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lundi 5 avril 2010

Si le grain ne meurt

Si le grain ne meurt lorsqu'il tombe en terre, il reste seul. Cette belle phrase de l'Evangile selon Saint Jean nous livre le secret de ce qui est vivant. Et ce qui est vivant, bien plus vivant que le grain, c'est le trésor de vie qu'il recèle, que fera éclore en quelques jours l'apport conjoint de l'eau et de la lumière: le germe.
Avec l'arrivée du printemps, l'éclosion des premiers bourgeons, et tout ce potentiel de vie qui fait craquer la terre, nos besoins alimentaires suivent cette impulsion. Nous avons envie de vert, nous avons envie de fraîcheur, de légèreté, et nous n'avons plus d'appétit que pour ce qui est gorgé de vie. Les graines germées, obtenues par la germination de divers catégories de graines (pousses, légumineuses, céréales), nous offrent bien au delà de nos besoins nutritionnels car elles optimisent et décuplent les vertus des graines souches.

Les graines germées appartiennent, en nutrition, à la catégorie dite des "super aliments", ou plus simplement, à une catégorie d'aliment aux propriétés et vertus multiples, à la fois régénérantes, et détoxifiantes, combinés à une digestibilité et potentiel d'assimilation plus important. Elles sont plus concentrées en nutriments que d'autres aliments, ainsi que des graines dont elles sont issues: en réalité, elles en démultiplient les propriétés et vertus. Elles sont particulièrement recommandées afin de suppléer à nos déficits en minéraux, vitamines, oligo éléments, ainsi qu'en chlorophylle compte tenu de leur processus de photosynthèse lors de la germination, notamment lorsqu'elles se dotent de petites feuilles vert tendre (graines de tournesol) ou vert foncé (fenugrec). En réalité, la germination est une pré transformation de l'aliment, ou encore "une prédigestion": les amidons y sont transformés en sucres assimilables, les protéines en acides aminés, les lipides en acides gras, les minéraux en molécules plus facilement assimilables.



Les différents graines germées

1. Les céréales: blé, épeautre, petit épeautre, sarasin, orge, avoine, millet (trempage de 12 à 15h)

2. Les légumineuses: mungbeans ou soja vert, azuchis, pois chiches, lentilles (12 à 24h)

3. Les oléagnieux: tournesol, graines de courge, de lin, sésame (4 à 6h)

4. Les plantes ou pousses: cresson, fenugrec, amaranthe, quinoa, moutarde, radis, luzerne ou alfalfa pour les plus courantes (presque autant que de végétaux!)
durée de germination variable


La germination mode d'emploi

Si vous n'êtes pas équipé: vous pouvez laisser tremper vos graines dans de l'eau pendant plusieurs heures, puis les égoutter dans une passoire, que vous placerez dans un lieu lumineux, et que vous arroserez toutes les deux heures.
Le plus pratique: se doter d'un germoir à plusieurs étages, de moyen ou grand format, qui prévoit avec ses interstices, des espaces permettant la croissance des végétaux.
Le plus astucieux pour les pressés, les bougeons, les voyageurs: le germoir bocal, qui vous conservera où que vous alliez, votre ration "vitale"
Une fois germées, o,n procède à un délicat rinçage, puis l'on peut consommer, si les germes sont courts, ceux-ci avec la graine. S'ils sont longs (de 3 à 5 cm), les séparer de préférence de la graine.


Les graines germées peuvent se consommer à tous les repas, et même au petit déjeuner, notamment les graines de tournesol (excellentes pour favoriser le fonctionnement de la vésicule biliaire), ou encore de fenugrec (extrêmement reminéralisantes). Elles s'associent particulièrement bien aux crudités, aux salades, mais aussi aux légumes cuits, aux fruits, comme à certaines protéines animales, notamment les poissons. Elle peuvent s'utiliser telles quelles, ou encore passées légèrement à la vapeur.


Graine d'idée

Pour le printemps, utilisez au maximum les graines de pousses liées à la saison comme le cresson, le radis, le fenugrec, la luzerne. Pour les céréales, favorisez les pousses d'orge, céréale légère, très riche en mucilages (que vous pouvez compléter par l'utilisation du jus d'orge vert, comme boisson détoxifiante et reconstituante).


Enfin, l'arrivée dans les rayons d'une gamme de pains "Essene", c'est-à-dire fabriqués selon la tradition du peuple Essénien, dont le procédé consiste à utiliser les céréales germées pour en faire des pains qui ne seront pas cuits au four, mais au soleil, afin d'en préserver toute la vitalité. Pour ceux qui ne les ont pas encore découvert, ils seront surpris par la saveur exquise de ces pains dont certains associent céréales, fruits, voire légumineuses, afin de vous proposer un "aliment-repas" aussi délicieux qu'énergétique, digeste et sain.




vendredi 19 février 2010

Le jeûne, une pratique de santé?


Tandis que nous entrons dans la période qui précède l'équinoxe de printemps -période d'intense renouveau!-, et, traditionnellement, dans ce que l'on appelle "le Carême", le moment semble choisi pour aborder une pratique qui existe dans toutes les civilisations, qui est recommandée de préférence aux inter-saisons, et qui s'avérerait souverain là où bien des remèdes échouent...


Qu'est-ce que le jeûne?

C'est tout simplement la privation courte, ou prolongée de nourriture. Sachez-le, nous jeûnons quotidiennement, entre deux repas, et notamment la nuit. C'est la raison pour laquelle, le matin, nous sommes à jeûn, et que nous "petit-dé-jeûnons" (en anglais, breakfast veut dire littéralement "casser le jeûne"), c'est-à-dire que nous rompons la privation de nourriture en apportant au corps une quantité (modérée) d'aliments. Ainsi, le fait de jeûner est souvent synonyme de mettre l'organisme au repos. C'est le cas lorsque nous sommes malades, où, dans certains cas, notamment d'indigestion, ou de maladies fébriles, nous ressentons le besoin inhabituel de "ne pas manger". Or, ce réflexe organique présent dans certaines affections nous donne à réfléchir quant aux vertus du jeûne dans le rétablissement de notre équilibre...


Ascétisme et renouveau

Les philosophies orientales prônent l'usage régulier du jeûne, considéré comme l'une des voies royales pour parvenir à clarté mentale. Bon nombre d'entre nous s'interrogent, car nous sommes constamment obsédés par la nourriture, et plus encore par l'idée d'en manquer. Or, c'est bien le manque qui crée ici la possibilité d'une plénitude: car le manque recrée un espace, dont l'esprit a besoin pour trouver son équilibre et pour croître.
En Inde, plus qu'ailleurs, l'absorption ou la privation d'une certaine catégorie de nourriture (la viande, par exemple), est fonction des coutumes religieuses. Il existe dans le calendrier hindou un très grand nombre de jours de jeûnes, dont le jeudi de chaque semaine: la plupart sont liés à des fêtes religieuses. Il consiste soit dans une privation totale de nourriture, soit dans une absorption exclusive de certains aliments (fruits, par exemple), ou une restriction d'autres.
Le jeûne a dans ce cas souvent une fonction de purification, et de protection face aux adversités de la vie, comme de la maladie. S'agit-il simplement d'une affaire de croyance?
Notre tradition judéo-chrétienne nous apporte ici quelques lumières. Dans le Judaïsme, la plupart des jours de jeûne sont associés à des deuils, et donc à l'idée de se dépouiller de ce qui est "ancien". Dans le christianisme, il est associé à la période de quarante jours où Jésus resta au désert, et qui coïncidèrent avec le début de sa vie "publique". Soit à un moment de préparation, d'acquisition des forces nécessaires au passage vers la maturité, ainsi que d'une capacité de résistance face "aux tentations".
Nous envisageons alors un aspect essentiel du jeûne: celui de l'équilibre subtil entre le corps et l'esprit. A savoir que notre résistance physique ne se repose pas uniquement sur les apports extérieurs... Mais alors, comment le jeûne contribue-t-il à notre santé?


