lundi 14 décembre 2009

Le sel, la saveur de la mer donnée à la terre


Quel aliment possède une valeur aussi forte et universelle que le sel ? Il est depuis des milliers d’années un ingrédient indispensable de l’alimentation de l’ensemble des populations de la Terre. Le sel est ce qui donne et préserve la saveur de la vie. Depuis des temps immémoriaux, on en exploite la valeur : en témoignent les longues caravanes qui continuent de sillonner le Sahara, où les touaregs parcourent des milliers de km pour échanger mil et bétail contre de lourds blocs de sel au Mali. Seule denrée permettant la conservation des aliments, notamment des viandes ou du poisson, le sel revêt un caractère sacré, lié à la purification. Or, avec développement des maladies liées à l’hypertension, le sel souffre d’une réputation mitigée. Qu’en est-il réellement ? Afin que l’addition ne soit pas trop salée, l’âge avançant, voici quelques réflexions autour de cet ingrédient essentiel.

Le sel n’est ni un aliment, ni un aromate mais un minéral, composé tout simplement de Chlore et de Sodium, deux molécules indispensables au fonctionnement des cellules de notre organisme. Responsable de la rétention des liquides (hydratation) et des minéraux, il est absolument nécessaire à notre survie !

Il n’existe pas une mais deux variétés de sel, qui diffèrent dans leurs propriétés : ce sont le sel marin, et le sel gemme. Tous deux sont issus des résidus laissés par les mers, ou les Océans, à la différence que le sel gemme, que l’on trouve dans les rocs montagneux, ou les déserts, est de nature plus « sèche », tandis que le sel issu des marées salants est plus chargé en eau.

Le sel exalte le goût des aliments, favorise la sécrétion des sucs digestifs, augmente la salivation (et donc l’appétit), et en cela, participe à la bonne digestion. Mais attention, excès, il a l’effet contraire ! C’est pourquoi on évitera de saler les aliments lourds ou gras, comme le fromage.

Le sel gemme est de nature plus sèche, et fut longtemps utilisé pour ses vertus thérapeutiques, notamment en Inde, où on en trouve différentes variétés aux nuances grise, rose, ou encore noire. Sa forte teneur en souffre le rendrait particulièrement bénéfique pour alléger la digestion et favoriser l’absorption.

Mais le sel devient nuisible, lorsque l’on en abuse, car il provoque, au fil des ans, un durcissement des parois artérielles, responsable de l’hypertension


Quelques recommandations de base

La dose moyenne de sel par jour ne devrait pas excéder deux grammes. La plupart des aliments industriels, conditionnés, ou encore la charcuterie (ou salaison), les poissons fumés, le pain ordinaire, ainsi que tous les « snacks » (chips, crackers, cacahuètes…) contiennent généralement beaucoup de sel. Noter que la plupart des légumes contiennent naturellement des sels minéraux.

Pour les personnes sujets à la rétention d’eau, l’on conseille de remplacer le sel marin autant que possible par le sel gemme, de nature plus « sèche ».

Quelques remèdes

Pour prévenir les maux de gorge, faire régulièrement un gargarisme avec une pincée de gros sel, le jus d’un quart de citron et un peu d’eau chaude.

Pour augmenter l’appétit, ou en cas de lourdeur : avant les repas, mélanger 1 pincée de sel gemme avec le jus d’un quart de citron, une pincée (1g) de gingembre râpé, et ½ cc de miel.

Pour stabiliser ou renouveler son énergie, prendre un bain tiède avec des sels marins. L’idéal restant de prendre ce bain dans la mer… !


credit photo flick r markb120

mardi 8 décembre 2009

L'hiver, pour notre plus grand plaisir...


A mesure que l'hiver approche, tout dans la nature nous invite pourtant à ralentir. Le manteau de la nuit enserre plus longuement nos jours, comme une invitation à plonger sans modération dans un sommeil réparateur. La bise cinglante nous fait fermer à double tour la porte de nos chaumières, nous pelotonner près d’un bon feu, y faire mijoter ses petits plats préférés à partager sans modération avec ceux que l’on aime


L’envers de l’hiver

L’hiver est la saison de l’année où nous pouvons enfin reconstituer notre énergie de fonds. Car si nous sommes à l'écoute de la nature: tout dans la nature nous invite à ralentir... Le manteau de la nuit enserre plus longuement nos jours, comme une invitation à plonger sans modération dans un sommeil réparateur. La bise cinglante nous fait fermer à double tour la porte de nos chaumières, nous pelotonner près d’un bon feu, y faire mijoter ses petits plats préférés à partager sans modération avec ceux que l’on aime.

