupées, quoi de mieux pour égayer nos assiettes de quelques notes chlorophylées, composer des boissons désaltérantes à siroter à l'heure de la sieste, ou encore des tisanes rasserrénantes en contemplant un tardif coucher de soleil, au moment si agréable où le farniente faiblit...
Voici un bouquet de choix pour aider notre organisme à réguler sa température tout au long de la journée....


Commencer sa journée... sans café


Préférer le thé vert au thé noir, non seulement parce que sa teneur en théine est plus faible (ce qui permet de ne pas surexciter notre système nerveux, plus prompt à l'être en été), mais parce qu'il n'augmente pas autant la température corporelle.
Celui-ci peut être agrémenté, au choix, de fleurs blanches: la combinaison thé vert jasmin reste
un classique. Les fleurs de rose, qui se marient très bien au thé noir (voire le mélange proposé par Vélan au Passage Brady), sont idéales sur une base de thé vert associées à la menthe nana.
Enfin, une infusion de menthe verte, ou menthe poivrée peut remplacer le thé du matin. Légère et rafraîchissante, elle ouvre les sens et renouvèle idéalement l'énergie, notamment pour les constitutions Pitta, ou Kapha. Pour les types Vata, un jus de citron avec de l'eau chaude et une petite pincée de gingembre râpé est plus adaptée.

Cuisiner aromatique

Les herbes aromatiques sont à mettre à l'honneur, et si possible dans tous les plats. Les aromates se combinent à presque toutes les saveurs et catégories d'aliments, notamment la menthe, qui peut passer du salé au sucré. Les herbes les plus rafraîchissantes sont la coriandre fraîche, la menthe, et l'aneth. Le basilic, bien qu'il ne soit pas rafraîchissant, permet une meilleure digestion, et de faciliter la digestion de certains plats, notamment des fromages (c'est toute la vertu du pesto!). Elles peuvent servir à réaliser des chutneys, des sauces, agrémenter les salades (comme le taboulé, qui ne serait pas lui-même sans son renfort de persil plat), ainsi que les légumes, les viandes, et même les laitages, notamment les yahourts.


Siroter l'heure de la sieste

On conseille en général, de boire plutôt chaud, ou tiède si l'on veut se désaltérer. Les boissons glacées ont pour effet d'inhiber le feu digestif (Agni). Il existe des petites décoctions très simples, à préparer avec de la citronnelle (lemongrass), de la menthe, de l'anis, ou encore des fleurs comme la rose ou l'hibiscus, qui, indépendamment ou associées, sont idéales pour rafraîchir l'organisme pendant les chaudes après-midi. Elles peuvent se préparer à l'avance , se déguster tièdes, ou fraîches.

Pour la préparation, en général:

Porter l'eau à ébullition. Dans l'eau frémissante, déposer les plantes (2 cc pour 30 cl d'eau) et les ébouillanter quelques secondes, puis laisser infuser de 5 minutes à plus pour les fleurs comme l'hibiscus, qui donnera son jus syrupeux après 10 bonnes minutes.
Sucrez de préférence avec du sucre intégral, plus riche en minéraux. Le miel est une substance considérée comme "chaude": à éviter pour les constitutions Pitta, ou si vous buvez par forte chaleur.


Tisane bonne nuit

Les plantes rafraîchissantes ET calmantes sont à privilégier: verveine, verveine des Indes (citronelle), mélisse pour les plus communes, mais aussi la lavande, ou encore la réglisse, qui se combine très bien à la saveur fraîche et désaltérante de l'anis.



Infusion pour équilibrer l'élément feu


Mélanger à parts égales: graines d'anis, coriandre, fenouil, pétales de rose, et réglisse (soit 1/4 cc de chaque pour 25 cl d'eau) ainsi qu'une branche de coriandre fraîche.

Porter l'eau à ébullition, et ajouter les ingrédients. Arrêter le feu et couvrez. Laissez infuser 5 minutes. Filtrer et sucrez suivant votre convenance.
Boisson conseillée pour les constitutions Pitta.



