mercredi 22 avril 2009

Les eaux sulfureuses naturelles

Voici une réflexion inspirée par un récent séjour en Cerdagne, où les eaux chaudes sulfureuses s'écoulant à flanc de montagne sont une source naturelle de bienfaits pour tous, connues et utilisées depuis l'Antiquité (et sans doute bien avant par les habitants de ces hauts plateaux des Pyrénées), par les romains qui installèrent de nombreux thermes, consistant en haute altitude en de simples vasques creusées dans la pierre, permettant de recueillir l'eau des sources chaudes (jusqu'àplus de 80°C) dans leur décors naturel.

La plupart des médecines de l'Antiquité, telle les médecines chaldéenne ou grecque, utilisaient les minéraux, notamment sous forme de cristaux. On retrouve cet usage dans les médecines orientales, notamment tibétaine, ayurvédique et siddha (Sud de l'Inde). En Ayurveda, l'utilisation de poudres minérales, ou "Basmas", a une action puissante. On utilise aussi bien les poudres de coraux, de perle, que celle issue des pierres précieuses ou semi précieuses, ou encore de métaux, et de substances toxiques comme le mercure (pour cette raison, l'usage des Basmas nécessite une extrême prudence!).

L'usage des minéraux nous est également connu aujourd'hui grâce à l'oligothérapie, et à l'homéopathie qui utilisent des remèdes issus des minéraux, dont les fameux Sulfur et Sulfur iodatum.


Quelles sont les propriétés du soufre?

L'origine du terme soufre viendrait du sanskrit "çulbâri", signifiant "ennemi du cuivre", qui aurait donné en latin "Sulphur". Il est considéré comme un sel minéral.

Le soufre est facilement identifiable à sa couleur jaune caractérisant ses cristaux ou encore ses vapeurs, mais aussi et surtout à son odeur forte, que l'on qualifie souvent "d'oeuf pourri" (et effectivement, l'oeuf est l'un des aliments qui contient le plus de soufre). Très présent dans les fumerolles des volcans, les régions à forte densité volcanique possèdent une teneur plus élevée en soufre.

Le soufre se trouve naturellement en grande quantité, soit sous forme de cristaux, ou encore sous forme libre ou liquide dans les sources chaudes, ou gazeuse sous forme de fumerolles.


Son utilisation thérapeutique

Connu depuis l'Antiquité pour ses propriétés, Homère aurait en son temps mentionné le soufre comme "éloignant la vermine ".

Présent dans tous les organismes vivants, il est un élément capable de potentialiser l'action de tous les autres éléments: il intervient dans la constitution de certaines enzymes, dans la synthèse de certaines protéines et acides aminés (cystéine, cystine, taurine...) qui posent les fondations nécessaires à la construction des hormones. Le soufre est donc un soutien essentiel à notre métabolisme.

Cependant, une déficience en soufre dans l'organisme va avoir des conséquences directes sur le fonctionnement de l'organisme. Au niveau du foie, une carence en soufre ralentit le métabolisme de l'acide urique, provoquant l'apparition de maladies touchant au système immunitaire comme les allergies, les infections à répétitions, maladies inflammatoires comme les rhumatismes ou la goutte. Les problèmes de métabolisation du soufre influent directement sur les tissus que sont la peau et les cheveu: peau séborhéique, acné, furonculose, hyperkératose, ongles et cheveux cassants, chutes de cheveux.

Le soufre est directement lié au fonctionnement du foie, qui nettoie le sang, et indirectement à celui de la rate, qui le renouvelle. Or à ces deux organes sont liés aux fonctions essentielles de l'immunité, dont dépendent la formation du sang (globules rouges, globules blancs), des hormones, qui est par conséquent lié à la circulation.En homéopathie, Sulfur est l'un des remèdes les plus puissants de détoxination du foie et de ses fonctions. On l'utilise en général pour toutes les affections chroniques de la peau et des bronches.

Cures thermales et sources sulfureuses chaudes

Depuis des millénaires, les eaux sulfureuses sont utilisées pour traiter les maladies provoquées par le manque de soufre: à savoir dermatoses, névralgies, rhumatismes, troubles allergiques, circulatoires, et cardio vasculaires.

Les Pyrénées Orientales sont l'une des régions de France où la concentration des sources d'eau chaude riches en soufre est la plus forte. Ax les Thermes est l'une de ces villes dédiées au thermalisme. Il existe cependant d'autres petites stations concentrées sur la vallée de la Têt, ayant hérité de l'emplacement des anciens thermes romains, comme Llo, Saint Thomas, ou encore Dorres.