L’hiver est dominé par le froid. Il correspond à l’élément eau, liée au gel et à l’humidité, secondairement à la terre et à l’air. Il peut être alternativement sec, venteux, comme humide et pluvieux. Il possède donc les qualités des Doshas Kapha et Vata. Ce qui signifie que nous allons nous tourner vers ce qui est chaud (Ushna) & lourd (Guru).Car sous l’effet du froid extérieur, la chaleur va se concentrer à l’intérieur du corps, et regagner son « foyer » : le système digestif. De lui dépendent les fonctions les plus importantes de notre organisme : notre métabolisme, dont la circulation, et la bonne évacuation des déchets, ainsi que la formation de nos tissus, nous procurant stabilité et résistance, notamment face aux maladies. Son équilibre constitue pour notre santé. On profite donc qu’il soit plus concentré pour le renforcer...


Pour ne jamais manquer de fuel

Sans une nourriture consistante, le processus digestif ne peut se faire correctement. En hiver, si le corps ne reçoit pas l’énergie, ou le combustible nécessaire, il va attaquer ses propres réserves. Il est conseillé de consommer des aliments de saveur principalement douce, et légèrement salée et piquante, ainsi que modérément acide pour stimuler la digestion. Les catégories d’aliments essentielles sont celles qui vont assurer la construction des tissus, notamment les muscles (Mamsa), la graisse Meda), les os (Ashti), la moelle (Majja), les tissus reproducteurs (Shukra) et l’immunité (Ojas). Ce sont les sources de protéines et lipides, végétale, et animale (ou la combinaison des deux) qu’il s’agisse des légumineuses, des produits laitiers, viande, poisson. Les céréales sont l’autre catégorie à privilégier. Grâce à leur saveur douce, que l’on dit composée des éléments eau et terre, elles participent à la construction des tissus. Les légumes, seront choisis parmi les plus nourrissants, et consommés cuits (éviter au maximum les crudités, à l'exception des radis, qui sont légèrement piquants, et stimulent la digestion). L’hiver n’est naturellement pas la saison des fruits, qui sont considérés comme trop rafraîchissants. On préférera les fruits secs, car ils concentrent les propriétés du soleil comme les dattes, les abricots bruns, les figues, les bananes séchées. Les textes recommandent des jus onctueux, acides, salés, ce qui tombe à propos, car c’est la saison où les agrumes arrivent sur les étalages : oranges, mandarines, clémentines, kumquats, sans oublier les citrons qui augmentent le métabolisme, favorisent la digestion des lipides, et nettoient l’organisme. N’oublions pas les épices qui réchauffent notre cuisine et nos estomacs de leurs saveurs légèrement piquante. Notamment : gingembre, cumin, le clou de girofle, poivre noir, poivre long, macis, cannelle, muscade, cardamome.

De la nécessité d’hiberner
Pour reconstruire notre énergie de fonds, il y a certes le bien manger, mais il y a aussi et surtout le bien dormir. La brièveté des jours et la longueur des nuits invitent naturellement à considérer l’importance du sommeil. On se lève moins tôt que d’ordinaire, on s’octroie occasionnellement une « grasse matinée », et il n’y a rien à redire à cela. En revanche, durant la journée, l’on recommande d’avoir un exercice physique plutôt important, afin de garder le corps et l’esprit alertes.

Et si l’on se coucoune autant, ce n’est pas pour attraper froid une fois mis le nez dehors. Réflexe obligatoire, pour les petits, comme pour les grands : on se couvre ! On choisit des vêtements chauds, confortables, en soie, en laine, pour emmitoufler les oreilles, la gorge, les mains, sans oublier les pieds, à partir desquels se fait la régulation thermique de l’organisme. Et tandis que se préparent les fêtes de fin d'année, et que nous sommes invités à plus d’intimité avec nous-mêmes, la sagesse populaire recommande de partager chaleur, affection et tendresse avec ceux que l’on aime, puis de méditer chaque jour l’adage « cold feet warm heart » jusqu’à éclosion des premiers bourgeons!

mardi 20 octobre 2009

Prévention de la grippe selon l'Ayurveda

Ce post*, inspiré par l'actualité, et les enjeux sanitaires, fait suite à un article demandé par le site Compare Diet, regroupant les différentes diététiques (dont je vous recommande chaleureusement la lecture! ). Voici ce que nous rapportent les textes ayurvédiques au sujet de ce que nous appelons aujourd'hui communément "la grippe"...

