vendredi 19 février 2010

Le jeûne, une pratique de santé?


Tandis que nous entrons dans la période qui précède l'équinoxe de printemps -période d'intense renouveau!-, et, traditionnellement, dans ce que l'on appelle "le Carême", le moment semble choisi pour aborder une pratique qui existe dans toutes les civilisations, qui est recommandée de préférence aux inter-saisons, et qui s'avérerait souverain là où bien des remèdes échouent...


Qu'est-ce que le jeûne?

C'est tout simplement la privation courte, ou prolongée de nourriture. Sachez-le, nous jeûnons quotidiennement, entre deux repas, et notamment la nuit. C'est la raison pour laquelle, le matin, nous sommes à jeûn, et que nous "petit-dé-jeûnons" (en anglais, breakfast veut dire littéralement "casser le jeûne"), c'est-à-dire que nous rompons la privation de nourriture en apportant au corps une quantité (modérée) d'aliments. Ainsi, le fait de jeûner est souvent synonyme de mettre l'organisme au repos. C'est le cas lorsque nous sommes malades, où, dans certains cas, notamment d'indigestion, ou de maladies fébriles, nous ressentons le besoin inhabituel de "ne pas manger". Or, ce réflexe organique présent dans certaines affections nous donne à réfléchir quant aux vertus du jeûne dans le rétablissement de notre équilibre...


Ascétisme et renouveau

Les philosophies orientales prônent l'usage régulier du jeûne, considéré comme l'une des voies royales pour parvenir à clarté mentale. Bon nombre d'entre nous s'interrogent, car nous sommes constamment obsédés par la nourriture, et plus encore par l'idée d'en manquer. Or, c'est bien le manque qui crée ici la possibilité d'une plénitude: car le manque recrée un espace, dont l'esprit a besoin pour trouver son équilibre et pour croître.
En Inde, plus qu'ailleurs, l'absorption ou la privation d'une certaine catégorie de nourriture (la viande, par exemple), est fonction des coutumes religieuses. Il existe dans le calendrier hindou un très grand nombre de jours de jeûnes, dont le jeudi de chaque semaine: la plupart sont liés à des fêtes religieuses. Il consiste soit dans une privation totale de nourriture, soit dans une absorption exclusive de certains aliments (fruits, par exemple), ou une restriction d'autres.
Le jeûne a dans ce cas souvent une fonction de purification, et de protection face aux adversités de la vie, comme de la maladie. S'agit-il simplement d'une affaire de croyance?
Notre tradition judéo-chrétienne nous apporte ici quelques lumières. Dans le Judaïsme, la plupart des jours de jeûne sont associés à des deuils, et donc à l'idée de se dépouiller de ce qui est "ancien". Dans le christianisme, il est associé à la période de quarante jours où Jésus resta au désert, et qui coïncidèrent avec le début de sa vie "publique". Soit à un moment de préparation, d'acquisition des forces nécessaires au passage vers la maturité, ainsi que d'une capacité de résistance face "aux tentations".
Nous envisageons alors un aspect essentiel du jeûne: celui de l'équilibre subtil entre le corps et l'esprit. A savoir que notre résistance physique ne se repose pas uniquement sur les apports extérieurs... Mais alors, comment le jeûne contribue-t-il à notre santé?


Le jeûne en questions

1. Comment le jeûne peut-il contribuer à notre équilibre?

Prenons un exemple précis: lorsque nous avons une fièvre élevée, bien souvent, nous perdons l'appétit, et nous jeûnons, partiellement ou totalement, pendant 24 à 48h. Or la nourriture, par les calories, comme la digestion, par son action sur la circulation, augmente la chaleur de l'organisme. En ne mangeant pas, ou des aliments très légers, et diurétiques, la fièvre tombe parfois d'elle-même... Il en est de même pour de nombreuses conditions d'excès de l'organisme.

2. Le jeûne est-il fait pour tout le monde?

Non. Privez un nourrisson de nourriture pendant plus d'une journée, et il se retrouve en très grand danger de succomber. De même, dans certaines affections, comme le diabète, de maladies débilitantes (où l'organisme est très affaibli) et chroniques. D'autre part, le jeûne mobilisant nos réserves, les individus de complexion mince, ou présentant des déficiences tissulaires, pourront se sentir beaucoup plus affaiblies que des personnes bien portantes, et voir notamment leur immunité chuter, leur nervosité augmenter, et certaines fonctions hormonales ou endocriniennes affectées. Enfin, le jeûne a une incidence notoire sur le rythme cardiaque.