Mint Chai (Thé indien à la menthe)

1/2 cc de gingembre frais râpé
3 gousses de cardamome
2 clous de girofle
2 cc de menthe fraîche finement ciselée
3 à 4 cc de thé noir "roulé" (suivant l'intensité souhaitée)
40 cl d'eau
20 cl de lait

Dans l'eau frémissante, déposer le thé et les épices. Dans un autre récipient, faîtes bouillir le lait. Lorsqu'il est chaud, mélangez-le au thé et portez à nouveau à ébullition. Arrêtez le feu. Laissez infuser 5 minutes. Sucrez et dégustez, votre tasse agrémentée d'une feuille de menthe fraîche...



Mes coups de coeur

Les mélanges à base de thé vert:
Jardins de Mogador (menthe, rose), Le Temps des amours (fleurs blanches, délicat parfum de frangipane), Thé vert à l'amande (amer et rafraichissant), Fleurs de Geisha (à base de fleurs de cerisiers), Thé vert à la menthe Nana de chez Kousmine

Pour les inconditionnels du thé noir:
Villa Mauresque (menthe fraîche légèrement chocolatée), thé à la rose (à composer soi-même)

disponibles chez: Si le thé m'était conté, rue St Firmin Montpellier

Infusions ayurvédiques

Refresh Pitta (hibiscus, réglisse, rose et menthe poivrée), Detox, (anis, réglisse) Harmonise (rose, shatavari, vanille), Three Mint (menthe verte, aquatique et poivrée), Three berries (à base de fruits rouges) chez Pukka Herbs




Credit photo flickr, Daveleb, Missingsu, Anka, Amyabaker



vendredi 5 juin 2009

Les fruits rouges, passionément

L’été est la saison de l’année où mûrissent la plupart des variétés de fruits, dont la catégorie des fruits rouges, qui connaissent deux moment de prédilection : la fin du printemps avec les premières fraises, cerises, puis groseilles, myrtilles, cassis, framboises, et l’approche de l’automne avec les mûres. Les fruits rouges sont une catégorie de fruits particulièrement bénéfiques pour notre santé. Leur jus, par sa couleur, allant du rouge vif au violacé, ou à sa texture, n’est pas sans rappeler le sang qui irrigue nos veines ! Comme l’ensemble des fruits, les fruits rouges nourrissent le plasma (tissu nourricier assurant la formation des autres tissus), et sont particulièrement bons pour ce tissu appelé Rakta Dhatu (Rakta désignant le sang) qu’ils nettoient, renouvèlent et tonifient.

La plupart des fruits rouges sont doux, plus ou moins acides (notamment les groseilles) et astringents. Ils ont un effet rafraichissant sur l’organisme. Ils sont généralement bons pour les trois Doshas, et particulièrement équilibrants pour Pitta, dont l’équilibre est très lié à celui du sang. Les plus astringents et les moins doux (ou sucrés) sont parmi les fruits les plus indiqués pour Kapha. Voici pour vous quelques fiches. A votre santé!


LES FRAISES
Douces, un peu acides, astringentes, fraiches et douces

Les fraises sont le premier fruit annonciateur de l’été (bien que l’on en trouve aujourd’hui dès les tous premiers mois de l’année cultivées sous serre !). Riches en vitamines du groupe B, elles sont toniques et reconstituantes, particulièrement prisées par les femmes enceintes en carence de vitamine B12 (vitamine fragile et rare nécessaire à la formation du sang que l’on trouve aussi dans les abats). Poussant en surface de la terre, elles n’ont pas toujours eu bonne presse… Hildegarde les considère comme un « poison alimentaire », car elles poussent très près du sol et seraient nourries par « les humeurs viciées de la terre ». C’est un fait qu’elle ont tendance à provoquer des réactions cutanées, dont la plus caractéristique est l’urticaire. Elles ont tendance à aggraver Kapha, ainsi que Pitta, en excès.


LES CERISES
Douces, acides, fraîches et douces

Les cerises sont l’un des fruits rouges les plus nourrissants, et reconstituants, notamment les variétés les plus douces, comme les burlats. Suivant les variétés, ou, leur degré d’acidité peut varier. Les griottes sont par exemple plus astringentes et acides. Les cerises ont une action diurétique et purifiantes : elles nettoient et reconstituent le sang, tonifient le système circulatoire, ainsi que le coeur. Le jus de cerises noires aurait des propriétés médicinales puissantes. Les queues de cerises prises en décoction ou en infusion sont l’un des diurétiques les plus puissants.