L’on considère que c’est suite à l’apparition d’épidémies, et afin de savoir comment prévenir et soigner les populations qui vivaient sur les contreforts de l’Himalaya il y a de cela 5000 ans, que se serait développé l’Ayurveda. L’apparition des fièvres endémiques résulterait d’une altération de l’ordre naturel, affectant les propriétés des éléments de notre environnement direct, que sont la terre, l’eau, et l’air.

Ce que nous appelons "grippe" ou "virus grippal", est classifié parmi les affections endémiques, et catégorisé comme fièvres La fièvre - en sanskrit Jwara - survient lorsque les éléments de base que sont l’air, l’eau et la terre, liés respectivement aux Doshas Vata et Kapha, sont altérés. La grippe est appelée Vata Kapha Jwara, ou fièvre liée au vent et au phlegme, qui ont pour attribut commun le froid. Afin de contrer ce froid, on utilisera prioritairement ce qui est chaud. Ce qui est de nature à aggraver Vata, comme l’exposition au froid, au vent (courants d’air), et/ou Kapha, tels les aliments (lourds, gras, collants) formant des mucosités vont contribuer à développer un terrain favorable au virus, et à son incubation. L’alimentation tient un rôle essentiel dans la prévention, comme dans la rémission, car le système digestif – particulièrement l’estomac - est le foyer à partir duquel se développe l’affection. Elle peut avoir un impact direct sur l’augmentation des symptômes, selon si elle aggrave la condition de toxicité, ou d’excès des Doshas, ou au contraire, contribuer à enrayer le processus morbide.

De manière préventive, l’on conseille de :

  • Suivre un régime adapté à sa constitution et en rapport avec les saisons. Si ces affections apparaissent aux saisons où le froid ou l’humidité dominent, privilégier les saveurs de nature plutôt sèche comme l’amer ou l’astringent (légumes verts), chaude comme le piquant (épices douces), et équilibrante comme le doux (sous la forme de céréales, ou de légumineuses, facilement assimilables par l’organisme).
  • Eviter les aliments qui ont tendance à perturber ou à étouffer le feu digestif (Agni), en provocant des mucosités : les produits laitiers les plus lourds (crème, fromages salés, à pâte cuite ou molle), la viande (viandes grasses, viande de porc, charcuterie), les aliments de nature collante (certaines variétés de riz, bananes) ...
  • Eviter les aliments ou association d’aliments favorisant l’apparition de toxines dans le système digestif. Par exemple la plupart des produits laitiers, comme le lait, certains fromages, ainsi que le yaourt, ne doivent pas être associés avec les aliments acides comme la tomate, et la plupart des fruits (bien que cette habitude, relayée par l’industrie agro alimentaire, en ait fait un incontournable de notre alimentation actuelle !), le poisson, les crustacés ou la viande, car leurs propriétés sont incompatibles et l’organisme ne peut les digérer ou les digère partiellement : perdure un résidu qui stagne dans le système digestif, que l’on appelle Ama, et qui procure un terrain particulièrement favorable à la maladie.
  • Eviter ou réduire la plupart des aliments qui augmentent l’eau ou le Dosha Kapha, comme les aliments et boissons de nature rafraichissante. Car l’association de l’eau et du froid engendre une stagnation : une eau stagnante est un nid fertile et le point de départ des affections virales et des fièvres (par exemple la malaria) de tous ordres. Et au contraire, de privilégier les boissons chaudes, et tout particulièrement l’eau bouillie, qui va agir sur les trois Doshas s’accumulant dans l’organisme, en augmentant le mouvement d’élimination, en stimulant le feu digestif, et en d’asséchant le mucus. On peut y ajouter un peu de gingembre, de poivre long (Piper longum ou Pippali) ou noir, pour leur action stimulante sur le feu digestif, et fébrifuge.

    La consommation d’aromates tonifiant la digestion et fortifiant l’immunité, comme le gingembre frais ou sec, le Basilic Saint (basilic tropical appelé Tulasi) seront des aides précieuses. On conseille, en période d’épidémie, ou lorsque la fièvre s’installe, de consommer régulièrement des infusions à base de basilic, clous de girofle et gingembre.