3. Que penser du développement des cures de jeûne?

Depuis quelques années, l'on assiste au développement de cures de jeûnes organisées pour des groupes de personnes de conditions, d'âge, et d'horizons diverses. Une remarque de bon sens: nous sommes chacun unique, et contrairement à ce qui est répandu, il n'y a pas d'alimentation standard. Notre âge, notre morphologie, le fait que nous soyons homme ou femme, notre activité physique, intellectuelle, le climat sous lequel nous vivons, sont autant de facteurs qui modifient notre rapport à l'alimentation. Il n'y a pas, par conséquent, pas de jeûne standard, mais plus sûrement une écoute attentive de nos besoins, dans les apports, comme dans la restriction.


Une alternative: diète et monodiète

En dehors des motivations religieuses, ou encore politiques ("grève de la faim"), qui veut améliorer sa santé, retrouver un esprit sain dans un corps sain, comme le disait un humaniste célèbre, doit juste mesure garder en toute chose. Ainsi, la modération, ou "continence" est souvent préférable à la privation.
En Inde, les jours de jeûne sont en réalité bien souvent des jours de monodiète, où l'on consomme exclusivement des fruits. Sur ce sujet, Gandhi a écrit sur sa propre pratique du jeûne des chapitres entiers, et nous permet, à travers cet exemple contemporain, d'en comprendre les bienfaits, comme les écueils.

Si nous sommes un tant soit peu à l'écoute de notre organisme, nous prenons conscience que notre appétit, ou notre envie de consommer tel ou tel type d'aliments varie suivant les moments de la journée, ou de l'année. C'est tout particulièrement vrai aux saisons de transition que sont l'automne, et plus encore, le printemps. La période du Carême, dans nos calendriers, nous indique le moment privilégié où il nous faut cesser d'accumuler des réserves pour combattre le froid, et de commencer à modifier nos habitudes alimentaires, à changer autant que nous le pouvons ce qui est "lourd", "gras", en "léger", et "sec".
Une restriction partielle de certains aliments, peut s'avérer bénéfique, notamment si nous en ressentons spontanément le besoin. On parlera alors de "diète", plutôt que de jeûne. Qui est une alternative adaptable à chacun selon sa condition, et ses besoins spécifiques. Car nous ne sommes pas égaux devant notre capacité à restreindre notre alimentation, ou à nous en priver: pour certains d'entre nous, cela peut s'avérer dangereux, ou encore causer des dommages irréversibles. De façon générale, l'un des soucis majeurs pour l'équilibre concerne l'équilibre acido basique: la libération d'acidité (lié à l'acide chloridrique, ou bile, qui remplit la vésicule entre deux repas, et est liée à la sensation de faim) étant dans tous les cas dommageable à l'équilibre des fonctions de l'organisme, comme à celui des tissus.

Quoiqu'il en soit, et quelle que soit notre disposition personnelle avec l'arrivée du printemps, veillons simplement à sentir intuitivement quelle serait la meilleure façon pour nous de préparer au renouveau de la nature. Et changer nos habitudes un tant soit peu, c'est aussi cela "jeûner"!

lundi 8 février 2010

Un article qui nous fait les yeux doux...

C'est en relevant les pics de Courrier International que j'ai trouvé aujourd'hui ce petit article, sous forme de controverse sur les usages médicinaux du plomb. Car malgré une réputation un peu "plombée" par les ravages du saturnisme, contracté le plus souvent au contact de vieilles canalisations, le plomb aurait, semble-t-il, des vertus démontrées par l'usage du plus ancien fard du monde... le Khôl.
Le Khôl nous est connu, à nous, femmes occidentales pressées, sous la forme de crayons à maquillage sombre, un peu plus gras que les autres, que l'on utilise afin de border l'oeil, et de se faire un regard de braise. Cependant, à l'origine, le Khôl, semble avoir plutôt servi à "appaiser" les maux des yeux, plutôt qu'à attiser leur flamme!