Le jeûne en questions

1. Comment le jeûne peut-il contribuer à notre équilibre?

Prenons un exemple précis: lorsque nous avons une fièvre élevée, bien souvent, nous perdons l'appétit, et nous jeûnons, partiellement ou totalement, pendant 24 à 48h. Or la nourriture, par les calories, comme la digestion, par son action sur la circulation, augmente la chaleur de l'organisme. En ne mangeant pas, ou des aliments très légers, et diurétiques, la fièvre tombe parfois d'elle-même... Il en est de même pour de nombreuses conditions d'excès de l'organisme.

2. Le jeûne est-il fait pour tout le monde?

Non. Privez un nourrisson de nourriture pendant plus d'une journée, et il se retrouve en très grand danger de succomber. De même, dans certaines affections, comme le diabète, de maladies débilitantes (où l'organisme est très affaibli) et chroniques. D'autre part, le jeûne mobilisant nos réserves, les individus de complexion mince, ou présentant des déficiences tissulaires, pourront se sentir beaucoup plus affaiblies que des personnes bien portantes, et voir notamment leur immunité chuter, leur nervosité augmenter, et certaines fonctions hormonales ou endocriniennes affectées. Enfin, le jeûne a une incidence notoire sur le rythme cardiaque.

3. Que penser du développement des cures de jeûne?

Depuis quelques années, l'on assiste au développement de cures de jeûnes organisées pour des groupes de personnes de conditions, d'âge, et d'horizons diverses. Une remarque de bon sens: nous sommes chacun unique, et contrairement à ce qui est répandu, il n'y a pas d'alimentation standard. Notre âge, notre morphologie, le fait que nous soyons homme ou femme, notre activité physique, intellectuelle, le climat sous lequel nous vivons, sont autant de facteurs qui modifient notre rapport à l'alimentation. Il n'y a pas, par conséquent, pas de jeûne standard, mais plus sûrement une écoute attentive de nos besoins, dans les apports, comme dans la restriction.


Une alternative: diète et monodiète

En dehors des motivations religieuses, ou encore politiques ("grève de la faim"), qui veut améliorer sa santé, retrouver un esprit sain dans un corps sain, comme le disait un humaniste célèbre, doit juste mesure garder en toute chose. Ainsi, la modération, ou "continence" est souvent préférable à la privation.
En Inde, les jours de jeûne sont en réalité bien souvent des jours de monodiète, où l'on consomme exclusivement des fruits. Sur ce sujet, Gandhi a écrit sur sa propre pratique du jeûne des chapitres entiers, et nous permet, à travers cet exemple contemporain, d'en comprendre les bienfaits, comme les écueils.

Si nous sommes un tant soit peu à l'écoute de notre organisme, nous prenons conscience que notre appétit, ou notre envie de consommer tel ou tel type d'aliments varie suivant les moments de la journée, ou de l'année. C'est tout particulièrement vrai aux saisons de transition que sont l'automne, et plus encore, le printemps. La période du Carême, dans nos calendriers, nous indique le moment privilégié où il nous faut cesser d'accumuler des réserves pour combattre le froid, et de commencer à modifier nos habitudes alimentaires, à changer autant que nous le pouvons ce qui est "lourd", "gras", en "léger", et "sec".
Une restriction partielle de certains aliments, peut s'avérer bénéfique, notamment si nous en ressentons spontanément le besoin. On parlera alors de "diète", plutôt que de jeûne. Qui est une alternative adaptable à chacun selon sa condition, et ses besoins spécifiques. Car nous ne sommes pas égaux devant notre capacité à restreindre notre alimentation, ou à nous en priver: pour certains d'entre nous, cela peut s'avérer dangereux, ou encore causer des dommages irréversibles. De façon générale, l'un des soucis majeurs pour l'équilibre concerne l'équilibre acido basique: la libération d'acidité (lié à l'acide chloridrique, ou bile, qui remplit la vésicule entre deux repas, et est liée à la sensation de faim) étant dans tous les cas dommageable à l'équilibre des fonctions de l'organisme, comme à celui des tissus.

Quoiqu'il en soit, et quelle que soit notre disposition personnelle avec l'arrivée du printemps, veillons simplement à sentir intuitivement quelle serait la meilleure façon pour nous de préparer au renouveau de la nature. Et changer nos habitudes un tant soit peu, c'est aussi cela "jeûner"!

mardi 8 décembre 2009

L'hiver, pour notre plus grand plaisir...


A mesure que l'hiver approche, tout dans la nature nous invite pourtant à ralentir. Le manteau de la nuit enserre plus longuement nos jours, comme une invitation à plonger sans modération dans un sommeil réparateur. La bise cinglante nous fait fermer à double tour la porte de nos chaumières, nous pelotonner près d’un bon feu, y faire mijoter ses petits plats préférés à partager sans modération avec ceux que l’on aime


L’envers de l’hiver

L’hiver est la saison de l’année où nous pouvons enfin reconstituer notre énergie de fonds. Car si nous sommes à l'écoute de la nature: tout dans la nature nous invite à ralentir... Le manteau de la nuit enserre plus longuement nos jours, comme une invitation à plonger sans modération dans un sommeil réparateur. La bise cinglante nous fait fermer à double tour la porte de nos chaumières, nous pelotonner près d’un bon feu, y faire mijoter ses petits plats préférés à partager sans modération avec ceux que l’on aime.

L’hiver est dominé par le froid. Il correspond à l’élément eau, liée au gel et à l’humidité, secondairement à la terre et à l’air. Il peut être alternativement sec, venteux, comme humide et pluvieux. Il possède donc les qualités des Doshas Kapha et Vata. Ce qui signifie que nous allons nous tourner vers ce qui est chaud (Ushna) & lourd (Guru).Car sous l’effet du froid extérieur, la chaleur va se concentrer à l’intérieur du corps, et regagner son « foyer » : le système digestif. De lui dépendent les fonctions les plus importantes de notre organisme : notre métabolisme, dont la circulation, et la bonne évacuation des déchets, ainsi que la formation de nos tissus, nous procurant stabilité et résistance, notamment face aux maladies. Son équilibre constitue pour notre santé. On profite donc qu’il soit plus concentré pour le renforcer...