Ces eaux, qui jaillissent de la montagne à quelques 40°C, assurent un bain chaud à toute époque de l'année, si bien que le fait que les bassins continuent de se trouver en extérieur (offrant, comme ceux de Dorres, un panorama imprenable sur les massifs environnants) ne pose aucunement problème,même aux plus frileux qui apprécieront la chaleur emmagasinée dans leur corps en l'espace de quelques minutes. A ce propos, le jeune gardien des bains romains, de Dorres, bon connaisseur du lieu, me faisait justement remarquer que la plupart des personnes qui venaient pour la première fois arrivaient emmitouflés et transis (à 1500 m, entre novembre et avril, il ne fait pas toujours chaud!), et repartaient col ouvert.

L'autre aspect intéressant est la grande accessibilité de ces bienfaits, contrairement aux établissements thermaux qui sont loin d'être accessibles à tous les budgets. Ici, le tarif moyen d'entrée pour les bains est de 4 euros...


En savoir plus...

Quelques pages d'un Traité sur les eaux sulfureuses de la vallée de la Têt

Les bains de Saint Thomas

Les bains de Llo

Les bains de Dorres

Un article de la Dépèche, Sois bénite eau sulfureuse


lundi 13 avril 2009

L'asperge, la fine fleur des légumes

L'asperge est un légume qui a toujours été considéré comme le symbole du raffinement d'une table, et que l'on ne pouvait déguster, jusqu'à la Révolution, que dans les demeures des plus grandes familles nobles (dont certaines avaient fait de l'asperge leurs armoiries!!).
Car l'asperge est un légume rare, cultivé sur des terres sablonneuses, dont la récolte se fait entre mars et avril. Or, les conditions de sa culture ne sont réunies que dans quelques endroits en Europe, qui sont le Sud Est de la France, et aujourd'hui la Belgique. Son nom latin, "Asparagus Officinalis", nous indique que l'on connaissait déjà sa nature curative et préventive.

L’asperge est un légume à la saveur douce, amère et astringente. Son effet sur l'organisme est doux et rafraichissant ce qui en fait un légume particulièrement bénéfique pour Pitta. Quoique l'asperge ait une action équilibrante sur les trois Doshas, car elle régule les humeurs viciées et en corrige les excès. L'asperge est connue pour son effet diurétique: elle donne aux urines cette couleur et cette odeur particulière, signe de laprésence de cette substance sulfurée acide qui lui est propre, l'asparagine. Elle aurait une action particulièrement bénéfique, préventive et curative dans les cas d'urée. Elle a également une action bénéfique sur le foie, dont elle favorise le drainage.
Leur nature astringente et leurs propriétés diurétiques peuvent cependant augmenter Vata. On la recommande en cas de fièvre, d’hémorragie, d’œdème, d’arthrite, et comme reconstituant après des fièvres. Car l'asperge possède de nombreux minéraux comme le fer (Fe), et est une source précieuse de vitamines du groupe B, ce qui en fait un légume recommandé en cas d'anémies (notamment de type Pitta). Elle contient également du cuivre (favorisant les défenses immunitaires), du zinc (bon pour l'équilibre du système nerveux et de la peau), du potassium (nécessaire au bon fonctionnement du coeur), du manganèse (ce minéral précieux, très utile pour nourrir les os, les ligaments, le tissu nerveux...), ainsi que de la vitamine C. Les asperges blanches sont elles riches en béta carotène (pro vitamine A, qui protège la peau du vieillissement).


Il en existe plusieurs variétés et calibres : les blanches sont plus douces et meilleures pour Vata Pitta, les vertes ou légèrement pourpres pour Pitta Kapha, de même que les espèces sauvages.

La pharmacopée utilise une autre variété de la famille des asperges, l'"Asparagus Racemonus", caractérisée par ses "milles racines", et qui, en surface, produit un végétal assez semblable à la prêle. C'est la plante connue sous le nom de Shatavari, qui possède des propriétés assez semblables à l'asperge, bien qu'elle ne soit pas un légume comestible, mais uniquement utilisée pour ses racines. Mais c'est là le sujet d'une autre fiche, que nous pourrions aborder cet été!
En attendant, voici deux recettes ayurvédiques (personnalisées) à base d'asperges.