Comme nous le précise cet article:

L’art médical, dans l’Egypte ancienne, faisait déjà l’objet d’une codification poussée. En témoigne ce papyrus trouvé en 1862 à Louxor. Il rassemble, en 877 paragraphes, la connaissance déjà accumulée entre les XVIIe et XIVe siècles avant l’ère chrétienne. Ainsi sur l’ophtalmologie : “Autre [remède] pour chasser l’exsudat-khent qui est dans les yeux : galène : 1/32 ; suc de baumir : 1/16 ; calamine : 1/16 ; ocre rouge [tjerou] : 1/64 ; minéral-sia du Sud : 1/64. [Cela] sera broyé finement, préparé en masse homogène et placé dans les yeux jusqu’à ce qu’ils guérissent parfaitement.” Toute la difficulté, pour les chercheurs qui souhaitent vérifier l’efficacité de ces remèdes et s’en inspirer – comme dans l’ethnopharmacologie – est de déterminer la nature exacte des ingrédients cités dans les manuscrits. (...)
La revue Analytical Chemistry conclut que le plomb qui entrait dans la composition du khôl, loin de menacer la santé des Egyptiens comme le laisserait supposer la toxicologie moderne, leur assurait une protection contre les infections oculaires. “Nous sommes partis des flacons”, explique Philippe Walter (Centre de recherche et de restauration des musées de France, CNRS), qui, avec ses collègues analyse les résidus trouvés dans des dizaines de “trousses à maquillage” des collections égyptiennes du Louvre. Ils montrent que quatre composés à base de plomb entraient dans la composition du khôl : la galène, qui assure les tons noirs et le brillant, ainsi que trois matières blanches, la cérussite, la phosgénite et la laurionite. La présence de ces deux derniers composés est une surprise, car ils n’existent pas à l’état naturel. Des auteurs comme le Romain Pline l’Ancien (23-79 après J.-C.) ou le Grec Dioscoride (40-90 après J.-C.) qu’ils étaient synthétisés intentionnellement pour leur propriété médicale. “Certains écrasent une livre de sel avec une quantité égale d’écume d’argent (oxyde de plomb ou litharge), sous le soleil, avec de l’eau décantée jusqu’à ce qu’elle devienne blanche”, précise même ce dernier dans son De Materia medica. Durée des opérations : quarante jours…


De l'Afrique du Nord aux confins de l'Asie, chaque pays possède "sa" recette du Khôl. En Inde, le Khajal, cousin du Khôl, par plusieurs siècles de vie commune avec le raffinement de la culture musulmane et moghole, connaît une variante intéressante, propre à l'influence prégnante de l'hindouisme et de la culture brahmanique. Dont l'ingrédient de base, culinaire, médicinal, mais aussi sacré, est le ghee, ou beurre clarifié.
Le Kajal, en Inde, est fabriqué à partir de ghee comburé. Le plus souvent, les femmes utilisait le reste de la mèche des lampes à huile (dont le carburant est le ghee) pour fabriquer leur Kajal. L'on s'en servait aussi bien pour les hommes, pour les femmes, que pour les enfants, dont les yeux, souvent sujets à l'humeur, pouvaient attirer les insectes, et devenir le point de départ d'affections plus graves. Les plus fortunées le conservait dans des petites boîtes en argent, et l'appliquaient avec une petite tige en or fin...
L'industrie pharmaceutique ou cosmétique, inspirée par la tradition ayurvédique, propose des petites palettes de Kajal à base de ghee, et de plantes médicinales. Economique (pas plus de 10 roupies le petit pot), le mélange se conserve très longtemps, et assure une protection très efficace dans les lieux pollués... Gardons l'oeil!

Pour fabriquer vous même votre Kajal

Enduire un morceau de ficelle, ou, de préférence, un morceau de coton, ou encore du fil DMC, de beurre clarifié. Dans un petit récipient d'une contenance maximum de 5 ml, fabriquer comme une petite lampe, où l'on verse l'équivalent de 2 cc de beurre clarifié liquiéfié, et où l'on laisse la mèche prendre appui sur l'un des rebords, et faire lentement sa combustion.On peut l'associer à un peu de poudre de rose, ou de santal.
Appliquer ensuite le Kajal à l'aide d'une estompe, d'un coton tige très fin, ou même du doigt. Vous noterez un petit effet inhabituel en l'appliquant, car le ghee, rafraîchissant par nature, fortifie les yeux, et détend le regard...

Normalement, le ghee peut se conserver des mois et des mois. Mais nos normes d'hygiène nous feront préférer une conservation courte: d'une semaine à 15 jours après sa fabrication.

Vous pouvez également trouver du Kajal dans certains magasins indiens (pour les parisiennes), ou encore dans certains magasins biologiques, avec la marque Lakshmi (plus onéreux, mais de belle qualité). Ces produits, normalement sans conservateurs, ni adjuvants chimiques, sont de bonnes alternatives pour les yeux sensibles, et pour toutes celles qui souffrent d'allergies diverses se manifestant par des irritations des yeux.