Pour ne jamais manquer de fuel

Sans une nourriture consistante, le processus digestif ne peut se faire correctement. En hiver, si le corps ne reçoit pas l’énergie, ou le combustible nécessaire, il va attaquer ses propres réserves. Il est conseillé de consommer des aliments de saveur principalement douce, et légèrement salée et piquante, ainsi que modérément acide pour stimuler la digestion. Les catégories d’aliments essentielles sont celles qui vont assurer la construction des tissus, notamment les muscles (Mamsa), la graisse Meda), les os (Ashti), la moelle (Majja), les tissus reproducteurs (Shukra) et l’immunité (Ojas). Ce sont les sources de protéines et lipides, végétale, et animale (ou la combinaison des deux) qu’il s’agisse des légumineuses, des produits laitiers, viande, poisson. Les céréales sont l’autre catégorie à privilégier. Grâce à leur saveur douce, que l’on dit composée des éléments eau et terre, elles participent à la construction des tissus. Les légumes, seront choisis parmi les plus nourrissants, et consommés cuits (éviter au maximum les crudités, à l'exception des radis, qui sont légèrement piquants, et stimulent la digestion). L’hiver n’est naturellement pas la saison des fruits, qui sont considérés comme trop rafraîchissants. On préférera les fruits secs, car ils concentrent les propriétés du soleil comme les dattes, les abricots bruns, les figues, les bananes séchées. Les textes recommandent des jus onctueux, acides, salés, ce qui tombe à propos, car c’est la saison où les agrumes arrivent sur les étalages : oranges, mandarines, clémentines, kumquats, sans oublier les citrons qui augmentent le métabolisme, favorisent la digestion des lipides, et nettoient l’organisme. N’oublions pas les épices qui réchauffent notre cuisine et nos estomacs de leurs saveurs légèrement piquante. Notamment : gingembre, cumin, le clou de girofle, poivre noir, poivre long, macis, cannelle, muscade, cardamome.

De la nécessité d’hiberner
Pour reconstruire notre énergie de fonds, il y a certes le bien manger, mais il y a aussi et surtout le bien dormir. La brièveté des jours et la longueur des nuits invitent naturellement à considérer l’importance du sommeil. On se lève moins tôt que d’ordinaire, on s’octroie occasionnellement une « grasse matinée », et il n’y a rien à redire à cela. En revanche, durant la journée, l’on recommande d’avoir un exercice physique plutôt important, afin de garder le corps et l’esprit alertes.

Et si l’on se coucoune autant, ce n’est pas pour attraper froid une fois mis le nez dehors. Réflexe obligatoire, pour les petits, comme pour les grands : on se couvre ! On choisit des vêtements chauds, confortables, en soie, en laine, pour emmitoufler les oreilles, la gorge, les mains, sans oublier les pieds, à partir desquels se fait la régulation thermique de l’organisme. Et tandis que se préparent les fêtes de fin d'année, et que nous sommes invités à plus d’intimité avec nous-mêmes, la sagesse populaire recommande de partager chaleur, affection et tendresse avec ceux que l’on aime, puis de méditer chaque jour l’adage « cold feet warm heart » jusqu’à éclosion des premiers bourgeons!

mardi 20 octobre 2009

Prévention de la grippe selon l'Ayurveda

Ce post*, inspiré par l'actualité, et les enjeux sanitaires, fait suite à un article demandé par le site Compare Diet, regroupant les différentes diététiques (dont je vous recommande chaleureusement la lecture! ). Voici ce que nous rapportent les textes ayurvédiques au sujet de ce que nous appelons aujourd'hui communément "la grippe"...

L’on considère que c’est suite à l’apparition d’épidémies, et afin de savoir comment prévenir et soigner les populations qui vivaient sur les contreforts de l’Himalaya il y a de cela 5000 ans, que se serait développé l’Ayurveda. L’apparition des fièvres endémiques résulterait d’une altération de l’ordre naturel, affectant les propriétés des éléments de notre environnement direct, que sont la terre, l’eau, et l’air.

Ce que nous appelons "grippe" ou "virus grippal", est classifié parmi les affections endémiques, et catégorisé comme fièvres La fièvre - en sanskrit Jwara - survient lorsque les éléments de base que sont l’air, l’eau et la terre, liés respectivement aux Doshas Vata et Kapha, sont altérés. La grippe est appelée Vata Kapha Jwara, ou fièvre liée au vent et au phlegme, qui ont pour attribut commun le froid. Afin de contrer ce froid, on utilisera prioritairement ce qui est chaud. Ce qui est de nature à aggraver Vata, comme l’exposition au froid, au vent (courants d’air), et/ou Kapha, tels les aliments (lourds, gras, collants) formant des mucosités vont contribuer à développer un terrain favorable au virus, et à son incubation. L’alimentation tient un rôle essentiel dans la prévention, comme dans la rémission, car le système digestif – particulièrement l’estomac - est le foyer à partir duquel se développe l’affection. Elle peut avoir un impact direct sur l’augmentation des symptômes, selon si elle aggrave la condition de toxicité, ou d’excès des Doshas, ou au contraire, contribuer à enrayer le processus morbide.

De manière préventive, l’on conseille de :

  • Suivre un régime adapté à sa constitution et en rapport avec les saisons. Si ces affections apparaissent aux saisons où le froid ou l’humidité dominent, privilégier les saveurs de nature plutôt sèche comme l’amer ou l’astringent (légumes verts), chaude comme le piquant (épices douces), et équilibrante comme le doux (sous la forme de céréales, ou de légumineuses, facilement assimilables par l’organisme).
  • Eviter les aliments qui ont tendance à perturber ou à étouffer le feu digestif (Agni), en provocant des mucosités : les produits laitiers les plus lourds (crème, fromages salés, à pâte cuite ou molle), la viande (viandes grasses, viande de porc, charcuterie), les aliments de nature collante (certaines variétés de riz, bananes) ...
  • Eviter les aliments ou association d’aliments favorisant l’apparition de toxines dans le système digestif. Par exemple la plupart des produits laitiers, comme le lait, certains fromages, ainsi que le yaourt, ne doivent pas être associés avec les aliments acides comme la tomate, et la plupart des fruits (bien que cette habitude, relayée par l’industrie agro alimentaire, en ait fait un incontournable de notre alimentation actuelle !), le poisson, les crustacés ou la viande, car leurs propriétés sont incompatibles et l’organisme ne peut les digérer ou les digère partiellement : perdure un résidu qui stagne dans le système digestif, que l’on appelle Ama, et qui procure un terrain particulièrement favorable à la maladie.
  • Eviter ou réduire la plupart des aliments qui augmentent l’eau ou le Dosha Kapha, comme les aliments et boissons de nature rafraichissante. Car l’association de l’eau et du froid engendre une stagnation : une eau stagnante est un nid fertile et le point de départ des affections virales et des fièvres (par exemple la malaria) de tous ordres. Et au contraire, de privilégier les boissons chaudes, et tout particulièrement l’eau bouillie, qui va agir sur les trois Doshas s’accumulant dans l’organisme, en augmentant le mouvement d’élimination, en stimulant le feu digestif, et en d’asséchant le mucus. On peut y ajouter un peu de gingembre, de poivre long (Piper longum ou Pippali) ou noir, pour leur action stimulante sur le feu digestif, et fébrifuge.