Soupe douce amère

100g de haricots mungos germés ou pois chiches
5 asperges blanches ou un bouquet d'asperges vertes
Feungrec (Methi) en feuille, ou feuille de blettes
1/2 endive
2 cc d'huile de tournesol
10 cl de kéfir
1 cc de graines de cumin, coriandre, fenugrec, laurier
1/2 poivre long ou 5 grains de poivre blanc
1 pointe d’asafoetida
Sel gemme

Faire tremper les haricots de soja 48h à l'avance. Les faire cuire à l'eau pendant 10 minutes, et faire cuire les asperges, blettes, endives, en profitant de leur vapeur. Dans une cocotte, faire chauffer l'huile en y ajoutant les épices: cumin, coriandre, fenugrec, laurier. Quand les graines éclatent, ajouter le poivre, le laurier, l'asafoetida. Puis ajoutez les asperges, ainsi que les autres lég.Faites les dorere quelques instants, puis ajouter le soja avec son eau. Laisser cuire 5 minutes. Dans un mixer, verser la préparation, et ajouter le kéfir allongé de 20cl d’eau et d'une pincée de curcuma. Mixer jusqu’à obtenir un mélange homogène. Salez à votre convenance.
Vous pouvez y ajouter du persil, de la coriandre, une pointe de safran, et quelques graines de tournesol pour servez.

Bon pour les trois doshas.

Deux variantes:
On peut remplacer le soja par de la farine de pois chiches, que l'on incoropre aux épices avant les légumes, avec un peu d'eau.
Cette soupe peut aussi se réaliser comme un gaspacho, avec le soja parvenu à germination. Il suffira de blanchir les asperges et de les laisser refroidir avant de les mixer. Ajouter 2 cs d'huile d'olive faire cuire les asdonner craignez l’esprit gaspacho, vous pouvez tout à fait cuire les ingrédients de la soupe, ajouter le kéfir au dernier moment, et la mixer ensuite. Riz d’asperges


Riz d'asperges

1 mesure de flocons ou de son d’avoine
6 à 8 mesures d’eau
1 cs de ghee et d’huile de tournesol
3/4 cc de graines de cumin
1/8 cc d’Ajwan
1 cc de graines de coriandre
1/2 cc desel gemme
1 poivre long
1/2 livre d’asperges

Rincez l’avoine et faîtez la cuire avec l’eau, en porridge. Dans une casserole, faîtes chauffer le ghee en ajoutant le cumin, l’ajwan, lacoriandre. Lorsque les graines brunissent (cumin notamment), ajoutez le sel et les autres épices, ainsi que l’avoine en laissant mijoter pdt qq minutes. Lavez et découpez fin les asperges. Mettez-les à la vapeur ;ou blanchissez-les à l’eau bouillante. Mélange-les à l’avoine. Prêt à servir avec une pointe de poivre long. Soulage la vésicule.
Equilibre Vata, Pitta, et augmente légèrement Kapha.

vendredi 10 avril 2009

Le premier facteur de l'alimentation: notre constitution


En Ayurveda, on considère que l’alimentation est un rapport unique et individuel. Elle a pour but de nous aider à maintenir notre équilibre naturel. Cet équilibre est lié à la présence, dans notre corps, des DOSHAS VATA, PITTA, et KAPHA.

En fonction de cela, nous devons adapter notre alimentation au quotidien.

Les personnes VATA devront avoir une alimentation possédant des attributs contraires à l’air, soit : humide, chaud, lourds, huileux, doux
avec des saveurs DOUCE, SALEE, ACIDE


les personnes PITTA, qui ont souvent un fort appétit et un feu digestif fort, une alimentation consistante, principalement fraîche
saveurs DOUCE, AMERE,ASTRINGENTE

les personnes de type KAPHA, une alimentation : légère, chaude, sèche
saveurs PIQUANTE, AMERE, ASTRINGENTE


La condition de la personne est aussi importante que sa constitution . L’un des premiers signes de santé est un appétit régulier. Lorsque l’on perd l’appétit, c’est qu’Agni, notre feu digestif est en mauvaise condition. Agni est semblable à un feu de cheminée qu’il nous faut prendre soin d’alimenter : si nous jetons dans le feu de grosses bûches alors que la braise est faible, nous risquons de l’étouffer. Et, de la même manière, si nous ne l’entretenons pas la braise avec du bois, le feu peut s’éteindre. Par conséquent, il nous faut tout d’abord écouter notre appétit : ce que nous avons envie de manger, dans quelle proportion et quelle quantité doit tenir compte de notre capacité à le digérer.