Source Courrier International 8 février 2010
Crédit Photo, flick r MK Graham

vendredi 29 janvier 2010

Programme des activités en février-mars

Voici quelques activités, et nouveautés, pour les deux mois à venir...

Pour les personnes que j'accompagne, je vous informe de l'introduction du massage "à 4 mains", dont les effets sont beaucoup plus profonds et relaxants du fait de la synchroncité du mouvement sur les différentes parties du corps. En rappelant qu'en Inde, le massage Abhyanga est le plus souvent pratiqué "à deux". Il sera réalisé avec Stéphanie, qui a étudié le massage ayurvédique en Inde, et a travaillé plusieurs années avec moi au centre Uma (Paris 9ème).

Pour ceux qui aiment apprendre, voici deux informations à noter:

1. le stage sur le Souffle et la Voix, que nous animerons avec Pascale Scarabin le dimanche 7 mars 2010 , au 10 rue de la Loge, à Montpellier (voir sur le blog, la rubrique "Mantras" pour voir le programme détaillé

2. le début d'un nouveau cycle d'ateliers pour apprendre le massage traditionnel ayurvédique, à partir de la mi mars les samedis soirs, de 17h30 à 19h, à la même adresse.
Tarif: 20 euros par participant (groupe de 4 personnes maximum)

Pour toute information, me contacter par mail ou téléphone au 06 63 86 99 14

lundi 4 janvier 2010

Bonne année aux bonnes mamans!


Bonne année 2010 à tous les lecteurs de ce blog, avec une pensée spéciale pour toutes celles qui sont récemment devenues maman, en cette période de Noël. Ce post vous est dédié, avec mes meilleurs voeux de bonheur et d'amour à toutes, et à tous!

L'arrivée d'un enfant, et les premiers moments de son existence sont vécus comme un moment d'émotion intense. Emotion qui accompagne un temps privilégié pour la mère et l'enfant, celui de l'allaitement.
Le lait maternel est le premier aliment goûté, et digéré par l'enfant. Il est de saveur douce, saveur de base, à partir de laquelle les autres goûts vont pouvoir se développer, et l'enfant diversifier, avec la croissance, son alimentation.
Le lait maternel est en réalité bien plus qu'un aliment complet pour l'enfant: au delà des éléments nutritifs qu'il contient (protéines, graisses, glucides, vitamines, minéraux, oligo éléments...), indispensable au développement de l'enfant, il recèle tout ce dont celui-ci a besoin pour développer son immunité présente, et future.
Le lait possède cette capacité extraordinaire de s'adapter aux exigences nutritives du nouveau-né. Et la qualité, comme la teneur du lait maternel change au fur et à mesure des jours, pour s'adapter aux besoins de l'enfant. Ainsi, à partir du dixième jour, le lait, d'épais, devient plus fluide, avec une teneur en lipides et une diversification des sucres qu'il contient, ce favorisant le développement équilibré de la flore intestinale de bébé.
Il existe un certain nombre de recommandations concernant l'allaitement, à ajuster suivant son propre ressenti, qui reste le plus essentiel. Voici donc quelques conseils...


Comment allaiter?

Lors de la première semaine, on peut donner des têtées selon les exigences du nouveau-né. On considère qu'elles ne doivent pas être trop longues (pas plus de 10 minutes). Si c'est une fille, on conseille de commencer par le sein gauche, et de terminer par le sein droit. Et inversement pour les petits garçons... A partir de la deuxième semaine, il est important d'établir une régularité. Jusqu'au premier mois, la fréquence peut aller jusqu'à six par jour, espacés de trois heures. Puis, à partir du troisième mois, cinq fois par jour (toutes les quatre heures); au cinquième mois, quatre, ce qui va correspondre, à peu près aux quatre repas quotidiens de l'enfant pendant les années de sa croissance.


Un moment privilégié

Il s'agit d'un moment particulier dans la relation entre la mère et l'enfant, qui va avoir une incidence directe sur le rapport de l'enfant à l'alimentation, mais aussi sur ses relations avec le monde extérieur par l'intermédiaire des sens. Il importe que l'atmosphère soit paisible, et préserve l'intimité.