    La consommation d’aromates tonifiant la digestion et fortifiant l’immunité, comme le gingembre frais ou sec, le Basilic Saint (basilic tropical appelé Tulasi) seront des aides précieuses. On conseille, en période d’épidémie, ou lorsque la fièvre s’installe, de consommer régulièrement des infusions à base de basilic, clous de girofle et gingembre.

    Si la grippe fait son apparition (se manifestant généralement par des courbatures, de la fièvre, puis de la toux), selon l’Ayurveda, il est conseillé :

  • De boire régulièrement de l’eau chaude avec les aromates cités plus haut
  • Un jeûne complet ou partiel, à base de soupes de légumes verts, ou encore de haricots mungos. Le riz est également considéré comme un aliment équilibrant (à réintégrer lorsque l’appétit revient, ou lors de la convalescence). En revanche, les produits laitiers et aliments gras sont proscrits. Tout ce qui ne va pas diminuer la fièvre et l’infection est considéré comme de nature à nourrir le processus morbide. Le ghee (beurre clarifié) est le seul produit laitier et gras autorisé, voire même conseillé, car il équilibre la fonction digestive, et la chaleur dans le corps.
Ce qu’il faut retenir, c’est qu’un organisme en ordre avec les rythmes biologiques, diurnes, nocturnes, comme avec la marche des saisons, sera moins susceptible d’être affecté par tout désordre ou attaque extérieure (ou facteurs exogènes de la maladie). Selon l’un des textes les plus importants (Susruta Samhita), on considère que les personnes les moins susceptibles de succomber aux maladies endémiques, sont celles qui ont eu raison du phlegme au printemps, vaincu la bile à l’automne, et maîtrisé le vent à la saison des pluies et en hiver.


Consulter les autres articles sur la prévention de la grippe sur le site Compare Diet.

* Le présent document a été réalisé à partir des textes de référence de l’Ayurveda, dont la Charaka Samhita et Susruta Samhita. Il est un support informatif, pédagogique et culturel, permettant une meilleure connaissance de cette tradition. Il ne peut en aucun cas être considéré comme un document à visée médicale, ou se substituer à l’avis d’un spécialiste.
Credit photo flickr na.presseportal

lundi 19 octobre 2009

Couleurs et saveurs d'automne


D
ans les régions tempérées, ou froides du globe, l'automne est la saison où la nature change de couleur et s'empourpre.
Et tandis que l'hémisphère nord s'éloigne de plus en plus du soleil sur l'orbite terrestre, l'hiver se prépare, l'air, bien que léger, le ciel, bien qu'encore lumineux, l'atmosphère, bien que douce et agréable, se rafraîchissent, et avec lui, se modifient les besoins de notre organisme.


Avec l'équinoxe d'automne, l'on entre dans une partie de l'année appelée "Dakshinayana", qui durera jusqu'à l'équinoxe de printemps, où l'énergie "lunaire", liée au froid et à l'humidité, est plus présente, et plus puissante. C'est une période particulièrement propice pour renforcer les forces physiques de l'organisme par une nourriture et un exercice appropriés.

A l'automne, le corps accumule ce qu'il peut encore mettre en réserve de chaleur. Ainsi, l'automne est l'une des saisons où Pitta, la bile, est le plus aggravé. Pour cette raison, les aliments qui équilibrent ou pacifient Pitta sont particulièrement indiqués.
Les saveurs qui équilibrent ce dosha sont le doux, l'amer et l'astringent. L'automne est, comme l'autre inter-saison, le printemps, une saison de "purification", où l'on recherchera les aliments plutôt légers, secs, et de nature rafraîchissante.

Parmi les catégories d'aliments, privilégier:

1. Les légumineuses qui vont soutenir l'énergie de fonds grâce à leur teneur en minéraux et en protéines, notamment les lentilles corail, les pois cassés, l'ensemble des haricots dont le soja, les azuchis, ainsi que les lentilles noires (en Inde, la variété appelée Urad Dhal).

2. Les légumes verts, feuillus, comme les plus charnus, riches en fer, notamment les aubergines, ainsi que l'ensemble des cucurbitacées: courges, courgettes, potirons, potimarrons, légumes d'automne par excellence, choux, choux fleurs, nourrissants, et riches en calcium.

3. Les céréales légères et digestes comme l'orge, le riz, sèches et chaudes comme le mais, le sarasin, plus nourrissantes comme le froment.

4. Les fruits, dont ceux qui mûrissent à la toute fin de l'été comme les raisins (excellents pour nettoyer, tonifier le sang et reconstituer le tissu nourricier, ou plasma), les grenades (extrêmement riches et fer et utilisées en Ayurveda pour équilibrer l'ensemble des troubles liés à Pitta), les figues (fraîches ou sèches), les dattes (idem), les pommes et les coings, qui utilisés ensemble sous forme de compote ont d'excellentes vertus sur le système digestif pour ceux qui souffrent d'indigestion et/ ou de malabsorption.

5. Les produits laitiers, en quantité modérée, notamment les plus légers et astringents, comme ceux à base de chèvre, de brebis, ou encore le babeurre, qui vont avoir un effet tonique sur l'organisme, soutenir ses tissus sans alourdir la digestion, et renforcer son immunité. On modère sa consommation de yahourts (acides). Le ghee remplacera aussi souvent que possible les huiles végétales (voir ci dessous).

6. Limiter ou modérer la consommation de noix, amandes, noisettes. Les graines de tournesol sont en revanche conseillées, car elles sont excellentes pour drainer la vésicule biliaire. Les huiles les plus lourdes, comme l'arachide, noix, sésame, sont à éviter: on les utilisera plus volontiers avec l'arrivée du froid hivernal. Le ghee, ainsi que les huiles de tournesol ou d'olive sont connues pour équilibrer Pitta, et sont donc recommandées.

7. Les viandes constituent une catégorie à part, puisque suivant les régions, les besoins en protéines animales varient. La Charaka, à son chapitre sur l'alimentation en automne, recommande: le mouton, l'agneau, le lapin, ainsi que le pigeon. On évite en revanche le poisson, ou toute créature vivant dans l'eau, les étangs ou à proximité des zones marécageuses...

La base de l'alimentation sera constitué par l'association entre légumineuses et légumes, sous forme de "dhal" (purée de haricots ou lentilles), associés aux légumes, et accompagnés de galettes sans levure (pain plats ou chapatis). Les fruits seront de préférence consommés cuits. Sauf les raisins, qui seront excellents à consommer avant les repas, ou entre, avec une petite pointe de gingembre frais râpé. Les fruits secs seront de préférence consommés le matin, ou en collation. Les épices douces comme la cardamome, la cannelle, le clou de girofle, le gingembre frais ou sec, le cumin, le carvi, l'anis, ainsi que les aromates comme le basilic ou le laurier entreront dans la préparation des plats. A mesure que l'on entre dans l'hiver, on privilégiera une alimentation cuite, chaude, et un peu plus consistante.


jeudi 17 septembre 2009

Un automne radieux


L'été s'achève, et bien que la lumière et la chaleur nous accompagnent, l’air se fait plus léger, mais plus frais, à mesure que les jours décroissent. Comment aborder l’automne qui s’annonce sous un jour radieux ? Voici quelques conseils de base inspirés de l'Ayurveda afin de profiter au mieux de cette saison qu’il appartient à chacun d’entre nous de rendre aussi bénéfique qu’agréable...