    Si la grippe fait son apparition (se manifestant généralement par des courbatures, de la fièvre, puis de la toux), selon l’Ayurveda, il est conseillé :

  • De boire régulièrement de l’eau chaude avec les aromates cités plus haut
  • Un jeûne complet ou partiel, à base de soupes de légumes verts, ou encore de haricots mungos. Le riz est également considéré comme un aliment équilibrant (à réintégrer lorsque l’appétit revient, ou lors de la convalescence). En revanche, les produits laitiers et aliments gras sont proscrits. Tout ce qui ne va pas diminuer la fièvre et l’infection est considéré comme de nature à nourrir le processus morbide. Le ghee (beurre clarifié) est le seul produit laitier et gras autorisé, voire même conseillé, car il équilibre la fonction digestive, et la chaleur dans le corps.
Ce qu’il faut retenir, c’est qu’un organisme en ordre avec les rythmes biologiques, diurnes, nocturnes, comme avec la marche des saisons, sera moins susceptible d’être affecté par tout désordre ou attaque extérieure (ou facteurs exogènes de la maladie). Selon l’un des textes les plus importants (Susruta Samhita), on considère que les personnes les moins susceptibles de succomber aux maladies endémiques, sont celles qui ont eu raison du phlegme au printemps, vaincu la bile à l’automne, et maîtrisé le vent à la saison des pluies et en hiver.


Consulter les autres articles sur la prévention de la grippe sur le site Compare Diet.

* Le présent document a été réalisé à partir des textes de référence de l’Ayurveda, dont la Charaka Samhita et Susruta Samhita. Il est un support informatif, pédagogique et culturel, permettant une meilleure connaissance de cette tradition. Il ne peut en aucun cas être considéré comme un document à visée médicale, ou se substituer à l’avis d’un spécialiste.
Credit photo flickr na.presseportal

lundi 19 octobre 2009

Couleurs et saveurs d'automne


D
ans les régions tempérées, ou froides du globe, l'automne est la saison où la nature change de couleur et s'empourpre.
Et tandis que l'hémisphère nord s'éloigne de plus en plus du soleil sur l'orbite terrestre, l'hiver se prépare, l'air, bien que léger, le ciel, bien qu'encore lumineux, l'atmosphère, bien que douce et agréable, se rafraîchissent, et avec lui, se modifient les besoins de notre organisme.


Avec l'équinoxe d'automne, l'on entre dans une partie de l'année appelée "Dakshinayana", qui durera jusqu'à l'équinoxe de printemps, où l'énergie "lunaire", liée au froid et à l'humidité, est plus présente, et plus puissante. C'est une période particulièrement propice pour renforcer les forces physiques de l'organisme par une nourriture et un exercice appropriés.

A l'automne, le corps accumule ce qu'il peut encore mettre en réserve de chaleur. Ainsi, l'automne est l'une des saisons où Pitta, la bile, est le plus aggravé. Pour cette raison, les aliments qui équilibrent ou pacifient Pitta sont particulièrement indiqués.
Les saveurs qui équilibrent ce dosha sont le doux, l'amer et l'astringent. L'automne est, comme l'autre inter-saison, le printemps, une saison de "purification", où l'on recherchera les aliments plutôt légers, secs, et de nature rafraîchissante.

Parmi les catégories d'aliments, privilégier:

1. Les légumineuses qui vont soutenir l'énergie de fonds grâce à leur teneur en minéraux et en protéines, notamment les lentilles corail, les pois cassés, l'ensemble des haricots dont le soja, les azuchis, ainsi que les lentilles noires (en Inde, la variété appelée Urad Dhal).

2. Les légumes verts, feuillus, comme les plus charnus, riches en fer, notamment les aubergines, ainsi que l'ensemble des cucurbitacées: courges, courgettes, potirons, potimarrons, légumes d'automne par excellence, choux, choux fleurs, nourrissants, et riches en calcium.

3. Les céréales légères et digestes comme l'orge, le riz, sèches et chaudes comme le mais, le sarasin, plus nourrissantes comme le froment.

4. Les fruits, dont ceux qui mûrissent à la toute fin de l'été comme les raisins (excellents pour nettoyer, tonifier le sang et reconstituer le tissu nourricier, ou plasma), les grenades (extrêmement riches et fer et utilisées en Ayurveda pour équilibrer l'ensemble des troubles liés à Pitta), les figues (fraîches ou sèches), les dattes (idem), les pommes et les coings, qui utilisés ensemble sous forme de compote ont d'excellentes vertus sur le système digestif pour ceux qui souffrent d'indigestion et/ ou de malabsorption.