LE CASSIS
Doux, légèrement astringent et acide, doux

Le cassis est l’un des fruits dont la substance rappelle, par sa texture, celle du sang. Ce n’est donc pas un hasard si cette délicieuse petite baie possède tant de vertus préventives (voire curatives) pour le système veineux.


LES GROSEILLES
Acides, astringentes, douces et acides

Les groseilles ont une saveur acide et astringente très caractéristique. Pour cette raison, on les consomme en moindre quantité que les autres fruits rouges, ou mélangées à du sucre, sous forme de confiture ou de gelée.


FRAMBOISES (ET MURES)
Douces, acides, fraiches et douces
Les framboises sont l’un des rares fruits que l’on trouve relativement abondamment en Europe à l’état sauvage, car elles ne sont rien d’autre que le fruit d’une ronce, tout comme les mûres, qui leur ressemblent beaucoup en aspect, mais dont la chair et plus dense (voire dure), plus foncée, et la saveur plus douce.Comme les autres fruits rouges, la framboise est un excellent dépuratif et régénérant du sang. Elles sont bonnes pour Vata et Pitta, et augmentent modérément Kapha


LES MYRTILLES
Douces, acides, astringentes, fraiches et douces

Les myrtilles sont le petit fruit d’un buisson de quelques centimètres de haut couvrant les sous bois de moyenne et haute montagne entre juillet et août. Rafraichissantes, douces et astringentes, elles sont bonnes pour Pitta. Il est intéressant de savoir que l’on a longtemps donné aux pilotes d’avion des myrtilles afin renforcer leur vue, car elles donneraient l’acuité d’un aigle… Or les yeux sont, selon la physiologie ayurvédique, l’organe des sens correspondant à Pitta, et son organe, le foie, responsable du filtrage du sang. Pour Pitta, elles sont excellentes sous forme de jus, et pour les autres Doshas, plutôt cuites, en raison de leur nature « rafraichissante ». Diurétiques, on les conseille afin de réduire la glycémie et réguler le diabète.


LES AIRELLES
Astringentes, douces, fraîches et douces.

Les airelles sont parmi les fruits les plus astringents consommés en Occident. Comme les autres fruits rouges, elles ont des propriétés bénéfiques pour le sang, sur la circulation, et plus particulièrement sur les fonctions d’élimination. Diurétiques, et recommandées en cas de cystites, et s’avèrent très bénéfiques pour les personnes sujettes aux mictions difficiles, aux infections comme aux inflammations de l’appareil urinaire. La variété d’airelle rouge appelée canneberge a même récemment fait son entrée dans les produits pharmaceutiques du fait de son action préventive dans les maladies de la prostate et de l'appareil urinaire. Les airelles seraient également favorables à la perte de poids, notamment s’il est dû à la rétention d’eau , et donc conseillées aux types Kapha.


L’un de mes professeurs en diététique ayurvédique m’avait conseillé de faire l’expérience d’associer certains fruits rouges, comme les cerises, ou les cassis, aux racines (de couleur rosée à rouge) nettoyant le sang comme le Manjistha (Rubia Cordifolia), Sariva (Hemidismus Indica) à la saveur douce, légèrement astringente et amère. Or il est vrai que leurs saveurs se combinent assez bien, procurant un mélange à la fois rafraichissant, très appréciable en été pour les constitutions Pitta ou les personnes présentant des déséquilibres de ce Dosha. Ma suggestion : les épices douces comme la cardamome, la cannelle, ou encore des fleurs comme la rose ou l’hibiscus s’associent idéalement aux fruits rouges dans les préparations culinaires, ou médicinales…

Mes coups de coeur:

- l'infusion Three Berries ou mélange de 3 baies rouges (culture bio) de chez Pukka
- le Fresh and Fruity, associant des fruits rouges comme myrtilles, framboises, airelles, grenade, mûres à d'autres plantes et aromates, chez TwinNings (disponible en Angleterre et chez Velan passage Brady, Paris 10ème)
- mélange Fontaine aux fruits Clafouti (à base de cerises) ou Nuit d'été, disponible dans la plupart des brûleries ou magasins de thé



lundi 25 mai 2009

Savourer la belle saison

Avec l'arrivée des beaux jours, la température augmente et la chaleur, concentrée qu'elle était à l'intérieur du corps, a tendance à être plus "diffuse", ce qui a pour effet d'affaiblir notre "feu digestif". Il nous faut donc veiller à ce qui équilibre l'élément feu, et le Dosha Pitta.
La nourriture doit être de préférence légère, digeste, non lourde, ni trop chaude ni trop froide, avec une proportion plus importante de crudités. Il est conseillé de manger en moindre quantité, mais de façon plus fréquente. Les saveurs qui augmentent Pitta sont le piquant, le salé, l’acide. Celles qui diminuent Pitta sont le doux, l’amer, l’astringent.


Le thé vert ou les infusions (menthe, lemongrass, mélisse) sont préférables au thé noir (produisant davantage de chaleur). Les jus de fruits frais sont excellents : ils sont hydratants, nourrissants et régénérants (à l’exception du jus de banane, générant AMA). Ils sont un excellent moyen de maintenir la substance de base du corps : le plasma (RASA). En Inde, on remplace en été le traditionnel Tchai (thé noir infusé avec un mélange d’épices et de lait) par des jus de citron sucrés, le jus de canne à sucre, ou encore, à l'approche de la mousson, par les jus de mangue.

Parmi les céréales, on privilégie le riz basmati : doux, légèrement astringent et rafraichissant, remarquablement bénéfique et bien toléré par le système digestif.
Parmi les légumineuses, les haricots mungos sont particulièrement bons. Les pois chiches, préparés en houmous avec de l’huile d’olive, du citron vert et des épices douces sont nutritifs et rafraîchissants. Les fèves et haricots sont bons en quantité modérée, car ils peuvent être difficiles à digérer. Les lentilles corail en quantité modérée sont intéressantes car plus légères, digestes, et équilibrantes.

Les légumes verts et feuillus sont excellents : ils équilibrent Pitta tandis qu’ils procurent à l’organisme les sels minéraux perdus avec la transpiration. L’ensemble des légumes frais de saison sont bons, notamment les asperges, les endives, le fenouil, le céleri, les blettes, le choux vert, les épinards, les artichauts, les courgettes (en Inde, la variété appelée Zucchini est recommandée car elle nettoie le sang et chasse l’excès de Pitta), ainsi que toutes les variétés de salades vertes. En crudité, le concombre en raita avec de la menthe ou mélangé avec un jus de citron vert et une pincée de sel est idéal, car rafraîchissant et antiacide.
En revanche, certaines solanacées : pommes de terre, tomates, aubergines, sont à consommer en quantité modérée pour les types Pitta. Ces légumes de saison présentant des qualités nutritives très intéressantes - l’aubergine étant considéré comme le légume le plus nourrissant en Ayurveda -, il ne s’agit pas de les supprimer, mais de les consommer dans une proportion équilibrée avec d’autres aliments. Les tomates seront par exemple consommées de préférence crues, avec de l’onion blanc et de la coriandre fraîche. On préférera les poivrons verts aux poivrons rouges. Les piments sont à éviter, de même que l’ensemble des épices fortes, que l’on remplacera par les épices douces. Le cumin est considéré comme étant l’épice idéale en été et devrait être utilisé autant que possible car il équilibre à la fois AGNI (le "feu digestif") et PITTA. Le persil et le basilic sont à consommer en moindre quantité, à remplacer par la menthe, la coriandre fraîche, l’aneth.


L’été est plus que nulle autre la saison où l’on peut consommer la plus large variété de fruits. Les fruits sont sattviques. Ils nettoient l’organisme. Ils sont également rafraichissants et nourrissants. Le Mahatma Gandhi a fait souvent fait l’éloge d’une alimentation composée essentiellement de fruits. Cependant, parce qu’ils contiennent beaucoup de sucre, d’eau, et du fait de leur nature rafraîchissante, ils peuvent être lourds à digérer et perturber la fonction digestve. Ils doivent être consommés avec modération en raison de leur effet laxatif. Les fruits se combinant mal avec d’autres aliments, on recommande de les manger de préférence en dehors des repas .
L’été est en Inde la saison des mangues, qui possèdent d’excellentes propriétés sur le système digestif grâce à leurs enzymes. Leur chair épaisse est très nourrissante Elles doivent être consommées avec modération car leur nature chaude aggrave Pitta . Les fruits rouges, doux et astringents comme les cerises, framboises, groseilles, cassis, myrtilles, nettoient et régénèrent le sang. Les fraises peuvent poser problème en cas de Pitta élevé. Les prunes sont très désaltérantes. Les abricots, les pêches sont également bons, en quantité modérée pour PITTA. Les pommes douces, les poires, les raisins désaltèrent et reconstituent le tissu nourricier ou RASA (plasma). Les figues sont un aliment de choix pour régénérer les tissus reproducteurs féminins (SHUKRA DHATU).