D'un air subtil...

Le soleil darde avec moins d’intensité ses rayons. Le règne de l’élément feu laisse place à un air léger, sec, subtil. Le début de l'automne (avant l'équinoxe), où les températures sont encore douces, est aussi le dernier moment pour le corps pour emmagasiner de la chaleur avant l'hiver. Si notre énergie est équilibrée, c'est une saison où notre équilibre peut connaître une véritable "apogée", car l'on a besoin de moins d'apports, et que le l'organisme reçoit de la nature une énergie raffinée et de qualité. On appelle aussi l'automne la saison de "la décantation", où les choses sont parvenues à maturité., et où l'on peut se réjouir des richesses produites par les récoltes.

L'élément air, lié au Dosha Vata, devient plus présent. Ses attributs sont la légèreté, la sécheresse, le froid, la rugosité. Dans le corps,Vata est responsable du mouvement, lié à la partie inférieure , aux membres, au colon, aux systèmes osseux et nerveux. A l’automne, les troubles chroniques liés à ces différents systèmes ont tendance à ressurgir. Les troubles les plus fréquents sont : constipation, anxiété, insomnie, chutes de cheveux, affections de type rhino pharyngite. Tout ce qui a tendance à assécher le corps va entraîner, à ce moment particulier de l’année, un déséquilibre.
L'organisme a alors besoin de renforcer son immunité, en prévision du froid et de l'humidité hivernales.

Pour cette raison, l'attention portée à notre hygiène de vie, et notamment aux rythmes biologiques est très importante. S'il est bien un moment où nous éviter les excès, les irrégularités dans nos habitudes, comme l'exposition constante aux nuisances de tous types, c'est bien celui-là.

Voici quelques petits conseils pour savourer votre rentrée...

Le soleil apparaît toujours aux aurores, mais un peu moins tôt qu’en été. Il est donc d’autant plus facile, pour ceux qui se lèvent tôt, de profiter du calme de l’aube et de commencer la journée sous un jour radieux. Prenez une boisson chaude afin d’apporter à votre organisme l’hydratation & la chaleur dont il a besoin pour se réveiller confortablement. Faîtes quelques étirements doux, ou pratiquer lentement Surya Namaskar (salutation au soleil). Donnez–vous une application généreuse d’huile de sésame suivie d’une douche ou d’un bain. Habillez-vous de couleurs vives, lumineuses, dans des matières naturelles. Aérez-vous, en choisissant une activité calme, ressourçante, comme certains arts martiaux (Tai Chi, Qi Qong), le Yoga, des danses qui favorisent la concentration et l’expression.
Prenez des repas réguliers, consistants, sans être lourds, dans la convivialité !
Ralentissez progressivement votre activité en fin d’après midi, en évitant, de vous exposer outre mesure au bruit & aux ondes (portables, radio, télévision, ordinateur…) Evitez les excitants, notamment en fin de journée. Mangez le soir un peu avant le coucher du soleil. Parfumez votre intérieur avec des huiles essentielles ou des encens aromatiques et boisés : santal, cannelle, patchouli, cèdre, pin, eucalyptus. Préparez-vous une tasse de lait chaud avec un peu de muscade, prenez un bon bouquin, profitez d’une soirée au calme sur votre canapé. Et restez sereins car demain, le soleil se lèvera, quoiqu’il arrive, un peu moins tôt...


Découvrez aussi les conseils de santé selon la médecine tibétaine pour l'automne sur le site d'Aparna: Belle saison, belle santé dans l'Himalaya

mercredi 2 septembre 2009

A vos marques....!

Ce post pour vous souhaiter à toutes et à tous une très belle rentrée!

Après un mois d'août qui nous a réchauffé au delà de l'imaginable, voici que s'annonce l'automne, et avec lui, un changement de rythme, de climat, de luminosité, phénomènes naturels qui ont une influence notoire sur notre équilibre et notre humeur.
Je vous propose donc, ce mois de septembre, d'aborder ensemble quelques aspects liés à cette saison, mais plus encore, à nos rythmes biologiques, comme au rapport que nous entretenons avec notre équilibre en général. Car, s'il est bien un moment de l'année où l'on ressent la corrélation entre notre état psychique et organique (c'est à dire, entre notre "moral" et notre état général), c'est celui-ci.

Voici en attendant une petite note concernant le programme des activités de Padmagati dès ce mois de septembre:

- reprise des bilans individuels au centre Uma, rue Choron Paris 9ème: rendez-vous les 8 et 9 septembre, puis la troisième semaine d'octobre

- pour celles qui habitent Paris et qui participeront à la course La Parisienne, vous pourrez me retrouver aux Jardins du Trocadéro, sur le village, pour un coaching individuel et deux ateliers sur les rythmes et cycles au féminins, ainsi que l'exercice physique adapté aux femmes, cliquer ici.

- reprise des ateliers de massage ayurvédique les samedis de 17h30 à 19h

- stage Le Souffle à sa source, en binôme avec Pascale Scarabin, le dimanche 27 septembre
( programme, lieu, horaires sont les mêmes que ceux de notre stage de juillet cliquer ici)

mercredi 1 juillet 2009

Bouquet de fraîcheur

Les herbes fraîchement coupées, quoi de mieux pour égayer nos assiettes de quelques notes chlorophylées, composer des boissons désaltérantes à siroter à l'heure de la sieste, ou encore des tisanes rasserrénantes en contemplant un tardif coucher de soleil, au moment si agréable où le farniente faiblit...
Voici un bouquet de choix pour aider notre organisme à réguler sa température tout au long de la journée....


Commencer sa journée... sans café


Préférer le thé vert au thé noir, non seulement parce que sa teneur en théine est plus faible (ce qui permet de ne pas surexciter notre système nerveux, plus prompt à l'être en été), mais parce qu'il n'augmente pas autant la température corporelle.
Celui-ci peut être agrémenté, au choix, de fleurs blanches: la combinaison thé vert jasmin reste
un classique. Les fleurs de rose, qui se marient très bien au thé noir (voire le mélange proposé par Vélan au Passage Brady), sont idéales sur une base de thé vert associées à la menthe nana.
Enfin, une infusion de menthe verte, ou menthe poivrée peut remplacer le thé du matin. Légère et rafraîchissante, elle ouvre les sens et renouvèle idéalement l'énergie, notamment pour les constitutions Pitta, ou Kapha. Pour les types Vata, un jus de citron avec de l'eau chaude et une petite pincée de gingembre râpé est plus adaptée.