5. Les produits laitiers, en quantité modérée, notamment les plus légers et astringents, comme ceux à base de chèvre, de brebis, ou encore le babeurre, qui vont avoir un effet tonique sur l'organisme, soutenir ses tissus sans alourdir la digestion, et renforcer son immunité. On modère sa consommation de yahourts (acides). Le ghee remplacera aussi souvent que possible les huiles végétales (voir ci dessous).

6. Limiter ou modérer la consommation de noix, amandes, noisettes. Les graines de tournesol sont en revanche conseillées, car elles sont excellentes pour drainer la vésicule biliaire. Les huiles les plus lourdes, comme l'arachide, noix, sésame, sont à éviter: on les utilisera plus volontiers avec l'arrivée du froid hivernal. Le ghee, ainsi que les huiles de tournesol ou d'olive sont connues pour équilibrer Pitta, et sont donc recommandées.

7. Les viandes constituent une catégorie à part, puisque suivant les régions, les besoins en protéines animales varient. La Charaka, à son chapitre sur l'alimentation en automne, recommande: le mouton, l'agneau, le lapin, ainsi que le pigeon. On évite en revanche le poisson, ou toute créature vivant dans l'eau, les étangs ou à proximité des zones marécageuses...

La base de l'alimentation sera constitué par l'association entre légumineuses et légumes, sous forme de "dhal" (purée de haricots ou lentilles), associés aux légumes, et accompagnés de galettes sans levure (pain plats ou chapatis). Les fruits seront de préférence consommés cuits. Sauf les raisins, qui seront excellents à consommer avant les repas, ou entre, avec une petite pointe de gingembre frais râpé. Les fruits secs seront de préférence consommés le matin, ou en collation. Les épices douces comme la cardamome, la cannelle, le clou de girofle, le gingembre frais ou sec, le cumin, le carvi, l'anis, ainsi que les aromates comme le basilic ou le laurier entreront dans la préparation des plats. A mesure que l'on entre dans l'hiver, on privilégiera une alimentation cuite, chaude, et un peu plus consistante.


jeudi 17 septembre 2009

Un automne radieux


L'été s'achève, et bien que la lumière et la chaleur nous accompagnent, l’air se fait plus léger, mais plus frais, à mesure que les jours décroissent. Comment aborder l’automne qui s’annonce sous un jour radieux ? Voici quelques conseils de base inspirés de l'Ayurveda afin de profiter au mieux de cette saison qu’il appartient à chacun d’entre nous de rendre aussi bénéfique qu’agréable...



D'un air subtil...

Le soleil darde avec moins d’intensité ses rayons. Le règne de l’élément feu laisse place à un air léger, sec, subtil. Le début de l'automne (avant l'équinoxe), où les températures sont encore douces, est aussi le dernier moment pour le corps pour emmagasiner de la chaleur avant l'hiver. Si notre énergie est équilibrée, c'est une saison où notre équilibre peut connaître une véritable "apogée", car l'on a besoin de moins d'apports, et que le l'organisme reçoit de la nature une énergie raffinée et de qualité. On appelle aussi l'automne la saison de "la décantation", où les choses sont parvenues à maturité., et où l'on peut se réjouir des richesses produites par les récoltes.

L'élément air, lié au Dosha Vata, devient plus présent. Ses attributs sont la légèreté, la sécheresse, le froid, la rugosité. Dans le corps,Vata est responsable du mouvement, lié à la partie inférieure , aux membres, au colon, aux systèmes osseux et nerveux. A l’automne, les troubles chroniques liés à ces différents systèmes ont tendance à ressurgir. Les troubles les plus fréquents sont : constipation, anxiété, insomnie, chutes de cheveux, affections de type rhino pharyngite. Tout ce qui a tendance à assécher le corps va entraîner, à ce moment particulier de l’année, un déséquilibre.
L'organisme a alors besoin de renforcer son immunité, en prévision du froid et de l'humidité hivernales.

Pour cette raison, l'attention portée à notre hygiène de vie, et notamment aux rythmes biologiques est très importante. S'il est bien un moment où nous éviter les excès, les irrégularités dans nos habitudes, comme l'exposition constante aux nuisances de tous types, c'est bien celui-là.

Voici quelques petits conseils pour savourer votre rentrée...