L’état de notre appétit reflète souvent l’équilibre des Doshas.
S’il est fort et régulier, c’est que Pitta domine.
Si l’appétit est très modéré et que l’on met longtemps à digérer, c’est que Kapha domine.
S’il est irrégulier et/ou faible, c’est que Vata est déséquilibré.

Par conséquent, cette observation nous donne matière à revoir notre alimentation. Suivant notre état de santé, nos besoins changent. Ainsi, en anglais, on a coutume de dire « Starve a fever & feed a cold ». La fièvre est une condition de déséquilibre et d’excès des doshas, en réponse à un phénomène extérieur : étant une condition de chaleur excessive, l’alimentation, qui augmente la chaleur du corps, peut aggraver ce phénomène. En revanche, un rhume est le signe d’un effondrement de notre immunité, liée à la formation du 8ème tissu, Ojas. Il importe donc de donner des aliments fortifiants. De même qu’une personne victime d’une fracture devra concentrer son attention sur la reconstitution du tissu osseux. Les différents maux que nous expérimentons ne nécessitent pas la même prise en charge.

Il existe d’autres facteurs importants, tel l’âge ou le type d’activité de la personne, impliquant de satisfaire des besoins physiologiques très particuliers. L’âge est un autre facteur essentiel. Il y a trois périodes de la vie :

- l’enfance et la croissance, KAPHA : saveurs qui construisent les tissus, douce, acide, salée

- l’âge adulte, PITTA : âge où l’on est dans l’action et où l’alimentation nous permet de renouveler notre énergie et de faire fonctionner notre métabolisme. On est porté vers le piquant, salé, acide. On doit équilibrer avec le doux, l’amer, l’astringent.

- la vieillesse, VATA : avec l’amoindrissement de l’activité et perte tissulaire. On est porté vers une alimentation plus légère. On doit équilibrer Vata avec les saveurs douce, acide, salée.

Un enfant en pleine croissance n’a pas les mêmes besoins qu’une personne âgée. Un travailleur de force n’a pas besoin du même type de force qu’un employé de bureau, etc…

Les facteurs qui comptent dans notre alimentation

En Ayurveda, l’équilibre alimentaire ne se mesure ni en grammes, ni en calories. L’équilibre relève avant tout de la connaissance de nous-même, de nos besoins, et surtout, de l’attention que nous accordons à notre alimentation. Cette attention repose sur un certain nombre de facteurs. Il en existe huit. Ce sont :

1. PRAKRITI, ou la constitution de la personne
2. KARANA, la préparation
3. SAMYOGA, l' association des aliments entre eux
4. RASHI, la quantité
5. DESHA, le lieu où l'on s'alimente (qui comprend aussi bien les denrées disponibles ou les produits du "terroir", que le lieu où sera préparé et consommé la nourriture)
6. KALA, le moment où est pris l'alimentation (saison, moment de la journée)
7. UPAYOGA SANSTHA, les règles autour de la nourriture
8. UPABHOKTA, qui concerne celui qui prend la nourriture

Ces facteurs permettent de prendre en compte : la personne qui consomme la nourriture, comme la nourriture elle-même.

jeudi 9 avril 2009

Le gingembre, cette panacée venue d'Asie


Originaire d’Asie, le gingembre est un rhizome dont l’usage s’est aujourd’hui répandu à travers le monde entier. Sa chair juteuse et piquante est connue depuis des millénaires par l’ensemble des populations d’Asie du Sud Est, dont la Chine et de l’Inde, et que les médecines traditionnelles considèrent comme une panacée. Connue des médecins arabes depuis l'Antiquité pour ses vertus, l'on retrouve le gingembre jusque dans les soutras du Coran où il est promis comme nectar à ceux qui attendront le paradis. Les musulmans en propagèrent l’usage de l’Asie Mineure aux pays du Sahel, avant de l’introduire en Europe, avec les grandes caravanes de la route des épices.
La saveur du gingembre est piquante, douce, et astringente. Il a une action immédiate dans la sécrétion des sucs digestifs , favorisant l’appétit, comme la digestion. En Europe, le gingembre a remplacé le Galanga, racine de la même famille, qui permettait de faciliter la digestion des mets les plus lourds, en facilitant le travail de la vésicule biliaire. Le gingembre réchauffe de sa saveur piquante les aliments crus ou froid, évite la sensation de pesanteur dans l’estomac, de même que les crampes abdominales durant la digestion, et soulage instantanément toute sensation de stagnation, d’engourdissement ou de refroidissement. Pour cette raison, il est également recommandé en cas de rhume accompagné de fièvre. Dans les médecines orientales, on dit qu’il « fait circuler l’énergie », ou encore le Qi.