Cuisiner aromatique

Les herbes aromatiques sont à mettre à l'honneur, et si possible dans tous les plats. Les aromates se combinent à presque toutes les saveurs et catégories d'aliments, notamment la menthe, qui peut passer du salé au sucré. Les herbes les plus rafraîchissantes sont la coriandre fraîche, la menthe, et l'aneth. Le basilic, bien qu'il ne soit pas rafraîchissant, permet une meilleure digestion, et de faciliter la digestion de certains plats, notamment des fromages (c'est toute la vertu du pesto!). Elles peuvent servir à réaliser des chutneys, des sauces, agrémenter les salades (comme le taboulé, qui ne serait pas lui-même sans son renfort de persil plat), ainsi que les légumes, les viandes, et même les laitages, notamment les yahourts.


Siroter l'heure de la sieste

On conseille en général, de boire plutôt chaud, ou tiède si l'on veut se désaltérer. Les boissons glacées ont pour effet d'inhiber le feu digestif (Agni). Il existe des petites décoctions très simples, à préparer avec de la citronnelle (lemongrass), de la menthe, de l'anis, ou encore des fleurs comme la rose ou l'hibiscus, qui, indépendamment ou associées, sont idéales pour rafraîchir l'organisme pendant les chaudes après-midi. Elles peuvent se préparer à l'avance , se déguster tièdes, ou fraîches.

Pour la préparation, en général:

Porter l'eau à ébullition. Dans l'eau frémissante, déposer les plantes (2 cc pour 30 cl d'eau) et les ébouillanter quelques secondes, puis laisser infuser de 5 minutes à plus pour les fleurs comme l'hibiscus, qui donnera son jus syrupeux après 10 bonnes minutes.
Sucrez de préférence avec du sucre intégral, plus riche en minéraux. Le miel est une substance considérée comme "chaude": à éviter pour les constitutions Pitta, ou si vous buvez par forte chaleur.


Tisane bonne nuit

Les plantes rafraîchissantes ET calmantes sont à privilégier: verveine, verveine des Indes (citronelle), mélisse pour les plus communes, mais aussi la lavande, ou encore la réglisse, qui se combine très bien à la saveur fraîche et désaltérante de l'anis.



Infusion pour équilibrer l'élément feu


Mélanger à parts égales: graines d'anis, coriandre, fenouil, pétales de rose, et réglisse (soit 1/4 cc de chaque pour 25 cl d'eau) ainsi qu'une branche de coriandre fraîche.

Porter l'eau à ébullition, et ajouter les ingrédients. Arrêter le feu et couvrez. Laissez infuser 5 minutes. Filtrer et sucrez suivant votre convenance.
Boisson conseillée pour les constitutions Pitta.



Mint Chai (Thé indien à la menthe)

1/2 cc de gingembre frais râpé
3 gousses de cardamome
2 clous de girofle
2 cc de menthe fraîche finement ciselée
3 à 4 cc de thé noir "roulé" (suivant l'intensité souhaitée)
40 cl d'eau
20 cl de lait

Dans l'eau frémissante, déposer le thé et les épices. Dans un autre récipient, faîtes bouillir le lait. Lorsqu'il est chaud, mélangez-le au thé et portez à nouveau à ébullition. Arrêtez le feu. Laissez infuser 5 minutes. Sucrez et dégustez, votre tasse agrémentée d'une feuille de menthe fraîche...



Mes coups de coeur

Les mélanges à base de thé vert:
Jardins de Mogador (menthe, rose), Le Temps des amours (fleurs blanches, délicat parfum de frangipane), Thé vert à l'amande (amer et rafraichissant), Fleurs de Geisha (à base de fleurs de cerisiers), Thé vert à la menthe Nana de chez Kousmine

Pour les inconditionnels du thé noir:
Villa Mauresque (menthe fraîche légèrement chocolatée), thé à la rose (à composer soi-même)

disponibles chez: Si le thé m'était conté, rue St Firmin Montpellier

Infusions ayurvédiques

Refresh Pitta (hibiscus, réglisse, rose et menthe poivrée), Detox, (anis, réglisse) Harmonise (rose, shatavari, vanille), Three Mint (menthe verte, aquatique et poivrée), Three berries (à base de fruits rouges) chez Pukka Herbs




Credit photo flickr, Daveleb, Missingsu, Anka, Amyabaker



jeudi 25 juin 2009

L'Hibiscus, nectar de paradis


LHibiscus, cette fleur au beau rouge incarnat, parure des femmes, offrande aux dieux, abreuve depuis des millénaires de son nectar subtil et rafraîchissant les populations des zones les plus chaudes du globe… Elle est issue d’une variété subtropicale dont il existe plusieurs dizaines de milliers de fleurs différentes. Deux d’entre elles sont utilisées pour leurs vertus, notamment par les premières civilisations qui peuplèrent l’Afrique, du Moyen Orient et de l’Asie du Sud Est. La première est la « Roselle » (Rosa sinensis), - une fleur au rouge incarnat et au pistil orangé -, et le «Bissap » (Hibiscus Sabdariffa) que l’on trouve principalement en Afrique de l’Ouest (Sénégal, Burkina Faso, Mali…) dont les fleurs sont plus étroites et ramassées.

La Roselle possède une saveur astringente et douce, avec un effet rafraichissant et adoucissant sur l’organisme. La seconde, également appelée « Oseille de Guinée » en raison de son acidité, a donné son nom à une boisson très usitée et populaire : le Bissap, une infusion de nature sirupeuse, à la couleur sanguine, consommée fraîche dans les pays du Sahel, que les musulmans appellent aussi « Karkadé », et dont l’utilisation remonterait à l’Egypte ancienne… Rafraichissant, l’hibiscus relaxe et apaise l’organisme (il est réputé pour faire baisser la tension ), tout en le ressourçant. Car ses pétales sont exceptionnellement riches en vitamine C, ainsi qu’en vitamine A, ce qui contribue au maintien de notre équilibre général, comme au tonus de notre organisme! Pour ces raisons, il soutiendrait la formation du sang, protègerait le système circulatoire, le cœur, en ayant une action particulièrement bénéfique sur l’hypertension. Il aurait une action nourrissante et protectrice de l’ensemble des tissus, notamment de la peau (grâce à ses antioxydants). Pour cette raison, l’hibiscus est aussi utilisé sous forme de cataplasmes pour les soins de la peau, notamment en Polynésie, où on l’utilise en cas d’irritations, démangeaisons, éruptions. En raison de sa forte concentration en mucilages, donnerait à la chevelure une souplesse exceptionnelle, et en accroîtrait la pousse.

Bissap

Dans la tradition ayurvédique, l’on considère que l’hibiscus est lié au fonctionnement de la partie inférieure du corps, et qu’il contribue à l’équilibre des systèmes urinaire et génital. Notamment chez les femmes. Dans cette perspective, elle est souvent associée à la rose, cette autre fleur symbole et alliée de la féminité ! L’hibiscus est utile en cas de règles difficiles, douloureuses, abondantes. Calmante, elle est conseillée pour tous types de crampes, de spasmes, qu’ils soient nerveux, musculaires, ou digestifs.