Le soleil apparaît toujours aux aurores, mais un peu moins tôt qu’en été. Il est donc d’autant plus facile, pour ceux qui se lèvent tôt, de profiter du calme de l’aube et de commencer la journée sous un jour radieux. Prenez une boisson chaude afin d’apporter à votre organisme l’hydratation & la chaleur dont il a besoin pour se réveiller confortablement. Faîtes quelques étirements doux, ou pratiquer lentement Surya Namaskar (salutation au soleil). Donnez–vous une application généreuse d’huile de sésame suivie d’une douche ou d’un bain. Habillez-vous de couleurs vives, lumineuses, dans des matières naturelles. Aérez-vous, en choisissant une activité calme, ressourçante, comme certains arts martiaux (Tai Chi, Qi Qong), le Yoga, des danses qui favorisent la concentration et l’expression.
Prenez des repas réguliers, consistants, sans être lourds, dans la convivialité !
Ralentissez progressivement votre activité en fin d’après midi, en évitant, de vous exposer outre mesure au bruit & aux ondes (portables, radio, télévision, ordinateur…) Evitez les excitants, notamment en fin de journée. Mangez le soir un peu avant le coucher du soleil. Parfumez votre intérieur avec des huiles essentielles ou des encens aromatiques et boisés : santal, cannelle, patchouli, cèdre, pin, eucalyptus. Préparez-vous une tasse de lait chaud avec un peu de muscade, prenez un bon bouquin, profitez d’une soirée au calme sur votre canapé. Et restez sereins car demain, le soleil se lèvera, quoiqu’il arrive, un peu moins tôt...


Découvrez aussi les conseils de santé selon la médecine tibétaine pour l'automne sur le site d'Aparna: Belle saison, belle santé dans l'Himalaya

mercredi 2 septembre 2009

A vos marques....!

Ce post pour vous souhaiter à toutes et à tous une très belle rentrée!

Après un mois d'août qui nous a réchauffé au delà de l'imaginable, voici que s'annonce l'automne, et avec lui, un changement de rythme, de climat, de luminosité, phénomènes naturels qui ont une influence notoire sur notre équilibre et notre humeur.
Je vous propose donc, ce mois de septembre, d'aborder ensemble quelques aspects liés à cette saison, mais plus encore, à nos rythmes biologiques, comme au rapport que nous entretenons avec notre équilibre en général. Car, s'il est bien un moment de l'année où l'on ressent la corrélation entre notre état psychique et organique (c'est à dire, entre notre "moral" et notre état général), c'est celui-ci.

Voici en attendant une petite note concernant le programme des activités de Padmagati dès ce mois de septembre:

- reprise des bilans individuels au centre Uma, rue Choron Paris 9ème: rendez-vous les 8 et 9 septembre, puis la troisième semaine d'octobre

- pour celles qui habitent Paris et qui participeront à la course La Parisienne, vous pourrez me retrouver aux Jardins du Trocadéro, sur le village, pour un coaching individuel et deux ateliers sur les rythmes et cycles au féminins, ainsi que l'exercice physique adapté aux femmes, cliquer ici.

- reprise des ateliers de massage ayurvédique les samedis de 17h30 à 19h

- stage Le Souffle à sa source, en binôme avec Pascale Scarabin, le dimanche 27 septembre
( programme, lieu, horaires sont les mêmes que ceux de notre stage de juillet cliquer ici)

mardi 18 août 2009

Quatre fleurs d'azur


Il existe, sur les bords de la Méditerranée, des jardins s'élevant élégamment sur les hauteurs de la bien nommée Grasse, ville au charme unique, jouissant d'un micro climat qui fait fleurir des sommités que l'on ne pourrait ailleurs cultiver ensemble afin de les accorder dans un même bouquet... Un bouquet délicat, tout en subtilités, et surtout, qui vous surprendra par ses extraordinaires vertus...
Ville de parfumeurs prestigieux, au savoir faire multi centenaire (les plus grandes maisons remontent à l'Epoque des Lumières...), elle compose son accord floral grâce à quatre notes devenues les fleurs emblématiques de la ville que sont , la rose, le jasmin, la tubéreuse et la violette.

Puisque ces quatre fleurs, au delà de leur usage en tant que fragrance, sont connues depuis l'Antiquité du bassin méditerranéen aux confins de l'Asie, j'ai eu envie de vous faire partager les réminiscences d'un court séjour dans ce petit Eden encore préservé, où se perpétue un savoir qui nous invite à redécouvrir chaque fragrance sous un jour nouveau, et, au delà de leur parfum, l'essence même de ces fleurs...