Une alimentation adaptée

Pour la mère, comme pour l'enfant, l'alimentation de la maman doit être à la fois régulière, dans ses prises, comme adaptée en quantité, en qualité, et en saveur, afin qu'elle puisse soutenir la lactation.
Dans les heures qui suivent l'accouchement, et avec les premières montées de lait, les femmes vivent un bouleversement énorme, qui modifie beaucoup la capacité du système digestif: l'on a besoin de reprendre des forces, tout en favorisant des aliments extrêmement digestes, sous forme semi solide, de préférence, et qui ne perturbent pas trop la flore intestinale. Une diète semi solide, à base de soupes de légumes, de céréales douces est conseillée.
Une fois ces premiers jours passés, l'on conseille de revenir progressivement à une alimentation normale, en évitant ce qui est lourd, gras, sucré, et en privilégiant les aliments sains et digestes, notamment les céréales : le riz, le blé (ou épeautre, très digeste et riche en protéines), l’avoine, l’amaranthe, l'orge, le quinoa. Ainsi que les produits laitiers, qui vont favoriser la lactation.
Les aliments favorisant la lactation sont aussi ceux qui augmentent le tissu nourricier. Ce sont les aliments de saveur douce. En voici quelques uns:
- le lait, le beurre, le ghee (beurre clarifié)
- les porridges d’avoine, de blé, riz, millet
- des aromates comme le fenugrec en graines ou en feuilles, la coriandre, la cardamome, le fenouil
- les amandes, les graines de sésame
- des fruits secs comme les figues et les dattes
Les aliments riches en protéines animales, comme la viande ou les oeufs (que l'on choisira de bonne provenance!) sont également indispensables.

Etant donné que l'allaitement a tendance à produire un état légèrement fébrile, et diminue le taux de liquide dans le corps, l'hydratation est très importante. Pour cette même raison, les boissons diurétiques (et excitantes), comme le café ou le thé, sont à proscrire.

De même,on évitera d'autres saveurs, notamment la saveur piquante, ainsi que la saveur astringente, présente dans certains légumes, ou légumineuses, qui a tendance à provoquer des flatulences préjudiciables au système digestif fragilisé de la maman. La saveur acide est aussi à modérer. Ces saveurs, consommées en excès, vont avoir tendance à modifier les propriétés du lait.

Il existe en Ayurveda deux plantes utiles pour soutenir la maman lors de l'allaitement:
- le Shatavari, ou Asparagus Racesmonus, plante douce, reconstituante, et anti anémique
- l'Amalaki, très riche en nutriments, notamment en fer et vitamine C

S'il arrive que l'enfant développe des réactions identifiées comme allergique, celles-ci peuvent être en lien avec la qualité du lait: la maman doit alors veiller à retirer tout aliment pouvant être en lien avec leur développement. En général, il suffit de se fier à son instinct: de la même façon que nous savons quel aliment peut perturber notre digestion. En cas de doute, réduire les aliments ayant tendance à favoriser les allergies, comme les oeufs, ou le lait.

Enfin, dernier conseil pour celles qui souffrent de sécheresse cutanée. Les produits laitiers, notamment le beurre, ou le ghee, sont excellents pour prévenir les crevasses, et ne modifieront pas le ph de la peau. Il existe également une crème très efficace, chez Himalayan Care: Antiseptic cream.

Avec mes meilleurs voeux de bonheur!

lundi 14 décembre 2009

Le sel, la saveur de la mer donnée à la terre


Quel aliment possède une valeur aussi forte et universelle que le sel ? Il est depuis des milliers d’années un ingrédient indispensable de l’alimentation de l’ensemble des populations de la Terre. Le sel est ce qui donne et préserve la saveur de la vie. Depuis des temps immémoriaux, on en exploite la valeur : en témoignent les longues caravanes qui continuent de sillonner le Sahara, où les touaregs parcourent des milliers de km pour échanger mil et bétail contre de lourds blocs de sel au Mali. Seule denrée permettant la conservation des aliments, notamment des viandes ou du poisson, le sel revêt un caractère sacré, lié à la purification. Or, avec développement des maladies liées à l’hypertension, le sel souffre d’une réputation mitigée. Qu’en est-il réellement ? Afin que l’addition ne soit pas trop salée, l’âge avançant, voici quelques réflexions autour de cet ingrédient essentiel.

Le sel n’est ni un aliment, ni un aromate mais un minéral, composé tout simplement de Chlore et de Sodium, deux molécules indispensables au fonctionnement des cellules de notre organisme. Responsable de la rétention des liquides (hydratation) et des minéraux, il est absolument nécessaire à notre survie !

Il n’existe pas une mais deux variétés de sel, qui diffèrent dans leurs propriétés : ce sont le sel marin, et le sel gemme. Tous deux sont issus des résidus laissés par les mers, ou les Océans, à la différence que le sel gemme, que l’on trouve dans les rocs montagneux, ou les déserts, est de nature plus « sèche », tandis que le sel issu des marées salants est plus chargé en eau.