Comment l’utiliser ?

On utilise le gingembre frais ou sec (poudre), mais leurs effets sont différents : le premier est de nature « chaude », et le second « rafraîchissant ».
Voici pour vous quelques remèdes d’ici et d’ailleurs …

- en Asie, la décoction de gingembre frais râpé le matin permet de réveiller l’énergie comme de la reconstituer. Elle est le remède par excellence pour pallier aux nausées de la grossesse, comme en témoignent des générations de femmes Nord Africaines. On la dit est également souveraine pour lutter contre le mal des transports.

- En Ayurveda, le gingembre est utilisé en application locale sous forme de pâte pour soulager les articulations douloureuses.

- Hildegarde de Bingen, cette sainte du Moyen Age européen qui fut aussi une extraordinaire naturopathe, avait conçu une recette de gâteaux dépuratifs au gingembre à base de sucre complet et de farine d’épeautre, dont elle considérait l’usage comme un « remède universel » et préventif des maladies trouvant leur origine dans le système digestif.


Pour vous, une recette de saison: une boisson tonique à base de gingembre consommée pour Pessah (Pâques juive) sur la côte de Konkan tirée du livre d'Esther David...


Alah Ani Olah Pez Chi

Dans l'eau frémissante, mettre le gingembre épluché et pilé avec la citronnelle (verveine des Indes) et laisser bouillir jusqu'à ce que laboisson prenne un ton vert-marron. Laisser tiédir et passer letout. Servir dans des verres à thé avec une datte ou de sucre intégral.

mercredi 8 avril 2009

Faire peau neuve

La peau est le premier émonctoire du corps par sa surface.
Cela veut dire qu'elle participe directement du processus d'élimination naturel, grâce aux pores qui recouvrent la quasi intégralité du corps humain. Ce processus s'active davantage avec le retour de la chaleur, et les pores avoir tendance à se dilater. C'est à cette période de l'année qu'il est bon de pratiquer sudation légère (bain chaud ou bain de vapeur) et gommage.

L'élément dominant de la saison : l'eau, influe sur la nature de notre peau, qu'elle soit de type Vata (fine et sèche), Pitta (mixte et/ou réactive), Kapha (épaisse et plutôt grasse). Elle a tendance à être un peu plus grasse ou réactive que d'habitude. Afin de limiter ce phénomène, on choisit des substances plutôt sèches (poudres), de nature astringente, et légèrement stimulante (microcirculation).

Voici quelques conseils à essayer chez soi pour un soin printanier, budget minimum garanti:

Soin du visage

Commencer par nettoyer la peau avec une lotion florale légèrement astringente comme la Rose avec quelques gouttez de citron. Faîtes une fumication avec une décoction de Tulsi (Basilic Saint), d'eucalyptus ou de romarin. Puis pratiquer un léger gommage avec une poudre composée de 1 cc de farine de pois chiches, 1/2 cc de poudre d'amandes (ou 5 gouttes d'huile d'amandes douces pour les peaux sèches) + 10 cl de lait frais. Laisser poser 1 à 2 minutes et exfoliez.

Posez ensuite le masque:
- pour les peaux normales à sèches:
1/4 cc de poudre de rose (astringente et hydratante) et de curcuma (antioxydant) mélangées à du yahourt, 5 gouttes d'huiles d'amande douce et 1 cc de miel ou de pollen frais. Les peaux matures peuvent y ajouter de la poudre de bois de santal (vendue en pastille dans les magasins indiens).

- pour les peaux mixtes à grasses:
1/4 cc de poudre de curcuma, rose, argile rose ou verte, mélangés à du yahourt de chèvre + 5 gouttes d'huile de Nigelle (purifiante). Les peaux à imperfections peuvent y ajouter de la poudre de Neem (antibactérien naturel).

Laissez poser 5 à 10 minutes et rincez. Brumatisez une lotion apaisante: hamamélis, rose ou camomille. Puis hydratez la peau avec une huile végétale: jojoba pour les plus sèches, noyaux d'abricots pour les peaux mixtes un peu ternes, de carotte pour les plus grasses, de germe de blé ou d'onagre pour les peaux matures les plus fragiles, de calendula ou rosier muscat pour les plus sensibles.