L'usage des produits laitiers est conseillé, à condition qu'ils soient frais, car ceux-ci sont doux, rafraichissants, et soutiennent la formation du tissu nourrissier (plasma ou RASA DHATU). Le lait frais, consommé avec certaines épices douces, comme la cardamome, la coriandre, ou encore avec des pétales de roses offre un déicieux moyen de ressourcer son organisme après une journée de canicule, et vous assurera une nuit serenissime... Les fromages salés, fermentés et gras doivent être évités. Le yahourt, en raison de ses propriétés nourrissantes, et de sa nature froide est recommandé en été, car il l’est l’un des aliments les plus nourrissants, à condition d’être frais donc peu acide. Les noix ou amandes sont à remplacer par les graines de tournesol qui conviennent aux trois Doshas. De même on préfèrera lles viandes maigres et blanches à la viande rouge, les poissons blancs, ou de rivière, aux poissons très salés ou gras, qui aggravent Pitta, et de façon générale, en été, les protéines végétales aux protéines animales, que le corps réclame naturelement en moindre quantité, car il n'a pas besoin de produire autant de chaleur et d'énergie.

De façon générale, l’alimentation sera fraîche, digeste, légère, quoique riche en nutriments. Elle tiendra compte de l’état du feu digestif et cherchera à le renforcer. Ainsi, il est déconseillé de boire glacé, de manger des aliments trop lourds, acides, piquants, gras. Les crèmes glacées sont à consommer avec modération : on leur préfèrera les sorbets. On conseille de consommer davantage de boissons et de jus de fruits frais, sans abuser du cru. Bref, de goûter, de savourer, de siroter l'été!

credit phto flick r (kimmie, amitgupta, bajan, jen's, ruthelen, qlinart)

lundi 13 avril 2009

L'asperge, la fine fleur des légumes

L'asperge est un légume qui a toujours été considéré comme le symbole du raffinement d'une table, et que l'on ne pouvait déguster, jusqu'à la Révolution, que dans les demeures des plus grandes familles nobles (dont certaines avaient fait de l'asperge leurs armoiries!!).
Car l'asperge est un légume rare, cultivé sur des terres sablonneuses, dont la récolte se fait entre mars et avril. Or, les conditions de sa culture ne sont réunies que dans quelques endroits en Europe, qui sont le Sud Est de la France, et aujourd'hui la Belgique. Son nom latin, "Asparagus Officinalis", nous indique que l'on connaissait déjà sa nature curative et préventive.

L’asperge est un légume à la saveur douce, amère et astringente. Son effet sur l'organisme est doux et rafraichissant ce qui en fait un légume particulièrement bénéfique pour Pitta. Quoique l'asperge ait une action équilibrante sur les trois Doshas, car elle régule les humeurs viciées et en corrige les excès. L'asperge est connue pour son effet diurétique: elle donne aux urines cette couleur et cette odeur particulière, signe de laprésence de cette substance sulfurée acide qui lui est propre, l'asparagine. Elle aurait une action particulièrement bénéfique, préventive et curative dans les cas d'urée. Elle a également une action bénéfique sur le foie, dont elle favorise le drainage.
Leur nature astringente et leurs propriétés diurétiques peuvent cependant augmenter Vata. On la recommande en cas de fièvre, d’hémorragie, d’œdème, d’arthrite, et comme reconstituant après des fièvres. Car l'asperge possède de nombreux minéraux comme le fer (Fe), et est une source précieuse de vitamines du groupe B, ce qui en fait un légume recommandé en cas d'anémies (notamment de type Pitta). Elle contient également du cuivre (favorisant les défenses immunitaires), du zinc (bon pour l'équilibre du système nerveux et de la peau), du potassium (nécessaire au bon fonctionnement du coeur), du manganèse (ce minéral précieux, très utile pour nourrir les os, les ligaments, le tissu nerveux...), ainsi que de la vitamine C. Les asperges blanches sont elles riches en béta carotène (pro vitamine A, qui protège la peau du vieillissement).