La rose, Rosa Centifolia

La rose est la fleur féminine par excellence. Elle n'est plus tout-à-fait inconnue aux lecteurs de ce blog puisque nous y avons souvent fait allusion. Elle est, avec le jasmin, l'une des principales sommités utilisée dans la pharmacopée ayurvédique. Notamment la Rose centifolia que l'on trouve sur les contreforts de l'Himalaya, où elle pare les grandes vallées couvertes de fleurs du Kashmir. Appelée Taruni en sanskrit, la culture de la rose centifolia s'est sans doute développée dans les vallées de l'Indus et du Kashmir à la faveur l'Empire Moghol, car elle est un symbole extrêmement fort chez les musulmans: les Perses avaient mis au point depuis l'Antiquité des techniques de préparation de la pommade, de l'hydrolat, comme le procédé de fabrication de l'essence de rose pour laquelle il faut compter 5 tonnes de fleurs fraîches. Toujours à la faveur de la présence musulmane, l'Ayurveda a intégré dans ses remèdes une confiserie , le Gulkand ( contraction entre le mot hindi désignant la rose et sa couleur, Gulab, et Kand) préparée à base de pétales de rose macérés au soleil avec une égale quantité de sucre, et qui donne une confiture que l'on peut mélanger au lait, pour une boisson idéale les soirs de canicule (!)

De saveur astringente, douce, et légèrement piquante, la rose est connue pour calmer les inflammations, notamment celles liées aux muqueuses. Pour cette raison, elle est une panacée pour les femmes à tous âges de leur vie car elle protège, équilibre et répare les tissus fragiles du système reproducteur. Elle agit principalement sur le sang qu'elle nettoie et rafraichit: ainsi, elle prévient les excès de chaleur, prévient les saignements, calme les irritations. Elle peut s'utiliser en infusion, ou encore sous forme de macération, permettant de l'utiliser en lotion pour la peau, qu'elle calme, nettoie et hydrate. Les boutons de rose appliqués sur les yeux sont conseillés en cas d'irritations ou de fatigue oculaire: faîtes le test en apposant tout simplement deux cotons d'eau de rose sur les yeux après une journée trépidante, "soothing effect" garanti!

Symbole de la pureté du coeur, la rose est souveraine pour apaiser ou guérir les blessures liées à cet organe, comme au centre énergétique qui lui est lié. Il faudrait lui consacrer bien plus d'un paragraphe, et il est certain que nous aurons l'occasion de la cueillir à nouveau!


Le Jasmin, Jasminum Grandiflorum

Il existe plusieurs variétés de jasmin. Nous évoquerons ici uniquement le Jasmin à grandes feuilles, que l'on appelle aussi, en botanique, Jasmin de Grasse, appartenant à la famille des Oléacées (indiquant son affinité avec le climat méditerrannéen), très répandu en Afrique du Nord, au Moyen Orient, comme dans les états du Sud de l'Inde, où il vient fleurir avec grâce la chevelure des femmes.

Comme d'autres sommités blanches, le Jasmin a un effet rafraîchissant et apaisant sur l'organisme. Il a également une action bénéfique sur le sang, qu'il nettoie, et plus spécifiquement sur le système lymphatique, garant de l'immunité. Pour cette raison, le jasmin (dont la fleur est désigné sous le nom de Mogra ou de Chameli en hindi, en sanskrit Jati, désignant la variété dont il est question) est utilisé en Inde pour traiter les infections virales, les fièvres bactériennes ou endémiques. Mais attention, on ne doit jamais faire bouillir les fleurs lors d'une décoction, mais les laisser infuser, comme on le fait pour le thé au jasmin, avec de l'eau chaude, ou de l'eau froide.

En usage externe, le jasmin peut servir de cataplasme pour les irritations. De même, son huile sert à fortifier et intensifier le reflet brun des chevelures des indiennes. Le jasmin aurait une influence positive sur nos émotions, facilitant l'ouverture et la réceptivité des sens. Comme la rose, le jasmin est de nature sattvique, accroissant la compassion. Cependant, à la différence de la rose, le jasmin cultive un paradoxe, qui fait son charme et son mystère: sa fraîcheur exhale des notes à la fois suaves et chaudes, qui stimulent les sens et le rendent aphrodisiaque...