Le sel exalte le goût des aliments, favorise la sécrétion des sucs digestifs, augmente la salivation (et donc l’appétit), et en cela, participe à la bonne digestion. Mais attention, excès, il a l’effet contraire ! C’est pourquoi on évitera de saler les aliments lourds ou gras, comme le fromage.

Le sel gemme est de nature plus sèche, et fut longtemps utilisé pour ses vertus thérapeutiques, notamment en Inde, où on en trouve différentes variétés aux nuances grise, rose, ou encore noire. Sa forte teneur en souffre le rendrait particulièrement bénéfique pour alléger la digestion et favoriser l’absorption.

Mais le sel devient nuisible, lorsque l’on en abuse, car il provoque, au fil des ans, un durcissement des parois artérielles, responsable de l’hypertension


Quelques recommandations de base

La dose moyenne de sel par jour ne devrait pas excéder deux grammes. La plupart des aliments industriels, conditionnés, ou encore la charcuterie (ou salaison), les poissons fumés, le pain ordinaire, ainsi que tous les « snacks » (chips, crackers, cacahuètes…) contiennent généralement beaucoup de sel. Noter que la plupart des légumes contiennent naturellement des sels minéraux.

Pour les personnes sujets à la rétention d’eau, l’on conseille de remplacer le sel marin autant que possible par le sel gemme, de nature plus « sèche ».

Quelques remèdes

Pour prévenir les maux de gorge, faire régulièrement un gargarisme avec une pincée de gros sel, le jus d’un quart de citron et un peu d’eau chaude.

Pour augmenter l’appétit, ou en cas de lourdeur : avant les repas, mélanger 1 pincée de sel gemme avec le jus d’un quart de citron, une pincée (1g) de gingembre râpé, et ½ cc de miel.

Pour stabiliser ou renouveler son énergie, prendre un bain tiède avec des sels marins. L’idéal restant de prendre ce bain dans la mer… !


credit photo flick r markb120

mardi 8 décembre 2009

L'hiver, pour notre plus grand plaisir...


A mesure que l'hiver approche, tout dans la nature nous invite pourtant à ralentir. Le manteau de la nuit enserre plus longuement nos jours, comme une invitation à plonger sans modération dans un sommeil réparateur. La bise cinglante nous fait fermer à double tour la porte de nos chaumières, nous pelotonner près d’un bon feu, y faire mijoter ses petits plats préférés à partager sans modération avec ceux que l’on aime


L’envers de l’hiver

L’hiver est la saison de l’année où nous pouvons enfin reconstituer notre énergie de fonds. Car si nous sommes à l'écoute de la nature: tout dans la nature nous invite à ralentir... Le manteau de la nuit enserre plus longuement nos jours, comme une invitation à plonger sans modération dans un sommeil réparateur. La bise cinglante nous fait fermer à double tour la porte de nos chaumières, nous pelotonner près d’un bon feu, y faire mijoter ses petits plats préférés à partager sans modération avec ceux que l’on aime.

L’hiver est dominé par le froid. Il correspond à l’élément eau, liée au gel et à l’humidité, secondairement à la terre et à l’air. Il peut être alternativement sec, venteux, comme humide et pluvieux. Il possède donc les qualités des Doshas Kapha et Vata. Ce qui signifie que nous allons nous tourner vers ce qui est chaud (Ushna) & lourd (Guru).Car sous l’effet du froid extérieur, la chaleur va se concentrer à l’intérieur du corps, et regagner son « foyer » : le système digestif. De lui dépendent les fonctions les plus importantes de notre organisme : notre métabolisme, dont la circulation, et la bonne évacuation des déchets, ainsi que la formation de nos tissus, nous procurant stabilité et résistance, notamment face aux maladies. Son équilibre constitue pour notre santé. On profite donc qu’il soit plus concentré pour le renforcer...