Il en existe plusieurs variétés et calibres : les blanches sont plus douces et meilleures pour Vata Pitta, les vertes ou légèrement pourpres pour Pitta Kapha, de même que les espèces sauvages.

La pharmacopée utilise une autre variété de la famille des asperges, l'"Asparagus Racemonus", caractérisée par ses "milles racines", et qui, en surface, produit un végétal assez semblable à la prêle. C'est la plante connue sous le nom de Shatavari, qui possède des propriétés assez semblables à l'asperge, bien qu'elle ne soit pas un légume comestible, mais uniquement utilisée pour ses racines. Mais c'est là le sujet d'une autre fiche, que nous pourrions aborder cet été!
En attendant, voici deux recettes ayurvédiques (personnalisées) à base d'asperges.


Soupe douce amère

100g de haricots mungos germés ou pois chiches
5 asperges blanches ou un bouquet d'asperges vertes
Feungrec (Methi) en feuille, ou feuille de blettes
1/2 endive
2 cc d'huile de tournesol
10 cl de kéfir
1 cc de graines de cumin, coriandre, fenugrec, laurier
1/2 poivre long ou 5 grains de poivre blanc
1 pointe d’asafoetida
Sel gemme

Faire tremper les haricots de soja 48h à l'avance. Les faire cuire à l'eau pendant 10 minutes, et faire cuire les asperges, blettes, endives, en profitant de leur vapeur. Dans une cocotte, faire chauffer l'huile en y ajoutant les épices: cumin, coriandre, fenugrec, laurier. Quand les graines éclatent, ajouter le poivre, le laurier, l'asafoetida. Puis ajoutez les asperges, ainsi que les autres lég.Faites les dorere quelques instants, puis ajouter le soja avec son eau. Laisser cuire 5 minutes. Dans un mixer, verser la préparation, et ajouter le kéfir allongé de 20cl d’eau et d'une pincée de curcuma. Mixer jusqu’à obtenir un mélange homogène. Salez à votre convenance.
Vous pouvez y ajouter du persil, de la coriandre, une pointe de safran, et quelques graines de tournesol pour servez.

Bon pour les trois doshas.

Deux variantes:
On peut remplacer le soja par de la farine de pois chiches, que l'on incoropre aux épices avant les légumes, avec un peu d'eau.
Cette soupe peut aussi se réaliser comme un gaspacho, avec le soja parvenu à germination. Il suffira de blanchir les asperges et de les laisser refroidir avant de les mixer. Ajouter 2 cs d'huile d'olive faire cuire les asdonner craignez l’esprit gaspacho, vous pouvez tout à fait cuire les ingrédients de la soupe, ajouter le kéfir au dernier moment, et la mixer ensuite. Riz d’asperges


Riz d'asperges

1 mesure de flocons ou de son d’avoine
6 à 8 mesures d’eau
1 cs de ghee et d’huile de tournesol
3/4 cc de graines de cumin
1/8 cc d’Ajwan
1 cc de graines de coriandre
1/2 cc desel gemme
1 poivre long
1/2 livre d’asperges

Rincez l’avoine et faîtez la cuire avec l’eau, en porridge. Dans une casserole, faîtes chauffer le ghee en ajoutant le cumin, l’ajwan, lacoriandre. Lorsque les graines brunissent (cumin notamment), ajoutez le sel et les autres épices, ainsi que l’avoine en laissant mijoter pdt qq minutes. Lavez et découpez fin les asperges. Mettez-les à la vapeur ;ou blanchissez-les à l’eau bouillante. Mélange-les à l’avoine. Prêt à servir avec une pointe de poivre long. Soulage la vésicule.
Equilibre Vata, Pitta, et augmente légèrement Kapha.

vendredi 10 avril 2009

Le premier facteur de l'alimentation: notre constitution


En Ayurveda, on considère que l’alimentation est un rapport unique et individuel. Elle a pour but de nous aider à maintenir notre équilibre naturel. Cet équilibre est lié à la présence, dans notre corps, des DOSHAS VATA, PITTA, et KAPHA.