Gombos (ou Okras)

Enfin, n’oublions pas que l’hibiscus (variété aux pétales jaunes) porte de vertueux fruits ! Ils forment de petits légumes d’un vert intense, semblables à des poivrons miniatures au dessin octogonal, que l’on appelle Gombos, ou encore Okras (Asie du Sud) entrant dans la préparation de nombreux plats subtropicaux, et qui recèlent eux aussi de surprenantes vertus…




Infusion d’Hibiscus ou Bissap

Compter 20g d’Hibiscus pour 1 litre d’eau

Porter l’eau à ébullition. Ebouillanter les fleurs d’Hibiscus, et laisser infuser la préparation dans une théière durant au moins une heure. Vous pouvez ajouter, avec les fleurs, quelques feuilles de menthe et/ou des gousses de cardamome.
Filtrer le mélange. Sucrez à votre convenance avec du sucre complet, ou mieux, du sucre intégral (plus riche en minéraux !).




Article réalisé pour la Newsletter de la Parisienne, www.la-parisienne.net juillet 2009

credit photo flickr macropoulos, motleyprincess, flunflowers, bruno.

jeudi 11 juin 2009

Protégeons notre peau

L’arrivée de l’été correspond naturellement à un moment où l’on prend davantage soin de son « enveloppe corporelle ». Or notre enveloppe, c’est notre peau. La peau, recouvrant la quasi totalité de notre corps, est aussi son organe le plus vaste, doté d’une sensibilité extraordinaire, assurant notre protection face aux éléments, la régulation de la température corporelle et l’évacuation de certaines toxines par la transpiration.

De façon générale, on conseille de ne jamais s’exposer de manière directe à la chaleur et aux rayons du soleil aux heures les plus chaudes (entre 11 et 16h en plein été). L’idéal est de couvrir au maximum les parties du corps, en portant des vêtements amples, aux nuances claires (au soleil), dans des matières naturelles, comme le coton ou la soie, permettant à la peau de respirer : les couleurs sombres absorbent luminosité et chaleur, les matières synthétiques ou les vêtements serrés compriment, créent une surchauffe ainsi que des problèmes de circulation (auxquels les femmes sont davantage sensibles).


Protéger notre barrière cutanée


La peau requiert en été une attention toute particulière : plus exposée aux éléments, notamment à la chaleur et à la luminosité du soleil, elle ne réagit pas de la même façon suivant sa carnation. Le maintien d’une bonne température corporelle, comme du niveau d’hydratation sont essentiels. En été, l’élément feu domine, et le Dosha Pitta, auquel il correspond, a tendance à être aggravé. Or l'une des fonctions de Pitta, que l'on appelle Brajaka Pitta, gouverne l'équilibre de la peau: à la fois sa pigmentation, mais aussi l'ensemble de ses réactions.

Certains soins corporels, et notamment des applications d’huiles sont bénéfiques car elles permettent de maintenir cet équilibre fragile en mobilisant la barrière cutanée.
Les huiles bénéfiques pour Pitta possèdent des propriétés rafraîchissantes, ce sont : l’huile de noix de coco, de santal, de tournesol, ainsi que les huiles fabriquées à base de plantes comme le Shatavari (Asparagus Racemonus), le Brahmi (Bacopa Moniera), le Neem (Azadarichta Indica), ou encore l’Amalaki (Embellica officinalis).
Sous nos latitudes, les huiles à base de fleurs comme la rose musquée, le lys, ou encore l’amande douce (quoiqu’un peu lourde en été) peuvent être utilisées, notamment pour les parties sensibles ou exposées comme le visage ou les mains. L’huile d’olive est également bonne, car elle tonifie le tissu cutané, tout en renorçant la carnation (notamment les peaux mates).


Snehana


« Snehana » désigne le fait d’appliquer de l’huile. On peut le faire en donnant un massage du corps complet –cela s’appelle alors « Abhyanga » - ou en privilégiant certaines parties du corps.
On peut soit le recevoir, soit pratiquer un automassage, aussi souvent que l’on en ressent le besoin. En été, on préférera les premières heures du jour: juste avant la douche.

Un peu avant de prendre votre douche,
préparer environ 25 cl d’huile (la quantité peut varier suivant votre morphologie, et surtout, le niveau de sécheresse cutané !) à faire tiédir au bain marie.
Appliquer sur l'ensemble du corps en començant par les pieds.

Comme base, on peut mélanger moitié tournesol, moitié noix de coco (peaux claires) ou huile d’olive (pour les carnations brunes).



Pour les extrémités : pieds, nuque, épaules, utiliser des baumes frais camphrés ou mentholés.

Pour les pieds, vous pouvez également utiliser du beurre clarifié.

Pour la tête, utiliser une huile spécifique comme l’huile de noix de coco, de Brahmi, ou encore une huile traitante pour les cheveux à base de santal, neem, amalaki.



Udvartana, recette de gommage maison

En Inde, les populations ont longtemps gardé l’habitude de se laver à l’extérieur, des habitations: dans les cours, dans les lacs, ou les rivières. Dans certaines parties de l'Inde, notamment au Kerala et Tamil Nadu, on continue d’utiliser des poudres de plantes pour se laver (le savon a au contraire tendance à boucher les pores). Il existe un soin, en Ayurveda, appelé Udvartana, et qui se pratique soit à sec (lorsque la peau est grasse), ou après une application d'huile. Ce soin est en réalité un gommage qui va libérer les pores et permettre à la peau de respirer. On peut utiliser pour cela de la farine de pois chiche, ou des poudres de plantes. Voici une suggestion "maison" pour un gommage équilibrant "Pitta".

Dans une soucoupe, mélanger:

10 g de farine de pois chiche ou de riz
5 g de poudre de: rose, neem ou de pensée sauvage
1 g de curcuma
3 gouttes d’huile d’amande douce
10 à 15 cl de lait ou d’eau de rose

Appliquer sur tout le corps et pratiquer un gommage doux. Rincer à l’eau tiède.


Quelques suggestions de produits

Pour les huiles

- les huiles vierges premières pressions à froid désdorisées et bio sont idéales
- pour les huiles non "alimentaires": la marque
Melvita propose une gamme quasi exhaustive des huiles (dont celles citées) dont certaines sont disponibles en bio
- l'huile de noix de coco vierge est la moins facile à trouver: les qualités disponibles dans les épiceries sont assez médiocres. La marque
Pukka Herbs (voir lien) propose une bonne qualité d'huile bio.
- les huiles "médicinales", ou à base de plantes sont plus difficiles à se procurer:
Pukka Herbs propose une gamme comprenant une huile pour Pitta (à base de plantes rafraîchissantes), ou encore une huile à base de Brahmi
La marque
Herbamix a sorti une gamme d'huiles ayurvédiques traditionnelles et naturelles, ainsi qu'un baume ayurvédique qui correspond à ce que l'on peut trouver en Inde


Il existe aujourd'hui beaucoup d'huiles "ayurvédiques" à base d'huiles essentielles. Il faut savoir que l'Ayurveda ne les utilise traditionnelement pas. La plupart des huiles essentielles sont photosensibilisantes: il vaut mieux s'abstenir de toute application en été, notamment dans les heures qui précèdent une exposition au soleil.