Pour ne jamais manquer de fuel

Sans une nourriture consistante, le processus digestif ne peut se faire correctement. En hiver, si le corps ne reçoit pas l’énergie, ou le combustible nécessaire, il va attaquer ses propres réserves. Il est conseillé de consommer des aliments de saveur principalement douce, et légèrement salée et piquante, ainsi que modérément acide pour stimuler la digestion. Les catégories d’aliments essentielles sont celles qui vont assurer la construction des tissus, notamment les muscles (Mamsa), la graisse Meda), les os (Ashti), la moelle (Majja), les tissus reproducteurs (Shukra) et l’immunité (Ojas). Ce sont les sources de protéines et lipides, végétale, et animale (ou la combinaison des deux) qu’il s’agisse des légumineuses, des produits laitiers, viande, poisson. Les céréales sont l’autre catégorie à privilégier. Grâce à leur saveur douce, que l’on dit composée des éléments eau et terre, elles participent à la construction des tissus. Les légumes, seront choisis parmi les plus nourrissants, et consommés cuits (éviter au maximum les crudités, à l'exception des radis, qui sont légèrement piquants, et stimulent la digestion). L’hiver n’est naturellement pas la saison des fruits, qui sont considérés comme trop rafraîchissants. On préférera les fruits secs, car ils concentrent les propriétés du soleil comme les dattes, les abricots bruns, les figues, les bananes séchées. Les textes recommandent des jus onctueux, acides, salés, ce qui tombe à propos, car c’est la saison où les agrumes arrivent sur les étalages : oranges, mandarines, clémentines, kumquats, sans oublier les citrons qui augmentent le métabolisme, favorisent la digestion des lipides, et nettoient l’organisme. N’oublions pas les épices qui réchauffent notre cuisine et nos estomacs de leurs saveurs légèrement piquante. Notamment : gingembre, cumin, le clou de girofle, poivre noir, poivre long, macis, cannelle, muscade, cardamome.

De la nécessité d’hiberner
Pour reconstruire notre énergie de fonds, il y a certes le bien manger, mais il y a aussi et surtout le bien dormir. La brièveté des jours et la longueur des nuits invitent naturellement à considérer l’importance du sommeil. On se lève moins tôt que d’ordinaire, on s’octroie occasionnellement une « grasse matinée », et il n’y a rien à redire à cela. En revanche, durant la journée, l’on recommande d’avoir un exercice physique plutôt important, afin de garder le corps et l’esprit alertes.

Et si l’on se coucoune autant, ce n’est pas pour attraper froid une fois mis le nez dehors. Réflexe obligatoire, pour les petits, comme pour les grands : on se couvre ! On choisit des vêtements chauds, confortables, en soie, en laine, pour emmitoufler les oreilles, la gorge, les mains, sans oublier les pieds, à partir desquels se fait la régulation thermique de l’organisme. Et tandis que se préparent les fêtes de fin d'année, et que nous sommes invités à plus d’intimité avec nous-mêmes, la sagesse populaire recommande de partager chaleur, affection et tendresse avec ceux que l’on aime, puis de méditer chaque jour l’adage « cold feet warm heart » jusqu’à éclosion des premiers bourgeons!

mardi 20 octobre 2009

Prévention de la grippe selon l'Ayurveda

Ce post*, inspiré par l'actualité, et les enjeux sanitaires, fait suite à un article demandé par le site Compare Diet, regroupant les différentes diététiques (dont je vous recommande chaleureusement la lecture! ). Voici ce que nous rapportent les textes ayurvédiques au sujet de ce que nous appelons aujourd'hui communément "la grippe"...

L’on considère que c’est suite à l’apparition d’épidémies, et afin de savoir comment prévenir et soigner les populations qui vivaient sur les contreforts de l’Himalaya il y a de cela 5000 ans, que se serait développé l’Ayurveda. L’apparition des fièvres endémiques résulterait d’une altération de l’ordre naturel, affectant les propriétés des éléments de notre environnement direct, que sont la terre, l’eau, et l’air.

Ce que nous appelons "grippe" ou "virus grippal", est classifié parmi les affections endémiques, et catégorisé comme fièvres La fièvre - en sanskrit Jwara - survient lorsque les éléments de base que sont l’air, l’eau et la terre, liés respectivement aux Doshas Vata et Kapha, sont altérés. La grippe est appelée Vata Kapha Jwara, ou fièvre liée au vent et au phlegme, qui ont pour attribut commun le froid. Afin de contrer ce froid, on utilisera prioritairement ce qui est chaud. Ce qui est de nature à aggraver Vata, comme l’exposition au froid, au vent (courants d’air), et/ou Kapha, tels les aliments (lourds, gras, collants) formant des mucosités vont contribuer à développer un terrain favorable au virus, et à son incubation. L’alimentation tient un rôle essentiel dans la prévention, comme dans la rémission, car le système digestif – particulièrement l’estomac - est le foyer à partir duquel se développe l’affection. Elle peut avoir un impact direct sur l’augmentation des symptômes, selon si elle aggrave la condition de toxicité, ou d’excès des Doshas, ou au contraire, contribuer à enrayer le processus morbide.