En fonction de cela, nous devons adapter notre alimentation au quotidien.

Les personnes VATA devront avoir une alimentation possédant des attributs contraires à l’air, soit : humide, chaud, lourds, huileux, doux
avec des saveurs DOUCE, SALEE, ACIDE


les personnes PITTA, qui ont souvent un fort appétit et un feu digestif fort, une alimentation consistante, principalement fraîche
saveurs DOUCE, AMERE,ASTRINGENTE

les personnes de type KAPHA, une alimentation : légère, chaude, sèche
saveurs PIQUANTE, AMERE, ASTRINGENTE


La condition de la personne est aussi importante que sa constitution . L’un des premiers signes de santé est un appétit régulier. Lorsque l’on perd l’appétit, c’est qu’Agni, notre feu digestif est en mauvaise condition. Agni est semblable à un feu de cheminée qu’il nous faut prendre soin d’alimenter : si nous jetons dans le feu de grosses bûches alors que la braise est faible, nous risquons de l’étouffer. Et, de la même manière, si nous ne l’entretenons pas la braise avec du bois, le feu peut s’éteindre. Par conséquent, il nous faut tout d’abord écouter notre appétit : ce que nous avons envie de manger, dans quelle proportion et quelle quantité doit tenir compte de notre capacité à le digérer.

L’état de notre appétit reflète souvent l’équilibre des Doshas.
S’il est fort et régulier, c’est que Pitta domine.
Si l’appétit est très modéré et que l’on met longtemps à digérer, c’est que Kapha domine.
S’il est irrégulier et/ou faible, c’est que Vata est déséquilibré.

Par conséquent, cette observation nous donne matière à revoir notre alimentation. Suivant notre état de santé, nos besoins changent. Ainsi, en anglais, on a coutume de dire « Starve a fever & feed a cold ». La fièvre est une condition de déséquilibre et d’excès des doshas, en réponse à un phénomène extérieur : étant une condition de chaleur excessive, l’alimentation, qui augmente la chaleur du corps, peut aggraver ce phénomène. En revanche, un rhume est le signe d’un effondrement de notre immunité, liée à la formation du 8ème tissu, Ojas. Il importe donc de donner des aliments fortifiants. De même qu’une personne victime d’une fracture devra concentrer son attention sur la reconstitution du tissu osseux. Les différents maux que nous expérimentons ne nécessitent pas la même prise en charge.

Il existe d’autres facteurs importants, tel l’âge ou le type d’activité de la personne, impliquant de satisfaire des besoins physiologiques très particuliers. L’âge est un autre facteur essentiel. Il y a trois périodes de la vie :

- l’enfance et la croissance, KAPHA : saveurs qui construisent les tissus, douce, acide, salée

- l’âge adulte, PITTA : âge où l’on est dans l’action et où l’alimentation nous permet de renouveler notre énergie et de faire fonctionner notre métabolisme. On est porté vers le piquant, salé, acide. On doit équilibrer avec le doux, l’amer, l’astringent.

- la vieillesse, VATA : avec l’amoindrissement de l’activité et perte tissulaire. On est porté vers une alimentation plus légère. On doit équilibrer Vata avec les saveurs douce, acide, salée.

Un enfant en pleine croissance n’a pas les mêmes besoins qu’une personne âgée. Un travailleur de force n’a pas besoin du même type de force qu’un employé de bureau, etc…

Les facteurs qui comptent dans notre alimentation

En Ayurveda, l’équilibre alimentaire ne se mesure ni en grammes, ni en calories. L’équilibre relève avant tout de la connaissance de nous-même, de nos besoins, et surtout, de l’attention que nous accordons à notre alimentation. Cette attention repose sur un certain nombre de facteurs. Il en existe huit. Ce sont :