Une peau qui a tendance à graisser est aussi fragile qu'une peau sèche: on a souvent tendance à vouloir les décaper ou les assècher, alors que la plupart manquent d'hydratation. Il faut donc trouver les produits adaptés. Pour les personnes et les peaux de type Pitta, les cosmétiques chimiques ou contenant des parfums aggravent bien souvent les choses. Elles apprécieront les lignes naturelles et bio qui sont de plus en plus nombreuses, et dont les composants (heureuse surprise!) reprennent de plus en plus souvent les principes de l'Ayurveda en combinant des aromates comme le poivre, le curcuma, la cannelle, le cumin noir, le basilic... Certaines marques comme Lakshmi,ou Haushka, reprennent les ingrédients spécifiques de l'Inde comme l'huile de neem, d'amalaki, de lotus, de nard.


Soins du corps

Pour les soins du corps, on peut utiliser les mêmes ingrédients (notamment la poudre de pois chiche & de rose) en faisant précéder le gommage d'une application d'huile de sésame tiède (pour Vata et Kapha), et de sésame/tournesol (pour Pitta).
Se laver le corps avec des poudres de plantes est un geste ancestral qui permettait de nettoyer la peau sans l'agresser ni boucher ses pores (ce qu'a tendance à faire le savon): on en trouve une version assez traditionnelle chez la marque Hesh, disponible dans les boutiques indiennes, alliant santal, rose, et autres fragrances florales, mais l'on peut aussi imaginer faire préparer sa propre poudre en hérboristerie, en utilisant les plantes et somités qui nous sont les plus bénéfiques, et agréables...

mardi 7 avril 2009

La beauté, ce singulier rapport à soi


La beauté est à la fois liée à un équilibre et à l’impression de plénitude qu’elle permet de rendre évidente. La beauté est en lien avec la vie lorsque celle-ci est à son apogée, lorsqu’elle est harmonieuse, équilibrée, généreuse. En Ayurveda, la beauté est intimement liée à l'équilibre de la santé, reposant sur l'équilibre des Doshas, des fonctions d'élimination, comme à l'état optimum de l'ensemble des tissus.

Lakshmi, la déesse représentant la beauté
dans la plénitude de ses attributs



S'il existe en Inde des critères, ou des canons de beauté, on reconnait qu'il n'existe pas une, mais DES beautés différentes... Et que chaque femme peut et doit prendre soin d'elle-même selon sa constitution, c'est-à-dire la dominance de tel ou tel dosha dans sa physiologie.

On distingue trois grands types:


La beauté VATA serait

Mince, a la peau sombre. Ses traits sont fins.
Déséquilibres possibles : peau sèche, cheveux secs, mauvaise dentition, vieillisement par dessèchement, perte tissulaire
Les produits de base recommandés sont l'huile de sésame, le ghee, les amandes, le lait.


La beauté PITTA serait

De corpulence moyenne. Sa peau claire ou rosée, chaude, normale à tendance mixte avec des grains de beauté. Ses cheveux fins, plutôt clairs, avec des reflets cuivrés. Elle possèderait un regard intelligent et perçant.Une femme passionnée qui éveille la flamme du désir...
Déséquilibres possibles : éruptions cutanées, tâches sur la peau, excès de sébum, points noirs, alopécie (plutôt chez les hommes), conjonctivites, dents un peu jaunes, teint jaunâtre ou olivâtre
Produits recommandés: huile de coco, eau de rose, poudre de santal, neem, lait


La beauté KAPHA serait

De corpulence plutôt ronde, ou forte, avec des formes généreuses. Sa peau est laiteuse, fraîche, épaisse et souple, sans rides. Elle est recouverte d'un duvet naturel plus prononcé que les autres femmes. Sa chevelure est épaisse, lustrée, ondulée. Son corps inspire la sécurité et la tendresse.
Déséquilibre : peau grasse, épaisse, cellulite
Les produits recommandés: farine de pois chiches, curcuma, pâte de gingembre, poudres sèches de plantes


Les constitutions doubles doivent tenir compte des deux doshas en présence.

Enfin, les différentes saisons modifient certaines caractéristiques, notamment celles de la peau, qui est généralement:
- plus sèche en automne et en hiver
- plus grasse au printemps et en été
- plus réactive aux intersaisons: à l'automne et au printemps

Bien sûr, la beauté, ce n'est pas un type "fixe", mais une singularité, un métissage, une alchimie... ou tout simplement, une façon d'être soi, et d'assumer pleinement ce que la nature nous a donné. Dans cet esprit, je vous propose de retrouver, saison par saison, quelques conseils pour chacune (et chacun!)