Pour les poudres de plantes

- en herboristerie
- dans les magasins Indiens, porte de La Chapelle ou Passage Brady (10ème), où vous trouverez des poudres de la marque Hesh (Rose, Manjhista, Neem, Tonique de peau,) qui peuvent être utilisés pour la toilette


Prenez soin de vous!








credit photo flickr cc: grace, meredithfarmer's, grace, carollmitchell, nuagedenuit.





vendredi 5 juin 2009

Les fruits rouges, passionément

L’été est la saison de l’année où mûrissent la plupart des variétés de fruits, dont la catégorie des fruits rouges, qui connaissent deux moment de prédilection : la fin du printemps avec les premières fraises, cerises, puis groseilles, myrtilles, cassis, framboises, et l’approche de l’automne avec les mûres. Les fruits rouges sont une catégorie de fruits particulièrement bénéfiques pour notre santé. Leur jus, par sa couleur, allant du rouge vif au violacé, ou à sa texture, n’est pas sans rappeler le sang qui irrigue nos veines ! Comme l’ensemble des fruits, les fruits rouges nourrissent le plasma (tissu nourricier assurant la formation des autres tissus), et sont particulièrement bons pour ce tissu appelé Rakta Dhatu (Rakta désignant le sang) qu’ils nettoient, renouvèlent et tonifient.

La plupart des fruits rouges sont doux, plus ou moins acides (notamment les groseilles) et astringents. Ils ont un effet rafraichissant sur l’organisme. Ils sont généralement bons pour les trois Doshas, et particulièrement équilibrants pour Pitta, dont l’équilibre est très lié à celui du sang. Les plus astringents et les moins doux (ou sucrés) sont parmi les fruits les plus indiqués pour Kapha. Voici pour vous quelques fiches. A votre santé!


LES FRAISES
Douces, un peu acides, astringentes, fraiches et douces

Les fraises sont le premier fruit annonciateur de l’été (bien que l’on en trouve aujourd’hui dès les tous premiers mois de l’année cultivées sous serre !). Riches en vitamines du groupe B, elles sont toniques et reconstituantes, particulièrement prisées par les femmes enceintes en carence de vitamine B12 (vitamine fragile et rare nécessaire à la formation du sang que l’on trouve aussi dans les abats). Poussant en surface de la terre, elles n’ont pas toujours eu bonne presse… Hildegarde les considère comme un « poison alimentaire », car elles poussent très près du sol et seraient nourries par « les humeurs viciées de la terre ». C’est un fait qu’elle ont tendance à provoquer des réactions cutanées, dont la plus caractéristique est l’urticaire. Elles ont tendance à aggraver Kapha, ainsi que Pitta, en excès.


LES CERISES
Douces, acides, fraîches et douces

Les cerises sont l’un des fruits rouges les plus nourrissants, et reconstituants, notamment les variétés les plus douces, comme les burlats. Suivant les variétés, ou, leur degré d’acidité peut varier. Les griottes sont par exemple plus astringentes et acides. Les cerises ont une action diurétique et purifiantes : elles nettoient et reconstituent le sang, tonifient le système circulatoire, ainsi que le coeur. Le jus de cerises noires aurait des propriétés médicinales puissantes. Les queues de cerises prises en décoction ou en infusion sont l’un des diurétiques les plus puissants.

LE CASSIS
Doux, légèrement astringent et acide, doux

Le cassis est l’un des fruits dont la substance rappelle, par sa texture, celle du sang. Ce n’est donc pas un hasard si cette délicieuse petite baie possède tant de vertus préventives (voire curatives) pour le système veineux.


LES GROSEILLES
Acides, astringentes, douces et acides

Les groseilles ont une saveur acide et astringente très caractéristique. Pour cette raison, on les consomme en moindre quantité que les autres fruits rouges, ou mélangées à du sucre, sous forme de confiture ou de gelée.


FRAMBOISES (ET MURES)
Douces, acides, fraiches et douces
Les framboises sont l’un des rares fruits que l’on trouve relativement abondamment en Europe à l’état sauvage, car elles ne sont rien d’autre que le fruit d’une ronce, tout comme les mûres, qui leur ressemblent beaucoup en aspect, mais dont la chair et plus dense (voire dure), plus foncée, et la saveur plus douce.Comme les autres fruits rouges, la framboise est un excellent dépuratif et régénérant du sang. Elles sont bonnes pour Vata et Pitta, et augmentent modérément Kapha


LES MYRTILLES
Douces, acides, astringentes, fraiches et douces

Les myrtilles sont le petit fruit d’un buisson de quelques centimètres de haut couvrant les sous bois de moyenne et haute montagne entre juillet et août. Rafraichissantes, douces et astringentes, elles sont bonnes pour Pitta. Il est intéressant de savoir que l’on a longtemps donné aux pilotes d’avion des myrtilles afin renforcer leur vue, car elles donneraient l’acuité d’un aigle… Or les yeux sont, selon la physiologie ayurvédique, l’organe des sens correspondant à Pitta, et son organe, le foie, responsable du filtrage du sang. Pour Pitta, elles sont excellentes sous forme de jus, et pour les autres Doshas, plutôt cuites, en raison de leur nature « rafraichissante ». Diurétiques, on les conseille afin de réduire la glycémie et réguler le diabète.


LES AIRELLES
Astringentes, douces, fraîches et douces.

Les airelles sont parmi les fruits les plus astringents consommés en Occident. Comme les autres fruits rouges, elles ont des propriétés bénéfiques pour le sang, sur la circulation, et plus particulièrement sur les fonctions d’élimination. Diurétiques, et recommandées en cas de cystites, et s’avèrent très bénéfiques pour les personnes sujettes aux mictions difficiles, aux infections comme aux inflammations de l’appareil urinaire. La variété d’airelle rouge appelée canneberge a même récemment fait son entrée dans les produits pharmaceutiques du fait de son action préventive dans les maladies de la prostate et de l'appareil urinaire. Les airelles seraient également favorables à la perte de poids, notamment s’il est dû à la rétention d’eau , et donc conseillées aux types Kapha.


L’un de mes professeurs en diététique ayurvédique m’avait conseillé de faire l’expérience d’associer certains fruits rouges, comme les cerises, ou les cassis, aux racines (de couleur rosée à rouge) nettoyant le sang comme le Manjistha (Rubia Cordifolia), Sariva (Hemidismus Indica) à la saveur douce, légèrement astringente et amère. Or il est vrai que leurs saveurs se combinent assez bien, procurant un mélange à la fois rafraichissant, très appréciable en été pour les constitutions Pitta ou les personnes présentant des déséquilibres de ce Dosha. Ma suggestion : les épices douces comme la cardamome, la cannelle, ou encore des fleurs comme la rose ou l’hibiscus s’associent idéalement aux fruits rouges dans les préparations culinaires, ou médicinales…

Mes coups de coeur:

- l'infusion Three Berries ou mélange de 3 baies rouges (culture bio) de chez Pukka
- le Fresh and Fruity, associant des fruits rouges comme myrtilles, framboises, airelles, grenade, mûres à d'autres plantes et aromates, chez TwinNings (disponible en Angleterre et chez Velan passage Brady, Paris 10ème)
- mélange Fontaine aux fruits Clafouti (à base de cerises) ou Nuit d'été, disponible dans la plupart des brûleries ou magasins de thé