1. PRAKRITI, ou la constitution de la personne
2. KARANA, la préparation
3. SAMYOGA, l' association des aliments entre eux
4. RASHI, la quantité
5. DESHA, le lieu où l'on s'alimente (qui comprend aussi bien les denrées disponibles ou les produits du "terroir", que le lieu où sera préparé et consommé la nourriture)
6. KALA, le moment où est pris l'alimentation (saison, moment de la journée)
7. UPAYOGA SANSTHA, les règles autour de la nourriture
8. UPABHOKTA, qui concerne celui qui prend la nourriture

Ces facteurs permettent de prendre en compte : la personne qui consomme la nourriture, comme la nourriture elle-même.

mercredi 1 avril 2009

L'alimentation, premier pilier de notre santé



Bien se nourrir est essentiel à notre vie. La nourriture que nous consommons nous procure la force, l’énergie dont nous avons besoin pour maintenir la cohésion de notre corps, permettre son mouvement, assurer son développement. D’une nourriture saine et équilibrée dépend la formation des constituants du corps : DOSHA, DHATUS, MALAS.
La nourriture que nous consommons va être divisée en trois :
La partie brute va se transformer en excréments
La part intermédiaire se transforme en chairs
La partie subtile se transforme en esprit

La majeure partie va être transformée en urine, une autre partie en sang, et enfin, la partie la plus subtile va soutenir le PRANA, la force vitale. Le rôle de l’alimentation est de :
- de nourrir le corps en assurant son développement , son renouvellement, comme son maintien
- entretenir et renouveler l’énergie vitale, PRANA

Le régime alimentaire constitue la mesure curative la plus importante à long terme. Ses effets sont longs à se manifester (6 mois environ), mais sont durables. Notre corps est formé par les aliments : si nous ne modifions pas notre alimentation, comment s’attendre à ce que le corps, qui est son produit, change ou guérisse ?
Avec son approche individualisée, l’Ayurveda insiste sur le rôle d’une alimentation appropriée. Quelque traitement que nous entreprenions, il a besoin d’être soutenu par une alimentation adéquate. Ainsi, le régime alimentaire peut neutraliser les effets des plantes curatives . A long terme, une mauvaise alimentation annihilera les effets curatifs des plantes, et de tout traitement. D’autre part, l’alimentation repose sur un certain nombre de facteurs, de règles, de lois, fondées sur celle de la nature.


Le premier pilier de notre santé

Se nourrir est essentiel à notre vie. C’est grâce à l’alimentation que l’enfant se construit et grandit. C’est avec elle que se développe son goût, sa personnalité, sa force, son immunité, son intelligence et ses rêves. Cet échange entre l’alimentation, la construction de nos tissus, l’entretien et le renouvellement de notre énergie est en permanence assuré et réclamé par les fonctions de notre organisme. D’une nourriture saine, équilibrée, adaptée dépend notre santé. En Ayurveda, l’alimentation est considérée comme le premier pilier de la santé.


L'énergie des aliments...

Ce que l’on appelle nutrition est la nourriture digérée par l’organisme qui va nourrir l’ensemble des tissus du corps. Les aliments frais, comme les fruits et les légumes ont un pouvoir de guérison extraordinaire : ils regorgent de vie, ou Prana, qu’ils transmettent directement à notre organisme. En revanche, une nourriture impropre, pauvre, dépourvue de substance, dévitalise notre organisme, agit comme un poison, rendant notre organisme moins résistant face aux maladies qui vont s’inscrire de façon chronique si nous ne prenons aucune mesure pour changer cet état des choses.


... plus que leur composition chimique

L’Ayurveda s’intéresse principalement à l’énergie des aliments afin d’équilibrer les DOSHAS. Elle ne considère pas les besoins nutritionnels spécifiques : les apports caloriques, minéraux, vitaminiques, chimiques. De ce point de vue, il n’existe pas d’alimentation standard, ou de prise en compte, par exemple, de l'indice de masse corporelle pour définir le nombre de caloriés à absorber: c'est un calcul que l'Ayurveda ignore, car "l'apport énergétique" ne rend pas compte de "l'énergie" qualitative apportée par les aliments.
Cette différence est essentielle!
On considère cependant que la quantité correcte de nourriture par jour est donnée par nos deux mains : nous ne devrions pas manger plus que ce que peuvent contenir nos mains. C'est "notre bol alimentaire".