A Grasse, il est fêté annuellement dans une parade où les attendants sont généreusement aspergés de fragrances jasminées, et il flotte dans l'air une enivrante et délicate subtilité. Les essences ou attar que l'on peut trouver en Inde font souvent ressortir l'aspect sucré de la fleur Peu de parfums offrent une senteur qui soit authentique. L'un des accords les plus originaux et mystérieux ayant été élaboré par Guerlain avec Samsara. Et comme on le sait, notre équilibre est tout entier modelé par les perceptions sensorielles, dont olfactives: le choix d'une fragrance, c'est aussi et d'abord prendre soin de soi...


La Tubéreuse, Polianthes Tuberosa

Cette corolle fraîche, craquante, est une agavacée originaire du Mexique, qui ne fut introduite qu'après la Renaissance en Europe et en Asie. Elle fut longtemps cultivée en abondance à Grasse, mais c'est aujourd'hui en Inde que l'on trouve les principales plantations, auxquelles les parfumeurs ont désormais recours. Joliment nommée Reine de la nuit (Rat Ki Rani) en hindi, en raison de son parfum capiteux, c'est à la nuit tombée que les marchands de fleurs confectionnent avec les corolles fragiles des tubéreuses des guirlandes destinées à orner les temples ou être offertes lors des poojas. Elles laissent dans l'atmosphère une empreinte suave aussi délicieuse que mystérieuse, qui perdure durant plus de 48 heures, et qui incommoderait les femmes enceintes. On en prémunissait également les jeunes filles, comme en Italie, où l'on interdisait aux jeunes filles de se promener le soir dans les jardins où poussait la tubéreuse, car elles n'auraient pas su résister aux jeunes gens grisés par son parfum érotique. La tubéreuse est l'une des principales composantes du parfum Poison de Christian Dior...

Cependant, cette fleur délicate est difficile à utiliser comme d'autres fleurs ou plantes sous forme séchée. On la trouve principalement sous forme d'attar (parfum huileux), sous le nom anglais de Night Queen. On lui attribuerait un pouvoir d'inspiration (elle stimulerait l'hémisphère droit du cerveau, lié à la créativité), ainsi que celui d'apporter au coeur la sérénité.


La Violette, Viola Odorata

Cette petite fleur semblable à la pensée, reconnaissables à leur couleur, comme à la disposition de leur pétales, était connue des Grecs et des médecins arabes. Les Anciens avaient commencé à élaborer à partir de ses fleurs un sirop aux propriétés émollientes et adoucissantes (dont on retrouve les traces en France sous la forme des pastilles de l'Abbaye des Sept Fonds). On la trouve sur les sols calcaires, en Europe, comme dans l'ensemble du Maghreb.

Si aujourd'hui la violette est davantage utilisée pour le plaisir procuré par son parfum délicat et sucré, que ce soit pour l'usage culinaire ou en parfumerie, ses pétales possèdent néanmoins des propriétés émollientes, adoucissante, et anti inflammatoire. Sainte Hildegarde de Bingen, monesse et médecin utilisatrice éclairée des plantes, avait conçu un onguent à la violette permettant de traiter diverses affections, dont celles de la peau, ainsi que les migraines. La pommade à la violette serait quant à elle idéale contre les gerçures.


Quelques recettes...


Gulkand pour débutants ou pressés

Prendre 80 g de pétales frais débarassés de leur base broyés avec 200 g de sucre, 20 g de miel et 20 ml d'eau de rose distillée. Cuire légèrement le mélange et le mettre en bocal.

Prendre 5 cc de ce mélange le soir avec de l'eau chaude ou du lait: en cas de constipation passagère, acidité gastrique, maux de tête ou autres affections liées à un excès de chaleur (externe ou interne).

Cette recette est à peu près équivalente au Gulkand, et plus facile à réaliser, car la macération demande un ensoleillement continu durant plusieurs mois pour la fabrication.


Source: Plantes médicinales du Maghreb de Jamal Bellakhdar


Onguent à la violette, d'après Hildegarde de Bingen

Presser suffisamment de fleurs de violette pour recueillir 5 à 6 cl de jus. Filtrer dans un linge. Ajouter 2 cl d’huile d’olive. Dans une casserole maillée, à feu très doux, faire fondre 20 g de cire d’abeille. Pour encore plus d’efficacité, ajouter 10 gouttes d’HE de lavande ou de romarin. Verser progressivement l’émulsion huile-jus dans la cire en tournant régulièrement avec un cuillère en bois. Verser dans un pot de verre. Continuer à remuer jusqu’au refroidissement.

Appliquer sur les front contre les maux de tête. Utiliser contre les problèmes cutanés.

Source Label Bleu, Paul Ferris