De manière préventive, l’on conseille de :

  • Suivre un régime adapté à sa constitution et en rapport avec les saisons. Si ces affections apparaissent aux saisons où le froid ou l’humidité dominent, privilégier les saveurs de nature plutôt sèche comme l’amer ou l’astringent (légumes verts), chaude comme le piquant (épices douces), et équilibrante comme le doux (sous la forme de céréales, ou de légumineuses, facilement assimilables par l’organisme).
  • Eviter les aliments qui ont tendance à perturber ou à étouffer le feu digestif (Agni), en provocant des mucosités : les produits laitiers les plus lourds (crème, fromages salés, à pâte cuite ou molle), la viande (viandes grasses, viande de porc, charcuterie), les aliments de nature collante (certaines variétés de riz, bananes) ...
  • Eviter les aliments ou association d’aliments favorisant l’apparition de toxines dans le système digestif. Par exemple la plupart des produits laitiers, comme le lait, certains fromages, ainsi que le yaourt, ne doivent pas être associés avec les aliments acides comme la tomate, et la plupart des fruits (bien que cette habitude, relayée par l’industrie agro alimentaire, en ait fait un incontournable de notre alimentation actuelle !), le poisson, les crustacés ou la viande, car leurs propriétés sont incompatibles et l’organisme ne peut les digérer ou les digère partiellement : perdure un résidu qui stagne dans le système digestif, que l’on appelle Ama, et qui procure un terrain particulièrement favorable à la maladie.
  • Eviter ou réduire la plupart des aliments qui augmentent l’eau ou le Dosha Kapha, comme les aliments et boissons de nature rafraichissante. Car l’association de l’eau et du froid engendre une stagnation : une eau stagnante est un nid fertile et le point de départ des affections virales et des fièvres (par exemple la malaria) de tous ordres. Et au contraire, de privilégier les boissons chaudes, et tout particulièrement l’eau bouillie, qui va agir sur les trois Doshas s’accumulant dans l’organisme, en augmentant le mouvement d’élimination, en stimulant le feu digestif, et en d’asséchant le mucus. On peut y ajouter un peu de gingembre, de poivre long (Piper longum ou Pippali) ou noir, pour leur action stimulante sur le feu digestif, et fébrifuge.

    La consommation d’aromates tonifiant la digestion et fortifiant l’immunité, comme le gingembre frais ou sec, le Basilic Saint (basilic tropical appelé Tulasi) seront des aides précieuses. On conseille, en période d’épidémie, ou lorsque la fièvre s’installe, de consommer régulièrement des infusions à base de basilic, clous de girofle et gingembre.

    Si la grippe fait son apparition (se manifestant généralement par des courbatures, de la fièvre, puis de la toux), selon l’Ayurveda, il est conseillé :

  • De boire régulièrement de l’eau chaude avec les aromates cités plus haut
  • Un jeûne complet ou partiel, à base de soupes de légumes verts, ou encore de haricots mungos. Le riz est également considéré comme un aliment équilibrant (à réintégrer lorsque l’appétit revient, ou lors de la convalescence). En revanche, les produits laitiers et aliments gras sont proscrits. Tout ce qui ne va pas diminuer la fièvre et l’infection est considéré comme de nature à nourrir le processus morbide. Le ghee (beurre clarifié) est le seul produit laitier et gras autorisé, voire même conseillé, car il équilibre la fonction digestive, et la chaleur dans le corps.
Ce qu’il faut retenir, c’est qu’un organisme en ordre avec les rythmes biologiques, diurnes, nocturnes, comme avec la marche des saisons, sera moins susceptible d’être affecté par tout désordre ou attaque extérieure (ou facteurs exogènes de la maladie). Selon l’un des textes les plus importants (Susruta Samhita), on considère que les personnes les moins susceptibles de succomber aux maladies endémiques, sont celles qui ont eu raison du phlegme au printemps, vaincu la bile à l’automne, et maîtrisé le vent à la saison des pluies et en hiver.


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* Le présent document a été réalisé à partir des textes de référence de l’Ayurveda, dont la Charaka Samhita et Susruta Samhita. Il est un support informatif, pédagogique et culturel, permettant une meilleure connaissance de cette tradition. Il ne peut en aucun cas être considéré comme un document à visée médicale, ou se substituer à l’avis d’un spécialiste.
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